‹ Du traitement des affections scrophuleuses par les préparations de noyerChapitre 4 sur 12 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

Engorgements strumeux non uleérés.

Le nombre des fails de celte série est de dix ; il est moins considérable que celui des troisième et quatrième, non pas que ces simples engorgements soient rares, mais parce que les sujets qui en sont affectés se plaignent rarement et tardivement. Ils espèrent que ces tumeurs, longtemps indolentes, et qui ne leur causent souvent aucune gêne, disparaîtront sans aucun traitement. C'est en effet ce qu'on voit arriver, lorsqu'à la puberté, l'enfant acquiert des forces, soit par un meilleur régime, soit par un changement d'habitation; alors, une révolution organique s'opère, réveille tous les systèmes, et leur donne une énergie suffisante pour ramener la santé.

Je ne rappelerai, avec quelques détails, que les faits les plus importants.

1" FAIT. (28 juin 1837.) — Girault (Joséphine), vingt- Irois ans. Cette jeune fille, d'un tempérament lymphatique et sanguin, est d'une petite stature. Pendant sa première jeunesse, elle a éprouvé plusieurs ophthalmies fort rebelles. La menstruation ne s'est établie qu'à vingt ans.

Etat pathologique. Tumeur indolente de la grosseur d'un œuf de poule, située sous l'apophyse mastoïde gauche. La pression, sur ce point, ne cause pas de douleur. La peau, qui recouvre la tumeur, n'a pas changé de coloration. Le début de l'engorgement remonte à

dix-huit mois ; tous les traitements qui ont été employés sont restés sans aucune action. La physionomie de Joséphine annonce une mauvaise santé; son teint est pâle, ses chairs molles. L^appétit est souvent nul ou fort irréguher, de même que la menstruation, qui manque souvent, ou bien l'écoulement sanguin ne paraît qu'un seul jour.

Le traitement a consisté en seize grammes de sirop, dans une tasse d'infusion de feuilles fraîches de noyer, matin et soir; quelques grands bains, peu prolongés. Le régime alimentaire n'a point été modifié; il consistait en un repas de viande par jour. La boisson était de la bière coupée.

Le traitement a duré trois mois, sans interruption, sauf deux repos de vingt-qualre heures, à vingt jours de distance, pendant lesquels la malade prit une bouteille d'eau de Sedlitz à 30 grammes.

Le 30 septembre suivant, la tumeur avait disparu. La santé générale s'était de beaucoup améliorée. Les règles, pendant et depuis le traitement, ont paru avec exactitude et ont été suffisamment abondantes. L'appétit était devenu vif et soutenu. La guérison ne s'était pas démentie trois ans après.

2' FAIT. — Anne Truffier (enfant de l'hospice) , quinze ans, taille moyenne, non menstruée. Cette jeune fille est boiteuse par suite d'une carie de l'articulation coxo-fémorale droite qui a déterminé une luxation consécutive du fémur en arrière et en haut. Le raccourcissement du membre est de quatre centimètres. L'aîne, de ce côté, la cuisse et le pourtour des malléoles, au même membre, portent de nombreuses cicatrices adhérentes. L'affection scrophuleuse a commencé il y a huit ans.

Aujourd'hui, la santé générale n'est pas bonne; l'enfant est étiolé; l'appétit est nul. Il existe un gonfiemcnl considérable des ganglions sous-occipitaux et sous-maxillaires des deux côtés. Le côté droit, en outre, est sillonné par une douzaine de cicatrices qui datent de cinq à six mois.

Traitement par le noyer (20 juin 1837). Chaque jour deux pilules d'extrait de vingt centigrammes; trois tasses d'infusion de feuilles miellées ; cataplasmes de farine de lin, avec poudre de feuilles de noyer.

L'action du traitement était visible dès la première quinzaine ; l'appétit et la gatté sont revenus ; les cicatrices, de couleur violacée, ont pris une meilleure t>3inte, blanchâtre.

Après deux mois de traitement, le 24 août, les tumeurs avaient diminué d'un tiers ; les ganglions avaient cessé de faire masse, ils étaient roulants sous la peau.

