‹ Du traitement des affections scrophuleuses par les préparations de noyerChapitre 12 sur 12 · ILS · texte numérisé non relu

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mie, et, comme ses sœurs, était atteint d'engorgements des ganglions méscntériques,

» Soumis tous les quatre à l'usage desfeuiîles de noyer, ils furent tous guéris de leur afliiclion. Clara est maintenant d'une forte santé, Eugénia mourut de la variole, Maria est d'une bonne santé, elle est restée contrefaite; Giacomo, quoique revenue la santé, est resté pâle, ses fièvres ont entièrement disparu. L'année suivante, à ma sollicitation, ils ont eu recours à la même décoction, pendant le mois de juillet.

13' CBS. (Communiquée par M. le docteur Beata. — « Giovani, Avignone, né à Ivrea, âgé de 17 ans, de parents soupçonnés scrophuleux, fut transporté à l'hôpiîal civil d'Ivrea en 1844. Il était affecté de gonflement scrophuleux des glandes sous-maxillaires et cervicales. Deux de ces glandes étaient déjà le siège d'ulcères d'un mauvais aspect. Il souffrait de douleurs abdominales qui indiquaient l'affection des glandes mésentériques, et d'une fièvre presque habituelle; il était très amaigri. On prescrivit un régime approprié et l'usage du muriale de chaux matin et soir. Ce traitement fut continué plus d'un mois sans le moindre effet. On pensa alors à la baryte qui fut administrée de la même manière et sans plus de succès. On pratiqua des frictions d'hydriodate de potasse sur les tumeurs; on pansa les plaies avec le digestif animé d'oxide rouge de mercure ; il ne résulta aucun avantage de tous ces moyens.

« Vers le mois de juillet on pensa aux feuilles de noyer et au brou de noix, recommandés par les médecins français et qui, dans les mains du docteur Borgiali, avaient produit des effets merveilleux sur un autre jeune homme horriblement maltraité par le même mal. On donna d'à-

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bord les décodions avec les feuilles et les fruits de noyer, a la dose de quatre onces chaque malin. Ce remède fit éprouver au malade quelques évacuations alvines, et surtout un sensible accroissement de forces digestives. En résumé, sous l'influence de ce traitement, aidé d'une nourriture plus -fortifiante et de quelques exercices de corps, les glandes tuméfiées disparurent en cinquante jours, les ulcères se cicatrisèrent et le malade sortit de l'hôpital en état de guérison complète. »

Les quatre praticiens étrangers dont j'ai rapporté les observations , font un éloge complet de la nouvelle médication ; ils la préférèrent de beaucoup à toutes celles dont ils avaient fait usage jusque-là. Ils s'accordent tous à la reconnaître comme entièrement inoffensive ; son action, pour eux, a été à peu près constante et moins lente que je ne l'avais signalé.

En second lieu, si j'examine les faits particuliers à chacun de ces médecins, je remarquerai : que les docteurs italiens emploient indifféremment les feuilles et les fruits du noyer; que le docteur BorgiaH attribue de moindres effets à l'extrait des feuilles de noyer, et ne s'en sert, en hiver, qu'à défaut de feuilles fraîches.

Les mêmes docteurs, Beata et BorgiaH, ont remarqué la fréquence des déjections alvines au début du traitement, ce que je n'ai pas observé à Angers, phénomène qui provient, sans doute, de ce qu'ils ont prescrit à leurs malades, une plus grande quantité de décoctions fraîches, (plusieurs livres par jour). Au reste, le docteur Borgiali, qui a suivi avec exactitude les errements tracés du traitement, n'a rien signalé de nouveau et d'important; les faits qu'il rapporte ont été choisis dans Tintenlion avouée de préconiser le traitement. Il eût été préférable qu'au

point de vue de l'étude de cette nouvel!'.; médication, il eût donné tous les faits de sa pratique, pendant une période de deux années, par exemple. Tel qu'il est, son travail a bien moins d'importance, selon moi, que celui de M. le professeur Nasse. Je range les faits rapportés par le docteur Kreulwald dans la même catégorie que ceux du docteur italien.

