ARCHIVES GENERALES DE MEDECIM (FEVRIER I80O
Comme on l'a vu, j'ai éloigné avec intention, dans les deux premiers mémoires, toute hypothèse sur la nature de la diathèse scrophuleuse , comme aussi sur les propriétés spécifiques du remède et son mode d'action sur l'économie; en agissant ainsi, j'ai voulu éviter toute controverse que pourrait faire naître dans l'esprit des confrères, mes lecteurs, une théorie quelconque et épargner leur temps, en ne leur donnant que des faits aussi exacts qu'il m'a été possible.
Dans ce troisième mémoire qui a surtout pour but de faire connaître davantage en France les travaux des médecins étrangers qui, à mon exemple, ont employé les préparations de noyer contre la scrophule, j'écarterai
également tout ce qui s'éloignera des faits et de leurs déductions directes et naturelles. Au reste , je n'ai eu à en agir ainsi que pour le travail le moins important sous le rapport du nombre des faits; quant à celui de M. le professeur Nasse , qui , à lui seul , donne le résumé de plus de cent observations, il ne renferme que des narrations simples : l'auteur a voulu , sans doute , laisser à chacun la plus grande liberté sur l'appréciation de l'affection ou des affections appelées scrophuleuses.
Voici la traduction du mémoire de M. le docteur Nasse, professeur de clinique médicale à l'Université de Bonn :
<f Dans ces dernières années, oa a beaucoup vanté certains remèdes comme de nouveaux moyens d'aider à la guérison des maladies ; nous les avons expérimentés dans notre clinique contre des affections jusque-là rebelles. Quelques-uns n'ont pas répondu aux éloges qui en avaient été faits ; mais , après un grand nombre d'expériences qui n'ont fait qu'éveiller notre confiance , la feuille de noyer que M. Négrier a vantée comme un moyen de guérir les scrophules, nous a paru très digne de recommandation. » Depuis ce temps le journal de correspondance des médecins du Rhin et de Wesphalie publia, après une notice préhminaire (n° 6, page 103), une dissertation: « De » iitilitate foUorumjuglaâidis regiœ, ad curandum scro- » iphulosim, soutenue dans notre université par M. J. » Kreutzwald. » Cette dissertation servit de texte à une note publiée par beaucoup de journaux allemands sur l'efficacité du traitement nouveau expérimenté à Bonn. Alors, de toutes parts furent adressées à l'auteur de la dissertation et à moi-même , des demandes pour connaître la manière d'employer les feuilles de noyer. La traduction, en langue allemande, du mémoire de M. Négrier, me parut la meilleure réponse à ces questions. Le
docteur Kreulzwald a réuni (page 63 et suivantes), des expériences faites par lui et ses amis, sur le remède que nous recommandons ici ; elles sont de nature h montrer la valeur du moyen précieux que l'on doit à M. Négrier. Bonn, octobre 1842, F. Nasse. »
Le professeur Nasse fait suivre cette préface de la traduction de mon premier mémoire et d'observations empruntées à M, le docteur Kreutzwald : elles sont au nombre de neuf, en voici la traduction :
« 1 " CBS. — Maurice Reissinger, orphelin, âgé de six ans. Son père et sa grand mère souffrirent d'affections aux yeux; sa sœur unique porte au cou une multitude de glandes enflées. Le petit malade souffre depuis plusieurs années d'une inflammation scroplmleuse des yeux qui augmenta beaucoup au printemps dernier, époque à laquelle le malade fut attaqué d'une fièvre catarrhale. On employa l'éthiops anlimonial, l'iode, puis, pendant longtemps l'huile hépatique (huile de foie de chien de mer ou de baleine), et comme topique l'acétate de plomb et le borax; enfin les frictions de tartre stibié à la nuque. Tous ces moyens ne produisirent aucun résultat décisif; les yeux élaieni tantôt mieux, tantôt plus mal. Voici quel était l'état du malade au commencement de novembre 1841 :
» L'enfant est d'une constitution faible, déhcate; il est peu développé, il porte tous les symptômes extérieurs des scrophuleux, figure pâle, enflée, physionomie peu intelligente ; il souffre d'une inflammation scrophuleuse des deux yeux , plus forte à l'œil droit où elle est accompagnée d'une excessive photophobie, qui augmente surtout le matin , au point qu'une faible lumière cause alors une vive douleur; les larmes qui coulent continuellement, irritent les yeux et les rendent rouges; les deux paupières
sont gonflées , leur bord est couvert d'une croûte épaisse. L'ouverture des paupières est très resserrée, les yeux clignotent; on voit sur la cornée de l'œil gauche, une trace d'ancienne cicatrice. Les lèvres, les ailes du nez sont gonflées et enflammées, etc. Des ganglions existent^ encore; le ventre est tendu, on y sent au travers de l'épigastre des nodosités dures éloignées les unes des autres. L'appétit est bon ; l'enfant a de Favidité pour le pain noir et les légumes ; les selles sont régulières.
