‹ Du Traitement des Arthrites Tuberculeuses par les Injections de Glycérine IodoforméeChapitre 20 sur 40 · II. — Formes fongueuses · texte numérisé non relu

II. — Formes fongueuses

OBSERVATION VI (inédite).

Arthrite fongueuse du genou. — Guérison de l'arthrite. — Mort ultérieurement par méningite tuberculeuse.

M... Elise, onze ans et demi, entrée salle Sainte-Amélie, le 28 novembre 1899.

nt |

A noter dans les antécédents héréditaires que la mère est morte de tubenculose pulmonaire. Personnellement, fièvre typhoïde à six ans. En août 1898, pleurésie gauche, probablement tuberculeuse.

Début de l'affection du genou il y a trois mois par de petites douleurs passagères, exagérées par la marche, sans troubles fonctionnels. Depuis un mois, aggravation des douleurs et apparition de la tuméfaction articulaire.

Actuellement, on note :

De la douleur à la pression à la partie antéro-interne du genou, au niveau de la pointe de la rotule.

Pas d'hydarthrose.

De chaque côté de la pointe de la rotule, empâtement fongueux. Tuméfaction manifeste accusée par une différence de 1 centim. 1/2 avec le côté sain. Légère atrophie de la cuisse et de la jambe (1 centim.).

Troubles fonctionnels.— Claudication très prononcée. Flexion limitée à l'angle droit. L'extension semble à peu près normale.

17% décembre 1899. — Deux injections de glycérine iodoformée, une de chaque côté de la rotule, au niveau de l’empâtement.

12 décembre. -— Deux nouvelles injections. La malade part avec un plâtre.

11 mai 1900. — La malade est revue. Elle a tous ses mouvements. Elle va en somme bien, quoiqu'il existe encore un peu d'empâtement.

30 octobre. — La malade revient avec un genou volumineux, globuleux. Empâtement pseudo-fluctuant de chaque côté du ligament rotulien. Quelques fongosités dans le grand cul-desac. Extension complète. La flexion atteint à peine l'angle droit. Claudication légère. On fait une injection de glycérine iodoformée.

Mars 1903. — Les renseignements que nous avons pu recueillir nous ont appris que la malade avait complètement guéri de son arthrite. Le genou était ankylosé en extension. L'enfant

con FAURE

pouvait courir et s'amuser sans fatigue et marchait sans béquilles. Malheureusement elle a succombé en 1902 à une méningite tubenculeuse.

OBSERVATION VII (inédite).

Arthrite fongueuse du genou. — Persistance des lésions.

F... Ch., quatorze ans, entré salle Saint-Pierre, le 9 avril 1900.

Rien à noter dans les antécédents. L'affection actuelle a débuté il y a six mois insidieusement, sans traumatisme, par de la limitation des mouvements, sans douleur, ni claudication. Il y a un mois, augmentation de la limitation des mouvements et apparition de la douleur et de la claudication. Pas de douleur au repos.

Bon état général.

Actuellement, on note une tuméfaction globuleuse du genou, assez marquée. Empâtement mou de chaque côté du ligament rotulien s'étendant vers les condyles tibiaux, surtout l'interne.

Au niveau de la tête du péroné, tuméfaction marquée avec pseudo-fluctuation. Cul-de-sac sous-tricipital distendu modérément. Le creux poplité semble libre. La douleur est peu marquée à la pression, elle devient nette dans les mouvements de flexion.

L'extension est normale ; la flexion ne dépasse guère l'angle droit. Légère claudication.

13 avril. — Injection de glycérine iodoformée (6 c.c.) sur les côtés du tendon rotulien et au niveau de la tête du péroné.

6 août. — On fait des pointes de feu superficielles au niveau du tendon rotulien et de chaque côté de l'articulation. L'enfant part avec une genouillère.

Avril 1903. — L'enfant n'a pas été revu depuis le mois d'août 1900. Les renseignements obtenus des parents, par

AN

lettre, nous apprennent que la lésion a continué son évolution. L’articulation est restée tuméfiée, l'enfant souffre et ne

peut marcher.

OBSERVATION VIII (inédite).

Arthrite fongueuse du genou gauche. — Guérison avec ankylose.

M... Anna, quatorze ans et demi, entrée salle Sainte-Amélie le

20 août 1900.

