‹ Du Traitement de l’Ataxie Locomotrice par la SuspensionChapitre 12 sur 18 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Personnelle

B... (Anne), 31 ans, ménagère. Entrée le 17 février 1895, salle des troisièmes femmes (Service de M. le professeur Teissier).

Rien de spécial dans les antécédents héréditaires. Dans les antécédents personnels, aucune maladie sérieuse. Mariée à dix-huit ans, n’a eu ni enfant ni fausse couche; son mari aurait eu, avant son mariage, une maladie vénérienne pour laquelle il a suivi un long traitement; il porte actuellement une double cicatrice aux plis de l’aine. On ne trouve pas, chez la malade, de stigmate de syphilis.

Depuis huit ans, elle avait souvent des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs. Il y a quelques mois, un peu d'incontinence. A diverses reprises, elle a eu de la polyurie.

Il y a trois mois, est traitée à la Charité, pour des hémor- . rhoïdes.

Actuellement, elle présente des douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs. Abolition des réflexes rotuliens et plantaires. La marche est impossible. Signe de Romberg. Incoordination dans les mouvements exécutés, la malade étant au lit.

Sensibilité un peu obtuse dans les membres inférieurs. Retard dela sensation. Plaques d’hyperesthésie, dela largeur de la main, à la face interne de la cuisse gauche. Partout ailleurs, pas de trouble de sensibilité.

Aucun trouble trophique. Force musculaire diminuée. Crises rectales.

Pas de signes d'Argyll-Robertson.

Rien aux membres supérieurs.

13 juin 1895. — Après un traitement quotidien, séance d’une

minute : elle a vu ses douleurs fulgurantes diminuer sensiblement, la force réapparaître. Actuellement, l’incoordination n’est plus aussi marquée et la malade peut elle-même, en s’aidant d’un bâton. aller dans le cabinet où se trouve l’appareïil qui sert à la suspendre.

22 mai 1896. — Nous venons de voir la malade : elle a continué la pendaison depuis son entrée; séance d’une ou deux minutes.

Actuellement, l’incoordination a beaucoup été améliorée ; les crises rectales ont diminué, surtout depuis quelques semaines ; plus de troubles de sensibilité. Pas de signe d’Argyll-Robertson. Réflexes rotuliens toujours abolis. Les douleurs fulgurantes ont cessé, si ce n’est qu'à certains moments et à de longs intervalles, elles se montrent, mais avec une intensité bien moindre.

Aucun accident par la suspension. Pas d’albuminurie.

OBSERvAïTION VIÏ Personnelle

D... (Marie), 41 ans, ménagère, entrée le 3 décembre 1895, salle des troisièmes femmes, n° 27 (Service de M. le professeur Teissier).

Rien à noter dans les antécédents héréditaires. Mariée, elle a eu six enfants; deux sont morts, les autres sont bien portants; il y à deux mois, elle à eu une fausse couche. Avait eu antérieurement déjà quatre fausses couches.

Dans ses antécédents personnels, on ne trouve pas de signes de syphilis; aucune maladie. ;

. L’année dernière, douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs. Céphalée, insomnie. Diarrhée séreuse.

Au commencement de septembre, diarrhée incoercible, qui résiste aux traitements, diarrhée sans troubles dyspeptiques.

Troubles de la marche accusés ; le pied se détache à peine du sol. Quelques mouvements d’incoordination, mais surtout défaut de précision dans la station debout. Signe de Romberg. Abolition des réfiexes. Perte du sens musculaire.

Pas de zône d’anesthésie, ni de dissociation de la sensibilité. Douleurs en ceinture fréquentes.

Pas de troubles viscéraux ou trophiques.

23 mai 1896.— Après une suspension quotidienne de 2 minutes, faite depuis son entrée, on constate, aujourd’hui, diminution des douleurs et de l’incoordination, surtout immédiatement après la pendaison.

Il existe toujours de la perte du sens musculaire et de l'abolition des réflexes rotuliens.

Nous n'avons observé ni vertige ni douleur de la nuque ni albuminurie ou autres accidents, à la suite du traitement par la pendaison.

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