» Le 1 1 novembre, le malade abandonné des médecins, fut mis à l'usage des feuilles de noyer pour tisane et des pilules d'extrait et de poudre de ces feuilles (trente grains d'extrait pour soixante pilules), dont il prit deux, trois fois par jour. Les soins domestiques étaient ordinairement bons; la nourriture, comme de coutume, était d'une assez bonne qualité.
» Le 8 décembre, après trente jours, l'état du malade s'était notablement amélioré. Les yeux n'étaient plus blessés par la lumière; les larmes coulaient moins et étaient plus douces. Après deux mois l'enfant avait de la gaieté, ses yeux soutenaient une lumière pas trop vive; les croûtes du nez et des paupières étaient tombées, etc., le ventre était moins tendu et plus mou.
» Après deux mois et demi de traitement, l'enfant fut délivré de tous les signes de son mal; sa santé, devenue florissante, s'est conservée jusqu'à présent (octobre 1842).
» 2' OBS. — Elisabeth Greninger, âgée de trois ans , d'une constitution déhcate, souffrait depuis longtemps d'une affection aux deux joues et de flueurs blanches qui, très probablement, avaient pour cause les scrophules; la lumière la blessait vivement et les paupières et les conjonctives étaient rouges; sur la cornée des deux yeux
on voyait des Iraccs d'anciennes cicatrices; les yeux et le nez coulaient beaucoup et les llueurs blanches étaient si aigiies, qu'elle ulcéraient les parties sexuelles et la partie interne des cuisses. L'appétit était bon et les selles régulières. Jusque-là, l'enfant avait pris pendant longtenaps, intérieureraenl, l'huile hépatique, et extérieurement, contre les fïueurs blanches, on avait usé de bains astringents. Tous ces moyens étaient restés sans effets.
» 6 novembre 1841. Traitement par le noyer, douze grains d'extrait dans une once d'eau et autant de sirop simple, trois cuillerées à café par jour de cette mixture. — Contre les flueurs blanches , une décoction de deux drachmes de feuilles de noyer dans six onces d'eau; comme bain (injection sans doute).
» On vit bientôt d'heureux changements; dès le 26 novembre, les flueurs blanches avaient disparu, et en même temps l'état des yeux s'était beaucoup amélioré, etc., elc, il en était de môme pour tous les signes extérieurs de la maladie.
» Le 30 novembre, le traitement est suspendu à cause d'une fièvre catarrhale et des vers intestinaux, il est repris le 14 décembre. Les yeux étaient redevenus malades; quelques jours ramenèrent l'amélioration antérieure.
» Vers la moitié du mois de janvier 1 842, la malade était, sous tous les rapports , beaucoup mieux , lorsque le traitement dut être interrompu à cause du manque de feuilles de noyer.
» 3' OES. — Catherine Greninger, âgée de trois ans, douée de beaucoup d'inteUigence , est d'une constitution délicate et faible; elle a la peau fine et transparente, les joues roses, les cheveux blonds, les yeux bleus. Cette malade qui , en 1840, avait sou fîerl d'une bronchite pro-
longée, élail depuis longtemps affectée de flueurs blanches considérables, dont l'acreté lésait les parties sexuelles et les alentours ; l'enfant en souffrait beaucoup. Elle avait pris, jusque là, l'huile hépatique; contre l'écoulement, on avait employé des lotions astringentes; toutes ces tentatives avaient été sans succès.
» Le 8 novembre on commença le traitement par le noyer, comme dans le second cas; le 12 du même mois, le flux était plus abondant et plus doux; le 20, toutes les souffrances avaient disparu. La malade est encore bien portante aujourd'hui. Le remède fut continué, comme préservatif, jusqu'à la moitié de janvier.
» 4^ CBS. — Marie-Anne Greninger, six ans, d'une constitution faible, peu développée, était affectée, depuis longtemps , d'une éruption de la tête {Porrigo maculala), très étendue et d'un écoulement vulvaire. Comme chez les autres enfants, l'état des organes sexuels et de la peau des environs était aussi le même, sous le rapport de la coloration, du gonflement et de la douleur. La malade avait au cou , un grand nombre de glandes tuméfiées. Son appétit était bon ; elle aimait surtout les farineux ; les selles étaient assez régulières.
» Les remèdes employés jusqu'alors n'avaient produit aucune amélioration. On employa, comme dans les cas précédents, les feuilles de noyer. Au bout de quatre semaines, on remarqua de bons changements, le flux vulvaire était moins abondant et moins acre, l'éruption à la tête était moindre. Elle avait pris d'abord Thuile hépatique sans effet. Après qu'elle eut suivi, comme ses sœurs, pendant deux mois, le traitement par les feuilles de noyer, elle fut entièrement délivrée de son mal.
