‹ Du Traitement de l’Ataxie Locomotrice par la SuspensionChapitre 13 sur 18 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

L... (Gilbert), 57 ans, cordonnier. Entré le 3 mars 1892, salle Saint-Augustin, n° 39. (Service de M. le professeur Bondet).

Rien d’important dans les antécédents héréditaires. Pas de maladie sérieuse dans l’enfance; nie la syphilis; pas d’alcoolisme.

Début de son affection actuelle, au dire du malade, aurait eu lieu en 1870.

Quelques mois après la guerre, il ressentit des douleurs sourdes dans la région hypogastrique. Pas de crises stomacales ni vomissements.

Dix mois après, douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs, douleur en ceinture. Quelques rares crises douloureuses localisées à la tête.

En 1880, apparition de troubles vésicaux caractérisés par une miction difficile et lente; par intervalles, incontinence

nocturne. Pas d’hypertrophie prostatique. Le malade peut encore continuer son travail de cordonnier.

En 1889, l’ataxie apparaît aux membres inférieurs, puis aux membres supérieurs. Il existe, en outre, un certain degré de faiblesse des membres inférieurs et le malade se trouve ainsi condamné au repos.

Actuellement, ataxie assez marquée. Signe de Romberg. Douleurs revenant par accès. Réfiexes rotuliens et plantaires abolis. Sensibilité tactile diminuée partout. Retard de perception aux membres inférieurs. Pupilles petites, égales. Pas de signe d’Argyll-Robertson. Diplopie. Crises rectales.

16 juillet 1892 :

Depuis le moment de son entrée, le malade a été pendu tous les jours; séance d’une minute.

On constaté une amélioration sensible de l’ataxie. Retour des mouvements dans les membres inférieurs; force musculaire augmentée. Disparition des douleurs fulgurantes.

4 décembre :

Le malade a continué, chaque jour,la suspension ; séance d’une minute.

Il présente encore un peu d’incoordination. La sensibilité est normale au tronc et aux membres supérieurs, un peu diminuée aux membres inférieurs. La force musculaire est augmentée.

20 décembre :

Le malade part au Perron ; la pendaison semble avoir donné des résultats nets et en particulier, les suivants :

Plus de diplopie, aucun trouble de la vue, pas de trouble de sensibilité, disparition des douleurs fulgurantes et des crises rectales.

La force persiste encore.

pee bi

Page 1