Quant au professeur de Bonn , ce praticien a fait ce qu'il était désirable de voir faire par quelques-uns de nos praticiens distingués, à la tête d'un hôpital réunissant un grand nombre de scrophuleux. Malheureusement, en France, les services médicaux changent de personnel à chaque trimestre, et nous voyons trop rarement un médecin adopter et suivre le thème préparé par un collègue prédécesseur. Aujourd'hui que M. le docteur Nasse a fait de l'examen du traitement des scrophules par les préparations de feuilles de noyer, la matière de ses leçons, dans une université jouissant d'une haute réputation , il est à présumer que ni la longueur du temps , ni les exigences d'un traitement régulier, ni même la vulgarité de la médication, ne seront des raisons capables de le faire rejeter.

Les faits produits par les deux médecins allemands sont au nombre de cent-vingt-sept. Je compte sur ce nombre, quarante-sept guérisons promptes, solides, c'està-dire sans rechutes ; c'est plus du tiers des malades traités.

Le chiffre des scrophuleux dont j'cii donné l'histoire dans mes deux mémoires, est de soixante-dix. Le nombre des sujets guéris est, relativement, plus considérable que celui du professeur de Bonn; il dépasse la moitié du nombre total. Aurais-je été plus habile ou plus heureux? Certes, il n'en est rien ! La différence ne provient ici que

de ce que j'ai suivi mes malades plusieurs années de suite, et que, sur les bord du Rhin, le traitement a, le plus ordinairement, cessé avec la disparition des feuilles fraîches de noyer.

A Angers, je remarque que les améliorations dans les symptômes se sont fait attendre plus longtemps qu'à Bonn, et bien plus encore, en les comparant aux faits du docteur Borgiaii. 11 est facile, peut-être, de trouver la raison de cette différence. Les malades dont j'ai rapporté l'histoire étaient, pour la plupart, gravement atteints; un tiers, au moins, étaient affectés de caries osseuses, de gonflements des grandes articulations avec plaies fîstuleuses pénétrant dans les capsules synoviales ; tandis que les petits malades du professeur Nasse n'offraient , pour la plupart , comme ceux du médecin italien, à l'exception d'un ou de deux, que des symptômes généraux de l'affection, ou seulement quelques légères atteintes , et non des désordres locaux profonds , qui ne peuvent être modifiés et guéris qu'après une lente et complète régénération du sujet.

J'ai signalé plusieurs sujets scrophuleux qui ont été rebelles à l'action du traitement. Des faits semblables ont été signalés à Bonn-, à Angers, ces faits sont un peu moins nombreux relativement.

Dans la clinique du professeur Nasse , le nombre des malades dont l'état a été grandement améhoré , est plus considérable que celui que j'ai noté pour les faits qui me sont propres. C'est encore dans la gravité des désordres qu'il faut chercher la raison de cette différence , comme aussi de la plus grande proportion des décès qu'on remarque dans mes deux mémoires.

Un fait important ressort particulièrement des obser- Yations des docteurs Kreulzwald et Nasse , c'est que la

presque totalité des malades qu'ils ont traités et guéris par l'usage du noyer, avaient été antérieurement traités infructueusement par l'imile de poisson.

A Angers il m'était impossible de faire cette expérience comparative; d'abord, parce que cette médication nouvelle, et d'une administration c?//j^cî7e, était à peine connue en 1837; puis enfin, parce qu'ayant trouvé un moyen de curalion satisfaisant, il était inutile que j'en applicasse un autre beaucoup plus dispendieux , considération importante dans les hôpitaux.

Cependant , j'ai eu recours plusieurs fois à l'huile de foie de morue ; ce moyen m'a paru particulièrement efficace dans les cas de caries, chez les sujets amaigris par de longues souffrances. Dans ces cas, j'ai presque toujours associé les deux moyens : les décoctions de feuilles de noyer fraîches, et l'huile donnée par cuillerées à bouche' malin et soir.

Les médecins allemands ont employé avec succès les feuilles de noyer contre des symptômes scrophuleux que je n'avais rencontrés qu^un trop petit nombre de fois pour en tenir compte dans mes corollaires; je veux parler des écoulements leucorrhoïques des organes sexuels chez les petites filles, les exanthèmes du cuir chevelu et de la face. Depuis que je connais les faits de MM. Nasse et Kreulzwald , j'ai souvent conseillé , et avec de très remarquables avantages^ les injections vaginales avec la décoction de noyer, chez les femmes affectées de flux blancs, comme aussi, dans les cas de relâchements du vagin ,' d'abaissements de l'utérus , et même dans les cas d'érosionsî et de granulations sur les lèvres du col. J'ai maintenu, dans le vagin, des sachets de gaze renfermant lapoudre^de tan, imbibée d'une forte décoction de feuilles de noyer.