» Je ne veux point oublier de remarquer que la mère de
ces enfants, malgré son indigence, se donne beaucoup de peine pour les entretenir proprement, suivre le traitement avec exactitude et donner une bonne alimentation.
» 5*= OBS, — Henry Oslern, âgé de six ans, était alTecté d'un abondant écoulement scrophuleux de l'oreille droite; îa peau de la partie extérieure du conduit auditif était rouge et tuméfiée, ulcérée en quelques endroits ; au menton ou voyait un grand nombre d'ulcérations recouvertes de croûtes brunes. On avait employé jusque-là l'huile hépatique.
» Le 2t décembre 1841, commença le traitement avec les feuilles de noyer, et après un usage d'environ un mois, le flux de l'oreille avait disparu , les croûtes du menton étaient tombées et les ulcérations étatent cicatrisées, la peau de l'oreille avait repris sa coloration naturelle.
» L'enfant conservait encore sa santé le 6 octodre 1 842.
» 6* OBS. — François Morgan, âgé de deux ans et huit mois, est d'une taille disproportionnée pour son âge; sa tête est grosse , sa figure bouffie , ses yeux sont entourés de larges cercles bleuâtres; les ailes du nez sont épaisses et dirigées en dehors; il coulait du nez une matière blanche et acre qui avait ulcéré la surface interne des narines et la lèvre supérieure, aussi cette dernière était elle épaisse d'un pouce. Au cou , on trouvait une multitude de glandes dures, sans douleur au loucher et très apparentes. Le ventre était volumineux, dur; un grand nombre de petites glandes dures se faisaient sentir au travers des parois. L'abdomen, à la hauteur de l'ombilic, avait, avant le repas, cinquante-trois pouces et cinquantecinq après. L'enfant suait beaucoup la nuit, sa respiralion était gênée; en outre, il était affecté, alternative-
ment, d'une diarrhée et d'une violente obstruction. Son appétit était très grand, il aimait surtout le pain noir et les pommes de terre. On avait, jusque là, employé l'huile hépatique.
» Le 6 novembre 18-41, on commença le traitement avec les feuilles de noyer. Au bout de huit jours la diarrhée cessa , les selles furent normales , l'écoulement du nez diminua, la rougeur et la grande épaisseur de la lèvre supérieure diminuèrent-, le ventre était moins tendu et plus mou ; c'est ainsi que , sous tous les rapports , l'état du malade s'améliorait.
)> Vers la moitié du mois de janvier 1842, quand le manque de feuilles fit cesser le traitement, on pouvait considérer le malade comme entièrement guéri. L'enflure avait disparu, l'écoulement du nez avait complètement cessé ; la lèvre supérieure et la cloison du nez étaient presque dans leur état normal; les glandes du cou avaient diminué de nombre et de grosseur. La circonférence du ventre avant le repas, n'était plus que de quarante-sept pouces; l'abdomen était mou, les engorgements mésentériques avaient disparu totalement; les défécations étaient régulières, la sueur avait cessé; tout annonce une notable amélioration.
» T'^ OBS. — Appollonie Schmitz, est âgée de deux ans, ses parents sont pauvres. Le frère et la sœur de cette malade, atteints de suppuration des glandes mésentériques et de tubercules des poumons, étaient morts; ils avaient, comme la malade de cette observation, les paupières rouges , le nez et les lèvres gonflés. Chez ce dernier enfant, les glandes axillaires et inguinales, comme celles du cou, étaient également gonflées et dures. Depuis les malléoles, jusqu'au milieu des mollets, couraient des
bandes enflées qui devenaient douloureuses par les mouvements. Le ventre était tuméfié; on y sentait des tumeurs dures; la malade souffrait en outre de iïueurs blanches. Son appétit était médiocre.
» Jusque-là, la malade avait pris, sans succès, l'huile hépatique. A dater de ce moment, elle commença à prendre, quatre fois par jour, un demi grain d'extrait de feuilles de noyer (il y a vraisemblablement erreur sur ce poids trop peu considérable), en montant peu à peu jusqu'à la dose de trois grains.
» A la fin de la sixième semaine , l'état de la malade était notablement amélioré; le gonflement des jambes, les engorgements des glandes de l'aisselle et de l'aine, complètement disparus. L'enfant pouvait se mouvoir sans difficulté. Les flueurs blanches et le mal des paupières avaient cessé; les glandes jugulaires avaient diminué de dureté et de volume. Un grand nombre des ulcères du cou étaient cicatrisés. La petite fille, qui jusque là se plaignait sans cesse, jouait maintenant.
» Après six nouvelles semaines de traitement par les feuilles de noyer, pendant lesqu'elles on prit ordinairement deux bains de douches, toutes les opérations de la digestion, l'appétit, les mouvements, s'effectuèrent comme dans l'état de parfaite santé ; les tumeurs, ainsi que l'engorgement cellulaire environnant, avaient disparu.