Rien à noter dans les antécédents. L'affection actuelle a

débuté il y a sept ou huit mois par de la raideur, de la fatigue survenant rapidement et de la douleur. Petit à petit, la jambe s’est fléchie. Il y a quelque temps, l'enfant a fait deux chutes successives sur le genou, à la suite desquelles est survenue de la tuméfaction ; la marche est devenue impossible sans béquilles.

Actuellement, le genou est globuleux. Les culs-de-sac sont “empâtés. La jambe est demi-fléchie, les mouvements sont impossibles. Il n’y a pas de points douloureux, mais la traction sur la jambe est douloureuse. Adénite inguinale.

24 août 1900. — Injaction de glycérine iodoformée. Redressement forcé et immobilisation dans un bandage plâtré.

5 janvier 1901. — On applique un nouveau plâtre.

Avril 1903. — La malade est revue. Il existe une déformation siégeant dans la partie juxta-épiphysaire supérieure du tibia, qui est infléchie. L'enfant se plaint de quelques douleurs aux changements de temps. L’ankylose est complète.

La malade marche bien et fait des promenades d'une heure.

OBSERVATION IX (inédite).

Arthrite fongueuse du genou droit. — Guérison.

B... Catherine, treize ans, entrée le 14 août 1900, salle Sainte- Amélie.

+ ds

Antécédents inconnus.

L'affection actuelle a débuté il y a six ans par de la tuméfaction du genou, accompagnée d’une légère flexion et de raideur articulaire. À un moment donné même, la marche devint impossible. Tous les ans, pendant l'hiver, la raideur a réapparu, mais sans empêcher la marche. Il y a trois mois, l’enfant a fait une chute, à la suite de laquelle la douleur, la raideur et l’impotence ont réapparu.

Actuellement, on note : une légère flexion de la jambe. L'extension complète est impossible, la flexion est très limitée. Le genou est globuleux. Il n'y a pas d'hydarthrose, mais les culsde-sac et le pourtour de l'articulation sont gonflés par des fongosités.

Ganglions inguinaux.

Atrophie notable de la jambe malade.

Pas de points douloureux.

On met la jambe en extension continue,

10 septembre. — L'extension est devenue plus complète. On fait une injection de glycérine iodoformée (BACC.)centCind points différents, autour de la rotule.

6 octobre. — Injection de 6 «c.c. en cinq points différents autour de la rotule. Extension et plâtre.

22 janvier 1901. — On renouvelle le plâtre.

22 mai. — L'extension est complète. Le genou est toujours tuméfié ; on sent une masse fongueuse au-dessous et en dedans de la rotule.

25 mai. — Injection de 6 c.c. autour de la rotule. Plâtre.

17 septembre. — Le genou est sec, il n’y a plus de fongosités, mais un empâtement diffus, dû à l'immobilisation. Il y a quelques légers mouvements de flexion. L'enfant lève bien le talon et frappe avec force.

19 octobre. — L'enfant part avec un tuteur.

Avril 1903. — Nous avons eu par lettre des nouvelles de l’enfant. Elle va très bien. Le genou est absolument sec, il n'y a aucune douleur, ni spontanée,ni provoquée. Les mouvements sont très limités, il y a cependant un peu de flexion. L'enfant

D AS En

néanmoins se sert de sa jambe parfaitement, travaille toute la journée et ne se plaint jamais. Il existe à la cuisse et à la jambe un peu d'atrophie (1 centim. environ).

OBSERVATION X (inédite).

Arthrite fongueuse du genow gauche. — Guérison.

P... Blanche, cinq ans et demi, entrée le 17 mai 1901, salle Sainte-Amélie.

Rien à noter dans les antécédents. Il y a deux ans, l'enfant a fait une chute et s’est fait une entorse du genou, suivie de tuméfaction avec claudication. Celle-ci a persisté un mois, puis pendant dix-huit mois l'enfant n’a plus boité, mais la tuméfaction persistait. Depuis deux mois réapparition des douleurs. Impotence fonctionnelle.

A l'entrée. — On remarque que la jambe gauche est immobilisée à angle droit. La flexion et l'extension sont impossibles. Le genou est globuleux, les extrémités osseuses sont élargies.

Douleur à la pression autour de la rotule et sur la face externe de l'articulation. Empâtement de chaque côté du ligament rotulien ; pas de choc rotulien.