Avant de terminer, je veux noter deux guérisons radicales de teignes faveuses par le traitement du noyer ; elles intéresseront. Voici ces cas :

Une jeune fille de Sainl-Laud, âgée de dix ans, et im jeune orphelin du faubourg Bressigny, étaient affectés d'un favus recouvrant tout le crâne. La mère de la première , et l'aïeule du second , effrayées avec raison du traitement par l'arrachement au moyen de la calotte, me promirent une patience à toute épreuve. Le traitement consista, à l'intérieur, en trois verres d'infusions de feuilles de noyer fraîches, dans les vingt-quatre heures. La tête fut exactement rasée deux et souvent trois fois par semaine; les cheveux enlevés, on lotionna deux fois chaque jour le cuir chevelu , avec une forte décoction de feuilles de noyer, et on la recouvrit, pendant les premières semaines seulement , et la nuit , d'un cataplasme de farine de lin délayée avec la même décoction. Quelquefois, après le rasoir, on enduisit la tête avec de l'huile d'amandes douces; on fît aussi, pendant une semaine et une fois chaque jour, une lotion avec de l'eau de suie : c'est le seul médicament étranger au traitement par le noyer qui ait été employé. Le régime se composa d'un repas de viande par jour, d'eau et de vin ou de bierre pour boisson. Le traitement du premier sujet a exigé dix-huit mois, le second sept seulement.

Je terminerai cette pubhcation par le fait suivant, qui offre une forme de l'affection scrophuleuse des plus difficiles à vainiîre, et l'exemple de ce qu'on peut attendre de l'emploi combiné des préparations de noyer et de l'huile de morue.

Jacques G., âgé de trois ans et demi, enfant aux formes déhcates et gracieuses, lymphatico-sanguin, fut affecté de gonflements au pouce de la main droite et au doigt indi-

cateur de lc\ main gauche; il n'avait alors que quatorze mois. Bientôt les chairs qui recouvraient les os malades et très gonflés s'ulcérèrent , et les plaies fistuleuses laissèrent passer, de temps à autre, des parcelles d'os cariés.

Il y avait six mois que les choses étaient en cet état, quand l'enfant me fut apporté. Il était chétif, maigre, souffrant; ses digestions étaient mauvaises, son sommeil le plus souvent était troublé; il toussait. Avant d'aller plus loin, je note ici que sa mère et son aieulle sont mortes de phthisie, la première à trente ans, la seconde à soixante.

Le petit malade fut soumis au traitement par le noyer (infusions avec sirop) ^ il aimait cette tisanne qu'il buvait même en mangeant; j'estime qu'il en a pris de cinq à six tasses à café par jour.

Les effets de la médication furent très sensibles sur toutes les fonctions en général. L'enfant devint actif, bruyant; son appétit fut énergique, il prit de la force et de l'embonpoint; il marcha seul avec fermeté, ce qu'il n'avait jamais fait encore. Quant à l'effet du noyer sur les caries et les plaies , il fut nul , pendant un an que continua le traitement presque sans interruption, et cependant les bains, les lotions, étaient en outre exactement renouvelés chaque jour.

L'enfant avait trois ans ; il était alors vigoureux , très intelligent, en parfaite santé, sauf les caries aux doigts, quand je le soumis à l'usage de l'huile de foie de morue; il en prit trois cuillerées à café par jour. D'abord, ce fut sans une grande répugnance, mais après un mois, chaque cuillerée amenait une révolte du pauvre enfant; l'huile fut cependant continuée environ quatre mois. La quantité ingérée peut être évaluée à 6 ou 700 grammes.

Aujourd'hui, 1" juillet 1849, l'enfant est guéri depuis

un mois. Le pouce de la main droite n'est pas très déformé , il est un peu racourci et plus gros à sa base qu'il ne devrait être, il est mobile et ne remplit pas ses fonctions. Le doigt indicateur de l'autre main est resté dévié vers le pouce; les articulations demi fléchies, se sont ankylosées. Ce membre inutile et déformé devrait être retranché, mais le père de l'enfant veut attendre un âge plus avancé. Le petit malade continuera l'usage du noyer, chaque année pendant la durée des feuilles fraîches.