» 8' OBS. — N. N., jeune garçon de Bonn, est affecté de rachitisme, il a une poitrine de poulet; il a souffert pendant neuf ans d'une carie de la colonne vertébrale, située entre la dernière vertèbre cervicale et la première dorsale; la tumeur qui s'y était développée, contenait une grande quantité de pus; il est vrai que la guérison a eu lieu , mais les vertèbres forment à ce point un angle très
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prononcé ; il y a quelque temps , on voyait, à l'arliculation de la clavicule droite , un ulcère scrophuleux large de deux pouces et très douloureux, qui fournissait une grande quantité de pus blanchâtre et clair; les parties voisines étaient gonflées et les bords de la plaie coupés à pic. En plusieurs autres endroits, il s'était formé des plaies suppurantes; une fièvre hectique tourmentait le malade; elle était accompagnée de frissons et de sueurs nocturnes. La toux était considérable, la respiration pénible.
j> Les remèdes antiscrophuleux furent employés pendant dix mois. Le malade prit intérieurement l'huile hépatique ; extérieurement , on fit usage des fomentations de Rust et du mercure, surtout en précipité rouge, ainsi que de quelques autres remèdes, tous sans effets.
» Dans ce malheureux état, à la fin d'octobre 18-41, on eut recours à M. le docteur Ungar, qui , apprenant que presque tous les remèdes avaient été employés en vain, désespérant en voyant l'état fâcheux de l'enfcint, crut néanmoins qu'il devait essayer le remède si vanté de M. Négrier. Au bout d'une semaine de l'usage de cette médication, les ulcères commençaient à se nettoyer et à prendre un autre aspect; de petites caroncules saines commençaient à se montrer, et, au bout de six semaines, l'ulcère était entièrement guéri. L'enfant, que l'on aurait considéré comme une victime assurée à la mort, jouit maintenant de la plus parfaite santé.
» 9" oFiS. — Pierre Meyer, âgé de sept ans, était affecté d'engorgement des glandes jugulaires, de bubons durs de différentes grosseurs. Jusque-là on avait eu recours à l'huile hépatique. Le malade prit , pendant six semaines, les préparations de feuilles de noyer, et dès-lors les bubons disparurent et le petit nombre de ceux qui restaient
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avaient beaucoup perdu de leur grosseur. Le manque de feuilles de noyer (il cesser le Irailemenl. »
M. Nasse, après avoir publié, in extenso, les faits empruntés à M. Kreutswald, passe à la traduction de mou second mémoire qu'il reproduit avec fidélité et le fait suivre d'un rapport sur les résultats qu'il a obtenus des préparations de feuilles de noyer dans sa clinique médicale , h l'université de Bonn. Ce rapport a été publié dans le journal de la correspondance des médecins du Rliin et de Wesphalie (3' année, n"2, page 17 et suiv.). Voici ce rapport, qui termine la brocliure du praticien distingué :
« Depuis que nous avons parlé dans ce journal (n° 20 de l'année 1842), de l'emploi des feuilles de noyer contre les scrophules, nous avons, dans notre clinique médicale, traité cent dix-sept enfants atteints de cette maladie, avec l'extrait ou l'infusion des feuilles de noyer, ou avec les deux à la fois; dans tous les cas, le remède a été seul employé, pendant un certain temps; ce n'est qu'après et pour quelques-uns seulement, que nous avons eu recours à l'huile de foie de morue.
» Les petits malades étaient , pour la plupart , âgés de trois à six ans ; c'étaient des garçons et des filles ; leurs parents, a peu d'exceptions près , étaient pauvres.
» Quatre-vingt-dix-neuf, sur cent dix-sept, appartenaient aux salles d'asile de la ville. Là, les petits enfants passaient, les dimanches exceptés, la plus grande partie de la journée; quatre-vingt-quatre y restant pour y diner, furent à peu près préservés du froid pendant l'hiver, n'y étant exposés que le matin et le soir en se rendant à i'éeole et en revenant.
» La nourriture qu'ils y prennent consiste en une soupe de farine de gruau , de riz, de lait, on y ajoute en partie
des pommes de terre ; peu de ces enfants mangent de la soupe grasse et encore ce n'est que deux fois par semaine. » Chez soixante-sept enfants traités par les feuilles de noyer, les scrophules avaient un caractère aigu avec inflammation (irritabilité excessive) ; chez cinquante , elles étaient accompagnées d'une torpeur naturelle (scrophules chroniques, humeurs froides).
» Outre les tumeurs des glandes mésentériques et jugulaires, quelques maladies particulières accompagnaient les scrophules : des inflammations à la partie antérieure des yeux, aux oreilles; des éruptions à la tête {eczéma chronica favus^ impétigo capiîis); quelques-uns avaient à la fois deux ou trois de ces maladies.
