I. — INDICATIONS SUIVANT L’AGE
Le traitement de la tuberculose articulaire, dit Hoffa (1), doit être avant tout conservateur jusqu à la vingtième année, surtout opératoire après cette limite.
Cette formule claire et concise nous paraît résumer assez bien les grandes lignes de la conduite à suivre, dans l’état actuel de la question. En voici les raisons :
Chez l’enfant et chez l'adolescent au-dessous de la vingtième année, on sait bien que l’arthrite tuberculeuse n’est, dans la majorité des cas, que d’une gravité en somme atténuée; d’autre part, 1 n'y a guère d’inconvénient pour le malade, au point de vue des conditions sociales de son existence, à être immobilisé pendant le temps, souvent fort long, que nécessite la guérison.
Enfin et surtout, c’est chez les sujets de cet âge que, vu les troubles graves de la croissance qui peuvent en résulter, les opérations radicales, telles que les résections articulaires, doivent être le plus rares possible. C’est pourquoi, en présence d’un malade au-dessous de vingt ans, quelle que soit la forme d’arthrite observée, la meilleure ligne de conduite à suivre sera, croyons-nous, d'appliquer de parti pris le traitement par les injections de glycérine iodoformée.
(1) Loc. cut.
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Chez l’adulte au contraire, la question est beaucoup plus complexe. En effet, outre que chez les malades de cette catégorie la tuberculose articulaire est bien plus grave et tend bien plus fréquemment que chez l'enfant à la suppuration de l’article et à la nécrose des extrémités osseuses, il faut encore faire la part de nécessités sociales qu'on ne saurait éluder. Bien peu de malades consentent à se soumettre avec la persévérance nécessaire à un traitement dont la durée n'est que bien rarement inférieure à deux ou trois ans, dans les cas les plus favorables.
Enfin, l’expérience a montré que les résections articulaires donnent chez l’adulte des résultats fonctionnels aussi bons, parfois meilleurs, en tout cas bien plus rapides que le traitement conservateur.
Notre opinion est donc que, dans les cas de cet ordre, les indications du traitement par les injections iodoformées seront bien plus restreintes, et que si, dans une circonstance donnée où, vu la bénignité apparente des lésions, on a cru devoir l’'employer, une amélioration ne se produit pas dans les premières semaines, le mieux sera de ne pas s’y attarder trop. et de recourir à l'intervention, sans attendre que la cachexie ait fait son œuvre.
Il va sans dire que dans les cas où la multiplicité des lésions, l'existence de lésions viscérales graves, l’état cachectique trop avancé, contre-indiqueraient l'opération, les injections de glycérine iodoformée pourront constituer une part importante du traitement conservateur, seul indiqué en pareille occur-
rence.