Au mois de janvier 1838, la malade fut atteinte d'une grave ophthalmie de l'œil gauche, avec ramollissement de plusieurs points de la cornée (reprise du traitement général); pour l'œil, collyre (décoction de feuilles de noyer, avec extrait de belladone). Cette affection n'a duré que vingt jours.

Anne Truffîer était débarrassée des tumeurs qu'elle portait au cou le 1" juin 1838. Cette guérison s'est soutenue pendant deux années et deux mois. A la fin de juillet 1840, Anne a été atteinte d'un gonflement des os du métatarse du pied droit. Elle a repris, et continuera le traitement qu'elle avait cessé depuis dix-huit mois.

3' FAIT. (9 juillet 1840.) — Ménard, forgeron; quarantetrois ans; de ChenilléXhangé. Gonflement strumeux considérable des ganglions cervicaux des deux côtés du

cou, qui rend impossible les mouvements de rotation de la tête. Cet état existe depuis trois ans, il a résisté à plusieurs traitements. Le malade a souvent de la fièvre, il est pâle, sans appétit, triste.

Traitement. Chaque jour deux pilules d'extrait de feuilles de noyer, trois tasses d'infusion; purgatifs salins de dix en dix jours.

Après un mois de traitement, les tumeurs étaient distinctes et roulantes. Le malade tournait la tête avec facilité ; l'appétit et la gaîté sont revenus.

Après quatre mois, les tumeurs sont réduites de moitié. Le traitement sera continué; il n'a causé aucune espèce de dérangement.

4'= FAIT. (23 juin 1840.) — M"^ Constance, rue Toussaint, vingt-quatre ans, peau blanche et transparente, yeux bleus, cheveux noirs, lèvres et ailes du nez prononcées. Tumeur de cinq centimètres de hauteur sur trois d'épaisseur, placée sous Foreille droite. La peau n'a pas changé de coloration. La tumeur existe depuis huit ans; elle a résisté à tous les traitements ordinaires.

Ce n'est qu'après quarante-cinq jours de traitement par les feuilles de noyer, qu'on a pu apercevoir quelques changements à la tumeur qui s'est divisée en deux ganglions roulants. La résolution de ces ganglions a paru hâtée par des frictions avec la pommade suivante : (axonge 30 grammes, extrait de feuilles de noyer 4 grammes; huile essentielle de Bergamote, 15 centig.) Pendant le traitement, la malade a maigri, quoique l'appétit soit toujours resté excellent.

Le 1" décembre 1840,1a tumeur n'a plus qu'un tiers de son volume primitif. Mais le traitement ayant été négUgé,

la tumeur reprit du volume en janvier 1841. Le traitement sera repris et continué.

5' FAIT. — Jenny Toulon, de Jarzé, vingt-un ans. Deux tumeurs ganglionnaires, de la grosseur d'un œuf de poule, situées, de chaque côté, dans la fosse sous-auriculaire. Les mouvements du cou sont fort gênés. Il existe aux deux jambes et à la cuisse droite de nombreuses tumeurs rondes, presque sous-cutanées, ayant la grosseur d'une noisette, et çà et là des cicatrices rondes aussi, annonçant que des ganglions tuberculeux semblables se sont abcédés. La cornée de l'œil gauche porte plusieurs taches leucomateuses qui empêchent presque complètement la vision- il y a photophobie.

Le traitement par le noyer a commencé le 2l2 juin 1840. (Sirop et pilules; collyre avec l'eau de noyer et le laudanum de Rousseau; quelques bains salés.) La guérison était complète le 1" septembre 1840,

L'œil est redevenu malade aux premiers froids; mais les tumeurs ganglionnaires des jambes ne sont pas reparues. Le traitement général a été repris et continué pendant deux mois. L'opthalmie était guérie de nouveau le 12 décembre. A la fin de ce même mois, le froid devint rigoureux; les tumeurs du cou se gonflèrent de nouveau, et des douleurs profondes se firent sentir dans les membres. — Continuation du traitement.