» Pour tous ceux à qui leurs parents n'avaient pas fait cesser le traitement, le remède fut employé pendant plusieurs semaines et même plusieurs mois. Si l'infusion ne paraissait pas assez forte , on avait recours à l'extrait.
Des cent dix-sept enfants soumis au traitement, quarante ont été rapidement délivrés des symptômes scrophuleux; quinze d'entre eux n'avaient jamais été aux écoles.
» Chez vingt-sept des quarante guéris , les scrophules avaient un caractère aigu; chez treize, un caractère chronique.
>) Dix-neuf des guéris (treize scrophules aiguës et sis chroniques), avaient aussi d'autres maladies particulières : des éruptions à la tête existaient chez onze, des inflammations,des yeux chez quatre, des inflammations des oreilles chez deux, la bronchite chez un et des vers intestinaux chez un autre.
>i La guérison était toujours lente, on n'a pas observé d'abcès.
» Soixante-deux enfants qui avaient suivi le traitement
(Haient bien mieux; Irenle-six d'entre eux avaient des scrophules aiguës, vingt-six les scrophules clH-oni(jues; trente-deux des convalescents avaient encore d'autres maladies particulières, telles qu'éruptions à la tête, inflammations des yeux.
» Sur quinze des cent dix-sept enfants soumis au traitement (quelques-uns d'entre eux passaient tout le jour dans les écoles et y prenaient leur repas de midi), les préparations de noyer n'eurent aucun résultat, qu'elles eussent été employées en infusions ou en extrait; quatre seulement sur les quinze étaient affectés de scrophules aiguës, les onze autres de scrophules chroniques. Chez deux, une autre maladie fit suspendre le traitement; deux sur quinze enfants, étaient d'une constitution très faible; les autres n'avaient commencé le traitement que depuis peu.
» Dix des enfants qui n'avaient pu être guéris étaient encore affectés de maux qui dérivaient des scrophules : un, avec les scrophules aiguës, était affecté de rachitisme et d'une inflammation de la partie extérieure du conduit auditif, un autre de favus. Des huit qui avaient des scrophules chroniques, un avait depuis longtemps un impétigo capilis; un autre une inflammation des yeux, un troisième le rachitisme et une éruption à la tête; un quatrième, une inflammation des paupières et le favus; deux autres enfin , une inflammation des paupières et du conduit auditif.
» Les feuilles de noyer n'ayant eu sur ces quinze enfants qu'une influence très faible ou nulle , on employa pendant quelque temps l'huile de foie de morue, non épurée; deux éprouvèrent du mieux, mais le remède n'a fait disparaître jusqu'à présent les symptômes chez aucun d'eux. Il faut encore mentionnnr ici que dans deux cas ,
au iieu de l'extrait de feuilles de noyer, un mal-entendu avait fait employer quelque temps l'huile de foie de morue; chez ceux là, les symptômes scrophuleux se sont sensiblement amoindris. Les enfants chez qui ce traitement n'a produit qu'un effet très faible ou nul y sont encore en grande partie soumis; quelques-uns seulement ont été retirés chez leurs parents. De tout ce nombre, un seul est mort de la maladie de Whytt.
» Décembre 1843, F. Nasse. »
Les réflexions que j'aurais pu faire ici , sur les faits rapportés par MM. les docteurs Kreutzwald et Nasse, seront très naturellement reportées à la fin de ce mémoire, quand j'aurai fait connaître l'excellent travail publié en Italie, deux années plus tard (1846), par le docteur Michèle Borgiali. Les observations rapportées par ce médecin ont tant de similitude avec celles des médecins allemands, que j'aurais été dans l'obligation de me répéter^ non sans perte de temps pour ceux qui voudront bien lire mon travail
J'aborde maintenant le mémoire de M. le docteur Borgiali (*).
« Dans l'année 1830, dit le docteur Borgiali, lorsque j'étais suppléant du médecin de la bienfaisance de Saint-
(') Ce mémoire, intitulé : Délia scrofola e deUa sua cura col uso delipreparati di noce (Juglans regia) , est rédigé sous forme épistolaire. L'auteur dit, qu'ayant lu dans le journal de la Société médico-chirurgicale de Turin, (février 1846), qu'à propos d'une communicatiim du docteur Frôla à la- Société, sur l'usage de l'hydroclilotate de baryte et de chaux, et de Thydriodats de potasse dans la scrophule, il avait été fait mention de l'usage des feuilles de noyer, regardées comme inefficaces par certains membres, par d'autres,, comme ayant été employées avec succès dans les provinces d'Yvrea et de Vercelli, il avait cru devoir publier ses observations.