Ce véritable succès de l'huile hépatique me reporte naturellement aux faits des médecins allemands qui semblent l'avoir employée inutilement dans presque tous les cas qu'ils ont rapportés. La raison de cel insuccès ne proviendrait-elle pas de ce qu'ils n'ont fait usage du médicament que pour combattre des affections du système lymphatique ou de la peau? et selon mes remarques, encore peu nombreuses peut-être , l'huile n'a produit de bons et prompts effets que dans les cas d'affections des os, de leurs cartilages et Hgaments, cas dans lesquels les préparations de noyer n'ont agi que bien lentement, ou même n'ont pas produit d'effets appréciables localement.

Il en est de même pour les faits du docteur Borgiali ; ce médecin ne rapporte qu'un seul cas de gonflement avec suppuration des têtes articulaires du gros orteil. Par contre, tous les médecins étrangers ont unanimement signalé les excellents effets du traitement par les feuilles de noyer, dans les affections scrophuleuses de la peau et du cuir chevelu, le favus, l'impétigo capitis, les éruptions muqueuses et croûleuses de la face et du conduit auditif avec otorrhée; les inflammations des paupières, les conjonctivites palpébrales et oculaires; les flux blancs des parties génitales ; les engorgements des ganglions mésentériques, etc.

Les engelures, sub-inflammalions aux pieds, aux mains, au visage, qui rendent les jeunes enfants faibles, souffrants et malheureux, je les considère comme un autre symptôme de la dialhèse scrophuleuse et je les ai traitées avec un bon succès, par les préparations de noyer, infusions et sirop à l'intérieur, lotions fréquentes des parties gonflées et douloureuses, avec la décoction de ces mêmes feuilles de noyer.

Je puis encore signaler un fait important pour le service des hôpitaux , c'est que la guérison des vieux ulcères des jambes, ulcères variqueux, loups, est singulièrement hâtée par les lotions, fomentations et pansements avec une forte décoction de feuilles de noyer; les compresses et les plumaceaux en sont imbibés et placés immédiatement sur les plaies.

C01\^CLIJSI0!%IS.

Des faits rapportés dans les mémoires qui précèdent, et de ceux qui, depuis 1850, se sont présentés à mon observation, on peut conclure :

1° One les affections appelées scrophuleuses sont radicalement guéries par les préparations de feuilles de noyer.

2" Que l'action, à peu près constante, de cette médition sur l'économie, est inoffensive et durable.

3° Que les premiers effets du traitement sont généraux; son influence locale vient après.

4° Que les affections scrophuleuses de la peau, des membranes muqueuses, du système des vaisseaux lymphatiques, sont guéries aussi promptement et plus sûrement, par le noyer, que par toute autre méthode connue : elle est beaucoup moins dispendieuse.

5° Que les affections des systèmes osseux, cartilagieux et ligamenteux, ayant le vice scrophuleux pour principe, sont souvent guéries radicalement par les seules préparations de feuilles de noyer; au moins, que les modifications profondes et favorables qu'elles produisent dans ces cas sur l'ensemble des fonctions de la nutrition , préparent le travail réparateur.

6° Que les huiles de foie de poissons sont un précieux médicament dans les affections scrophuleuses des os; leur usage, associé aux préparations de noyer, a suspendu aussi la marche de la scrophule des poumons (les tubercules).

7° Que les ophthalmies scrophuleuses sont sûrement et promptement guéries par un traitement ayant pour base les préparations de noyer.

Aux préparations insérées aux formulaires, j'ai ajouté un vin dit de noyer. On le prépare en faisant macérer cinquante à soixante grammes de feuilles fraîches, ou dix à douze noix recouvertes de leur drupe , coupées en fragments, dans un litre de vin de Malaga ou de Lunel. En hiver, on prépare ce vin avec quinze à vingt grammes d'extrait par htre; il se donne par cuillerées matin et soir, après les repas.

Les collyres ont été modifiés, la thridace et la belladone (extraits), ont remplacé l'opium ; je fais dissoudre dix à vingt centigrammes d'extrait, par trente grammes de décoction de feuilles de noyer.

Angers, Imp. Cosnier et Lachèse.

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