6' FAIT. — Jacquet Louis, neuf ans, des Ponts-de-Cé. Tumeur du volume d'un œuf sous l'angle de la mâchoire à gauche; son début remonte à seize mois. Ce gonflement strumeux a résisté à plusieurs traitements amers et fondants. L'enfant, suffisamment développé, est affecté d'une fièvre intermittente tierce, revenue pour la quatrième fois malgré l'emploi répété du sulfate de quinine.

Le traitement par le noyer a commencé le 1" mai 1840 (infusions seules, et bains généraux salés). Après un mois, retour de la santé générale, bon appétit. La tumeur se dessine mieux, elle est plus mobile. Après cinq mois, la tumeur est réduite au volume d'une noisette ; elle est fort dure et insensible. Le traitement sera continué comme préservajif.

1" FAIT. — Louise Bausset, treize ans, de Saint-Sylvain. Taille bien développée, bonne santé habituelle. Engorgement non douloureux du volume d'un œuf, formé de trois ganglions qu'on distingue encore, placé sous l'oreille droite. Cette tumeur, qui date de trois ans, a résisté à plusieurs traitements.

Usage du noyer; il a commencé le 20 juin 1840. Après un mois, ramollissement et diminution très manifeste de la tumeur. Les parents de Louise, très indigents, n'ont pu aider au traitement par une bonne alimentation; cependant, par l'usage des infusions seules, la jeune fille a pris de la force et s'est guérie.

8* FAIT. — Bourgeonneau Pierre, tisserand, dix-huit ans, grand , peu vigoureux ; ses articulations sont grosses ; tissu cellulaire abondant; engelures chaque hiver. Bourgeonneau porte depuis deux ans et demi , une tumeur ganglionnaire du volume d'un œuf, sous l'angle de la mâchoire, à droite. La peau n'a pas changé de coloration, un traitement par le houblon et le sirop de gentiane , suivi pendant dix-huit mois, n'a pas produit d'effets sur la tumeur.

Le traitement par le noyer a commencé le 18 août 1840 (pilules, infusions; liniment d'huile de camomille et extrait de noyer).

Le 1 1 octobre , c'esl-ù-dire après cinquante jours , la tumeur était réduite des deux tiers et le 20 novembre suivant, elle ne présentait plus qu'un faible noyau. La température, qui ce jour-là était de onze degrés audessus de zéro, s'abaissa tout-à-coup de neuf degrés et le jour suivalit indiquait la glace. Cette brusque transition produisit aussi subitement un gonflement du ganglion et des tissus voisins ; c'était à peu près le volume premier de la tumeur. La pression n'est pas douloureuse, la peau est rosée sans être sensible , il y a de l'engourdissement dans tout le côté de la face. Des cataplasmes émolliens ont été appliqués sur la tumeur et le traitement général a continué. Guérison après huit mois de l'emploi du noyer.

9^ FAIT. — Boulay Maria, six ans, quai Royal, santé générale habituellement bonne. Nombreux ganglions cervicaux engorgés depuis trois ans ; aucun traitement rationnel n'a été suivi.

Le traitement par le noyer a été commencé le 4 octobre 1840. Le 22 du même mois, tous les ganglions engorgés, sauf un seul, ont entièrement disparu. La tête, à cette époque, fut couverte d'une abondante éruption crouteuse (porrigo). Continuation du traitement et lotions du cuir chevelu avec la décoction de noyer. Guérison prompte.

10' FAIT. — Duvineau, trente sept ans, tisserand, à Marigné , homme maigre et de haute stature, faible ; son enfance a été exempte d'affections strumeuses. Les parents de Duvineau sont sains.

Il y a deux ans , il se développa spontanément sous l'oreille droite une tumeur qui prit en quelques mois le volume du poing ; en même temps , le malade fut atteint

d'engourdissement dans tous les membres et plus particulièrement dans les doigts et les orteils. La tumeur se ramollit ; elle fut ouverte ; il s'en écoula un liquide sanguinolent. Les bords de l'ouverture ne s'affaissèrent pas en se cicatrisant et formèrent trois bourrelets du volume d'une grosse noix ; alors , aux engourdissements se joignirent des sensations de faiblesse extrême qui se renouvellaient plusieurs fois chaque jour. Cet état, qui durait depuis dix-huit mois , avait jeté le malade dans une grande inquiétude , il vint à Angers , le 25 juillet 1840, et c'est à partir de ce jour que commença le traitement par le noyer.