Dahlias et du Carmen, j'avais pu nie convaincre do l'insulïisance des murialcs de baryte et de chaux, et des préparations d'iode qui avaient été les premiers moyens thérapeutiques employés contre les affections scrophuleuses; et lorsque je m'en étais servi, j'avais été forcé d'en suspendre l'usage, car il était arrivé mainte fois que, bien qu'administrés à faibles doses, ils occasionnaient des irritations gastro-entériques. Cependant n'ignorant pas ^inutilité de tous les autres spécifiques vantés et ne connaissant pas d'autres moyens, je m'y tenais, je dirai presque malgré moi. Je continuai ainsi jusqu'à ce qu'il me tomba dans les mains le traité sur les scrophules de M. Lepellier. Guidé par Texpérience de cet écrivain et adoptant ses principes thérapeutiques, je bornai la méthode curative aux simples moyens hygiénique et je dois avouer que je vis maintes fois s'améliorer de graves affections, tandis que de plus légères cédaient plus difficilement. Cependant je ne partageais pas tout à fait l'opinion du docteur Lepeîtier, sur la cause première de cette maladie, qui, suivant lui, serait le résultat d'une mauvaise alimentation suivie d'une mauvaise digestion. »
Je suspends ici la traduction, ne voulant pas grossir cet opuscule de considérations de pure théorie, d'autant plus qu'elles n'offrent rien de nouveau , soit sur la nature intime du mal, soit sur la distinction que fait M. Borgiali entre la scrophule générale et la scrophule locale ; entre les symptômes spontanés et les phénomènes consécutifs; je passe de suite au traitement qu'il a adopté pour combattre cette affection proteïforme.
« Enfin, dit-il, arriva Tannée 1841 , ou j'appris par les journaux français que M. Négrier (*) employait avec
("j M. Borgiali ajoule les iioiDS de A.-C. Baiulelocqiie et do- Borson. Je
avantage les feuilles de noyer. Quoique un peu défiant pour avoir presque toujours éprouvé des déceptions, par rapport aux remèdes qui arrivent de l'étranger, je n'hésitai pas cependant à me servir.de celui-ci, dès la première occasion qui se présenta. En effet, appelé en consultation le 7 juillet 1841 , pour la malade désignée dans le premier cas , d'accord avec le professeur Beata , je prescrivis la décoction de feuilles de noyer avec son brou, dans une tasse d'eau prise chaque matin L'usage de ce remède continué pendant six mois, ayant guéri la malade, j'étudiai avec un vif intérêt l'effet de ce médicament dans les scrophules. Pendant les années qui suivirent, j'ordonnai la décoction de feuilles de noyer dans toutes les affections scrophuleuses. Mais un remède trop vulgaire, sans mystère et privé en outre de cette promptitude d'action tant désirée des malades , n'excite pas toujours la confiance. J'ajouterai que plusieurs par insouciance et ennui de préparer cette décoction chaque matin, en suspendirent souvent l'usage ou même l'abandon-
rappelle ici que la monographie du premier ne dit rien de l'emploi des feuilles de noyer; il rapporte seulement une lettre du docteur Borson, de Chambéry, qui dit avoir vu le savant Jurine, de Genève, indiquer les feuilles de noyer contre les scrophules. M. le docteur Borson rapporte un fait en faveur de cette médication.
La lettre du médecin de Chambéry m'était inconnue plus de deux années après mes essais à l'hospice général , à Angers ; je n'ai lu cette lettre que lorsque j'ai été amené à faire l'historique de l'emploi des feuilles de noyer.
Je n'ai point inventé l'usage des feuilles de noyer; J.-F. Mirault, praticien connu dans la science, employait, comme je l'ai dit déjà, les décoctions de feuilles de noyer pour le traitement externe des tumeurs blanches des articulations. Je n'avais jamais entendu dire qu'on se fût servi de ces feuilles à l'intérieur, afin de guérir les scrophules; je puis donc revendiquer le mérite d'avoir fixé l'altention sur cet excellent moyen curatif, de l'avoir étudié, et , enfin , d'avoir frayé la voie à de plus habiles , qui ont accepté le traitement comme un progrès de l'art de guérir.
lièrent loul à fait. Cependant beaucoup d'individus suivirent mes conseils et en obtinrent un succès proportionné au temps qu'ils donnèrent à ce traitement ; il y en eut quelques-uns sur lesquels il ne produisit aucun efïxîl, mais, de ceux-ci, les uns étaient d'un âge avancé, les autres soupçonnés d'être atteints d'afléctions herpétiques ou de dégénérescences dans les viscères de la poitrine ou de l'abdomen.
» Je dirai, en outre, que la guérison des scrophules ne peut s'obtenir du Juglans regia , que si l'usage en est continué pendant deux, trois ou même six mois; dans plusieurs cas peu graves de croûtes cutanées ou de légers engorgements des glandes, je vis disparaître toutes traces après quinze ou -vingt jours de traitement. En le discontinuant quelques jours, elles reparaissaient; mais lorsqu'on le reprenait, elles s'effaçaient bientôt pour toujours.