20 mai 1901. — On met la jambe en extension continue.

1% juin. — On immobilise la jambe dans un plâtre.

89 septembre. — Il y a toujours de la tendance à la flexion. Le genou est douloureux et légèrement empâté de chaque côté de la rotule. L'enfant ne peut soulever le talon.

88 septembre. — On fait une injection de glycérine iodoformée (3 c.c.), dans la grande cavité articulaire. Plâtre et extension. |

10 janvier 1902. — La jambe est en fiexion à environ 30° ; le genou est à peu près sec, sauf un peu d'empâtement pseudofluctuant, en dehors du ligament rotulien. L'enfant peut soulever le talon et frapper. Il y a quelques légers mouvements de flexion et d'extension.

Lo

11 janvier. — Injection dans la partie tibiale de l’articulation. Redressement et plâtre.

3 mai .— L'extension est complète. A la sortie du plâtre, la flexion ne s'est pas reproduite. La tuméfaction a diminué.

20 septembre. — La flexion s’est un peu reproduite. Il persiste une certaine tuméfaction du genou, surtout dans la partie tibiale et en dehors du ligament rotulien, où existe un point pseudo-fluctuant très net. Toujours quelques légers mouvements. ;

27 septembre. — Injection de 3 c.c. du côté externe de la rotule. Plâtre,

15 janvier 1903. — Flexion très légère. Le genou est sec, sauf un peu d'œdème de chaque côté du ligament rotulien. L'enfant lève le talon et frappe avec force. E

Mouvements d’une amplitude de 5°. On fait une genouillère plâtrée.

Avril 1903. — De suite après l’ablation du plâtre, il n'y a presque pas de flexion, mais un léger genu valgum, dû probablement à te que l'enfant a beaucoup marché avec son plàtre. Le genou est parfaitement sec.

Il existe des mouvements d’une amplitude de 10° à 20°.

OBSERVATION XI (inédite).

Arthrite fongueuse du genou. — Suppuration secondaire. — Résection.

B... Eugène, sept ans et demi, entré salle Saint-Pierre, le 20 octobre 1900.

A noter dans les antécédents que l'enfant a eu successivement, il y a trois ans, une bronchite, la coqueluche et la rougeole.

L'affection actuelle a débuté il y a quinze mois par de la douleur. Cette douleur a augmenté depuis quelque temps : la jambe s’est atrophiée. Le petit malade ne peut presque plus marcher.

P, Prayaz,

A l'entrée. — On remarque que le genou est globuleux, surtout en dedans. Il n'y a pas d'épanchemnt. Le grand cul-de-sac est bourré de fongosités ; on en trouve aussi à la face interne de l'articulation, au niveau de l'interligne.

L'extension et la flexion sont limitées.

20 octobre. — On fait une injection de glycérine iodoformée. Bandage plâtré pendant deux mois.

12 février 1901. — Le genou est à peu près sec; il n’y a ni épanchement, ni fongosités dans le grand cul-de-sac. Un peu d'empâtement encore, de chaque côté du ligament rotulien. L'extension n'est pas tout à fait complète. La flexion atteint à peine l'angle droit, On fait un nouveau bandage plâtré.

- 15 mai. — Le genou est sec. L'enfant ne souffre pas et marche.

Septembre. — L'enfant va bien; il part avec une genouillère.

6 mars 1902. — En janvier, l'enfant a recommencé à souffrir

du genou. Celui-ci est légèrement fléchi, volumineux, globuleux, avec un épanchement considérable, très douloureux.

7 mars 1902. — Résection du genou. On trouve un gros abcès dans le grand cul-de-sac, contenant du pus franc, avec une synoviale épaissie, ressemblant plus à une arthrite suppurée ordinaire qu'à de la tuberculose. Il y a un autre abcès, le long de la tubérosité interne du tibia. L'os est atteint d'ulcérations superficielles, mais le noyau épiphysaire paraît sain. L'’examen histologique y décèle cependant l'existence de nombreux tubercules à tous les stades, sauf celui de la caséification.

OBSERVATION XII (inédite).

Ostéo-arthrite fongueuse du genou gauche. — Résection secondaire, |

J.. Georges, cinq ans et demi, entré salle Saint-Pierre le 10 novembre 1900.

Rien à noter dans les antécédents.

Le début de l'affection actuelle remonte à un mois. À ce moment quelques douleurs.