Duvineau fit usage des infusions de feuilles de noyer , des pilules d'extrait. Le 15 novembre, les trois tumeurs n'étaient plus représentées qiie par trois noyaux durs^, qu'on distingue à peine en pressant avec le doigt. Les engourdissements cessèrent bientôt, quelques faiblesses existent encore, de temps à autre. Duvineau usera du sirop de noyer, pendant deux mois. Je n'ai plus entendu parler de cet ouvrier, à qui j'ai conseillé de ne pas continuer son état dans les caves.

Réflexions sur le traitement des engorgements ganglionnaires.

D'après ces dix faits , les premiers de ma pratique qui ont été rassemblés sans choix , c'est-à-dire comme ils se sont présentés , on a du remarquer que les gonflements ganglionnaires , loin de se développer exclusivement sur des sujets aux apparences scrophuleuses et d'un tempéramment lymphatique, apparaissent aussi, et assez fréquemment, sur des enfants que leur constitution semblait devoir préserver de ces affections. J'ai remarqué cepen-

daiU, que ceux qui ont les cliairs blanches et molles étaient plus profondément atteints, ils souffrent des engelures, qui sont aussi une forme de la scropliule.

Les tumeurs ganglionnaires cervicales s'accroissent avec lenteur ; formées d'abord de plusieurs noyaux , ceux-ci se groupent, se rapprochent en augmentant de volume, et la masse forme alors une tumeur plus ou moins ovoïde. Lorsque ces tumeurs commencent à se résoudre, les ganglions se dessinent mieux et sont séparés par des sillons ; ils deviennent roulants sous la peau , au fur et à mesure que leur résolution s'avance , puis enfin ils disparaissent quelquefois totalement.

La masse des ganglions sous-auriculaires acquiert presque toujours le volume d'un œuf de poule , pour ne plus dépasser cette grosseur. Ils restent ainsi stationnaires plusieurs années sans apporter de désordres dans la santé générale. Chez certains sujets, tous les ganglions du cou se tuméfient à la fois , il en résulte que le cou devient aussi volumineux que la tête qui s'y trouve comme enchâssée et ne peut effectuer aucun mouvement d'élévation et surtout de rotation. Les engorgements strumeux aussi considérables sont rares, sans que les téguments soient altérés.

La peau qui recouvre les tumeurs ganglionnaires n'y adhère pas, elle n'a pas changé de coloration. La pression directe , si elle est opérée sur une surface de quelque largeur, n'est pas douloureuse; il n'en est plus de même si la pression est exercée latéralement, le malade ressent de vives douleurs.

Cette absence de sensibilité de ces tumeurs , sauf dans le cas ci-dessus indiqué et le peu de gêne qu'elles causent, expliquent l'incurie ordinaire des individus qui en sont affectés. Lorsqu'ils se sont déterminés à tenter quelque

traitement qui ne peut agir qu'avec une extrême lenteur, ils se fatiguent bientôt et abandonnent des remèdes dont ils ne voient pas des effets immédiats.

Les topiques qui sembleraient devoir résoudre rapidement les ganglions strumeux anciens, employés exclusivement, ont bien peu souvent quelque efficacité, parcequ'il est rare que les engorgements n'aient pas pour cause première un état général du sujet- c'est par cette raison que je m'abstiens longtemps de toute application de topique. Si j'ai fait quelquefois frictionner ces tumeurs avec quelque corps gras médicamenteux, ou simplement recouvrir de cataplasmes avec la poudre de feuilles de noyer, j'ai suivi à tort la routine, et je n'ai que très rarement obtenu un effet salutaire de cette pratique qui peut favoriser le ram-oUissement et la suppuration de la tumeur. Je me borne maintenant à faire envelopper le cou avec un mouchoir de soie ou avec une lanière de fourrure.