» Je vis donc qu'il était nécessaire d'employer ce remède pendant plusieurs mois consécutifs, même dans les affections récentes et légères, et que dans les affections graves et invétérées, il était besoin d'une longue persévérance. A plusieurs qui en avaient fait usage durant six ou sept mois, je dus prescrire l'année suivante, à la saison convenable, le même traitement à suivre plusieurs mois, afin d'assurer la guérison et prévenir la récidive.
» J'emploie tantôt la décoction de feuilles vertes ou desséchées à l'ombre, tantôt le fruit avec le brou nouvellement cueilli ou conservé dans le sable ; quelquefois je me sers de l'extrait tant des feuilles que du brou. Quant à la décoction des feuilles , j'en fais prendre selon l'âge et la disposition , depuis deux ou trois feuilles infusées dans une demi tasse d'eau, jusqu'à six, sept, huit et même plus dans une tasse. Pour la décoction du fruit, j'en mets un ou deux, suivant la grosseur. Je varie la dose de l'ex-
irait depuis dix grains jusqu'à soixante, mais je dois dire qu'il agit peu ; j'y ai cependant recours pendant l'iniver et lorsque le malade répugne à employer le remède d'une autre manière. Habituellement je mélange cet extrait avec deux parties de graisse pour composer l'onguent que j'applique sur les plaies.
» D'abord, je n'administrai celte décoction qu'une seule fois par jour et à jeun , mais j'ai obtenu de grands succès à en faire prendre plusieurs fois , portant la dose à une ou deux livres par jour; ceux même qui en ont pris davantage n'en ont éprouvé aucun accident fâcheux. Deux individus, cependant, l'un âgé de douze ans et l'autre de trente-quatre, faibles, auxquels j'avais prescrit la décoction de cinq feuilles , éprouvèrent de fréquentes évacuations alvines.
» Des urines abondantes suivent ordinairement l'usage de ce traitement; souvent il s'y joint des évacuations alvines répétées, surtout dans les premiers jours. Les forces digestives reviennent, l'appétit renaît et le malade devenu morose, reprend sa première gaieté et sa vivacité.
» Le professeur Beata m'ayant communiqué une de ses observations qui constate l'efficacité du noyer dans les scrophules, je l'ai jointe à celles des miennes que j'ai cru utile de faire connaître.
» 1" OBS. — Giulio, âgé de quinze ans, de tempérament scrophuleux, né de parents atteints du même mal, vint à Turin en février 1841 ; il était atteint d'une fièvre catarrhale grave, avec douleurs dans tout le corps et principalement dans les membres; on la combattit par un traitement antiphlogistique et par des saignées. Malgré ce traitement, la fièvre n'en continua pas moins, etc.
» Je fus appelé en consullalion le 7 juillel, le iiial.idc préseiilail les symptômes suivants:
» Les lèvres et le nez étaient gonflés, la maigreur était considérable, tous les membres contractés; les glandes du cou et sous-maxillaires gonflées et grosses comme des œufs, mobiles et douloureuses; le ventre gonflé, engorgé, 1res douloureux; fièvre intense qui augmente le soir. On prescrivit la décoction d'une noix avec son brou dans un verre d'eau, à prendre chaque matin, et un régime nourrissant. On traita les glandes gonflées avec des emplâtres émollients et l'on pratiqua des tractions pour remédier aux contractures des membres.
« Le 18 du même mois, je revis le malade, il y avait quelque diminution de tous les symptômes , mais la décoction produisit la diarrhée. On continua le traitement pendant six mois, et le malade, an mois de novembre, se trouvait presque ^uéri; seulement il lui restait quelques glandes engorgées. Ce jeune homme, depuis, a toujours joui de la santé la plus parfaite.
« 2^ CBS. — Une jeune fille, née d'une mère scrophuleuse, fut prise d'érysipele et de croûtes d'un caractère scrophuleux qui cédèrent à l'emploi des feuilles de noyer. Vingt jours après, elle vit paraître des taches sur le visage et les lèvres, elle usa de nouveau des préparations de noyer et obtint la guérison désirée.
» 3' OBS. — Dominica, âgée de quinze ans, non réglée, mal vêtue, très mal nourrie, habitant une maison mal exposée , de tempérament scrophuleux , fut atteinte d'ophthalmie en mai 1843, qui se renouvela plusieurs fois. L'état général et l'aiTection des yeux furent grandement améliorés par les préparations de noyer.
» à." OBS. — Ravera (Lucia), âgée de sept ans; fille de parents scrophuleiix, fut atteinte en mars 1842, d'un gonflement de la première phalange du gros orteil du pied droit ; cette tumeur s'abcéda et donna passage à quelques fragments osseux.
» Visage gonflé et pâle; les glandes axillaires et maxillaires tuméfiées; éruption pustuleuse autour de l'œil droit; mauvaises digestions, tristesse. J'ordonnai la décoction de deux, puis de trois feuilles de noyer à prendre deux fois par jour.