Les topiques employés ainsi pour obtenir la résolution des ganglions indurés et réfractaires au traitement général , produisent alors un effet analogue à celui qui résulte de l'impression d'un froid subit qui détermine si souvent une rechute en excitant un engorgement nouveau des parties. Alors, la nouvelle tuméfaction ne reste pas indolente, de rinflammation s'y développe assez habituellement, et peut-être le noyau induré qui semblait à lui seul constituer le ganglion, contribue- t-il à favoriser le travail morbide, car on le voit quelquefois, tel qu'un corps étranger, rejeté au dehors, environné de pus, comme le bourbillon d'un, furoncle.

J'ai cru que je pourrais agir sur les noyaux ganglionnaires rebelles, sans déterminer une inflammation suppurative du tissu ambiant, en traversant ces corps avec des aiguilles à acupuncture; si je ne me suis pas abusé,

je crois avoir obtenu une résolution plus complète.

En appréciant les résultats du traitement d'après les faits qui précèdent , il n'est pas douteux pour moi , qu'il a eu une action très manifeste dans tous les cas; que ce traitement a guéri complètement trois malades sur neuf, et il faut remarquer que l'un de ces malades n'a fait usage des préparations de noyer que pendant un mois. Sur quatre des malades , les tumeurs ont diminué de moitié aux deux tiers de leur volume dans un espace de temps de six semaines à trois mois. Trois fois les ganglions ont été réduits à de petits noyaux durs qui ont été réfractaires au traitement prolongé.

En général , le traitement des engorgements ganglionnaires a été long et je n'ai vu que rarement les tumeurs perdre sensiblement de leur volume avant cinquante jours de l'emploi du noyer : on verra que cette action est plus prompte sur les engorgements abcédés.

Le traitement par les préparations de feuilles de noyer, de même que tous ceux qui sont en usage aujourd'hui, a toujours été plus fructueux pendant la belle saison. Pendant l'hiver, il ne fait souvent que soutenir la santé générale et prévenir l'aggravation du mal. Cette remarque n'est guère applicable qu'aux engorgements sans ulcérations, car pour les plaies, je les ai souvent vues se cicatriser pendant les mois froids de l'année.

Presque tous les individus qui ont fait un long usage des préparations de feuilles de noyer ont acquis de l'embonpoint. L'appétit et les forces ont reparu promplement. La remarque des Sœurs de l'hospice sur la turbulence plus grande des enfants soumis au traitement, est un fait à peu près constant. Cette vivacité est le premier signe d'un retour vers la santé; mais, ces signes favorables ne se montrent pas chez les sujets dont les poumons sont

tuberculeux , ceux dont la phthisie est fort avancée. Ils maigrissent à la vérité , mais ne sont affectés de diarrhée que beaucoup plus tard, ou même ne l'éprouvent pas. La toux, chez ces malades, n'est point augmentée par l'usage du sirop de noyer; elle semble, au contraire, moins fréquente et moins pénible.

Tous les enfants prennent sans répugnance les infusions de feuilles de noyer, avec le sucre ou le miel; le sirop est toujours demandé avec instance ; les pilules enveloppées de miel ou dans une cuillerée de soupe , sont avalées sans difficulté. En est-il de même des tisanes de houblon ou des sirops de gentiane et autres ?

Les préparations de feuilles de noyer indiquées cidessus, sont d'une innocuité si grande, que plusieurs des malades , à l'hospice , en ont usé presque régulièrement pendant trois années consécutives, soit sous forme de sirop, de pilules ou d'infusions. J'ai indiqué des doses qui je crois pourraient être dépassées sans inconvénient; les selles, chez les sujets qui font usage de ce médicament, ne sont jamais plus fréquentes à cette occasion , elles sont teintes en brun. Je crois que le miel a prévenu quelquefois la constipation ; il sera utile de s'en servir parfois.

Je rattacherai ici deux faits qui prouveront Futile influence des préparations de noyer dans les cas de chlorose. Les médecins allemands ont , depuis , accepté cette indication et s'en servent avec de grands avantages.

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