» A la fin de juillet toute éruption avait disparu, les fonctions en général étaient revenues avec la gaieté. Une petite tumeur étant survenue à l'épaule gauche, je conseillai de continuer le traitement; en janvier 1844, elle était entièrement guérie. Depuis , elle n'a jamais souflert ni de scrophules ni d'aucune autre maladie.
» 5' OBS. — Delorenti (Carlo), né à Parme, scrophuleux, souffrit constamment de six à douze ans, soit d'une ophthalmie des deux yeux, soit de douleurs abdominales avec gonflements. En juin 1843, je le soumis au traitement; tous les remèdes employés jusque-là, avaient été inefficaces. Les paupières étaient gonflées, le globe des yeux était couvert de taches blanchâtres et épaisses, il voyait à peine. Je fis prendre, chaque jour, la décoction de quatre feuilles de noyer, puis de cinq , jusqu'à huit. Moyennant l'usage de cette boisson pendant huit mois, il fut guéri entièrement* il ne lui resta que quelques petites taches sur la cornée, qui nuisaient peu à la vision.
» 6* OBS. — Giacinto, âgé de douze ans, né de parents scrophuleux , frère de sept enfants morts de cette maladie , était souffrant , depuis longtemps , de glandes
abcédées ù l'aisselle droite et de douleurs ventrales avee vomissements. Le 19 juin 1843, il fut soumis au traitement par le noyer, décoction de quatre feuilles , puis de cinq , lui donnant en même temps une nourriture fortijQante.
» Le 22 juillet le teint du malade était meilleur; le ventre est moins gonflé et moins douloureux ; son visage a l'expression de la gaieté. Comme il refusait la décoction, je lui fis donner des pilules d'exirait de deux grains, dix chaque jour. Les plaies furent pansées avec un onguent d'extrait de noyer et de graisse.
« Le 17 août, l'enfant n'éprouvait plus que de légères et rares douleurs dans le ventre; il n'avait plus que deux plaies peu profondes; l'appétit était bon. Il continua le traitement et fut entièrement guéri à la fin du mois de décembre. Ce jeune garçon jouit depuis ce temps d'une bonne santé , je m'en suis assuré le IG mars 1846.
» 7^ OBS, — Gruseppa, âgée de dix ans, née d'une mère scrophuleuse, porte sur le sternum, à rinsertion des troisième côtes, une tumeur de la grosseur d'un œuf de dinde. Pas d'autre affection. La tumeur avait les caractères scrophuleux.
» Elle fut en vain frictionnée pendant plusieurs mois avec un onguent formé de deux parties d'axonge et une partie d'extrait de noyer. La tumeur s'amollit et suppura. L'année suivante, 1844,1a plaie s'étant aggrandie et ayant revêtu tous les caractères scrophuleux, je conseillai l'infusion de quatre feuilles de noyer ou de deux ou trois fruits. Dans le mois de juin suivant, son père pour s'épargner l'ennui d'une préparation journahère, fit provision d'une certaine quantité de feuilles et de petits fruits et en prépara plusieurs bouteilles , dont il lui donnait à boire une
bonne lasse chaque jour. La première provision finie, il en prépara successivement d'autres, toujours avec les feuilles et les fruits. Au mois de décembre de la même année, il eut le bonheur de voir sa fille parfaitement guérie; l'ulcère avait été seulement traité avec un onguent adoucissant.
» 8' OBS. — Rosa, âgée de dix ans, fille d'une mère scrophuleuse. Une sœur de Rosa est morte d'une phthisie tuberculeuse, elle était défigurée par un énorme enflure des lèvres recouvertes de boutons et de croûtes grises. Le nez était gonflé et rouge, les paupières gonflées, le visage maigre et pâle. Elle avait déjà fait inutilement usage de différents remèdes. Le 3 juin 1843 , je lui fis prendre la décoction de feuilles de noyer ; en moins de trois mois, l'enflure et les boutons disparurent, le teint devint bon. Je lui conseillai de continuer pour prévenir une rechute; ce qu'elle fit et maintenant elle est en parfaite santé.
» 9% 10% 11"= et 12^ OBS. — Clara, Eugenia, Maria et Giacomo Fonino, dont les frères et les sœurs étaient tous morts de maladies scrophuleuses, vinrent me consulter en juin 1843; ils étaient afîectés des indispositions suivantes :
» Clara, âgée de onze ans, avait la figure pâle et bouffie, elle maigrissait, elle avait le ventre gonflé et douloureux, elle était sans appétit. Eugénia, âgée de sept ans, avait aussi le visage pâle et gonflé , même état de l'abdomen que chez sa sœur. Maria, cinq ans, rachitique, était atteinte d'une phthisie tuberculeuse commençante. Le frère Giacomo, âgé de quatre ans, souflrait d'une ophthal-