A l'entrée. — On constate que l'articulation semble renfermer du liquide ; on perçoit une fausse fluctuation, le choc rotulien existe. On note un point douloureux au niveau du condyle interne du tibia.

14 décembre. — L'enfant, qui était parti chez lui, revient, On lui applique un pansement compressii.

14 mai 1901. — L'enfant est sorti en janvier paraissant aller bien. Il revient avec les signes d'une arthrite évidente. Le genou est fléchi à angle droit ; il y a de la tuméfaction de chaque côté du ligament rotulien. Pas d'épanchement dans la synoviale,

Redressement facile sous anesthésie. Plâtre,

23 juillet. — Redressement. Injection de glycérine iodoformée. Plâtre.

7 octobre. — Le genou est assez sec, sans épanchement et même sans fongosités. On note seulement une sorte d'épaississement adipeux de chaque côté du ligament rotulien. Il y a encore une flexion telle que le creux poplité est encore à 5 centimètres du plan du lit.

Redressement. Plâtre. Pas d'injection.

22 janvier 1902. — Depuis le mois d'octobre, l'enfant a soutfert continuellement jour et nuit. Etat général assez peu atteint. Du côté du genou on note une aggravation manifeste, il est fléchi à 135° environ, très tuméfé et très douloureux ; le grand cul-de-sac, la région de l’interligne de chaque côté sont remplis de fongosités très abondantes.

25 janvier. — Résection du genou. Un peu de pus et d’abondantes fongosités. L'épiphyse fémorale est ramollie, jaunâtre, sans caséification nette. L'épiphyse tibiale présente des tubercules sous-chondriques, avec ramollissement et décollement du cartilage sur le plateau interne.

OBSERVATION XIII (inédite).

Arthrite fongueuse du genou droit. — Guérison.

B..., âgée de neuf ans.

Il y a quatre ans, à la suite d’une chute, le genou droit commença à enfler. Les troubles fonctionnels furent d’abord peu accentués, et on ne fit aucun traitement régulier. Mais peu à peu les douleurs s'accentuèrent et la marche devint de plus en plus difficile, malgré un séjour au lit ayant duré six mois.

13 juillet 1901 .— On note une tuméfaction diffuse du genou droit, qui est en légère flexion ; l'articulation est douloureuse au point d'empêcher la marche, et de ne tolérer que de très faibles mouvements. Le palper montre qu’il n'y a pas d'épanchement liquide, mais un œdème assez accentué des tissus péri-articulaires et dans le grand cul-de-sac, des fongosités molles.

Sous anesthésie on fit une injection intra-articulaire de glycérine iodoformée, suivie de l'application d’un bandage plâtré.

Le bandage et les injections furent renouvelés deux fois, à des intervalles de trois mois. Au total, trois injections et onze mois d'’immobilisation.

8 septembre 1902. — Depuis environ deux mois et demi, le membre est libre, maintenu par une simple genouillère en peau. L'enfant a commencé à marcher ; elle le fait volontiers, et de mieux en mieux. Le genou n'est pas tuméfié, à part un peu d'œdème de chaque côté du ligament rotulien, mais il présente un peu de flexion. Les mouvements sont nuls,

3 octobre 1902. — La marche est de plus en plus facile. L’œdème à disparu, et la flexion s'est légèrement réduite.

16 mars 1903. — Le genou est sec, sans œdème, et sans aucune tuméfaction. L'extension est maintenant complète, et on obtient des mouvements de flexion, dans une amplitude de 20°. L’enfant marche de mieux en mieux ; elle a fait récemment une promenade d'une heure et demie. Elle porte toujours sa ge-

oi —

nouillère, mais le soir, après l'avoir quittée, elle cherche à assouplir son articulation avec prudence. |

4 juin 1903. — Le genou reste sec ; la bonne position se maintient ; la flexion se fait jusqu’à 45°. Le membre a repris une force presque normale, et la démarche ne présente plus qu'un peu de raideur.

OBSERVATION XIV (inédite).

Arthrite fongueuse du genou droit. — Guérison.

M... Louise, cinq ans, entrée salle Sainte Amélie, le 15 mai

À noter, dans les antécédents, un frère atteint de coxalgie.

L’affection actuelle a débuté, il y a dix-huit mois, par une légère tuméfaction, avec claudication. On a fait des pointes de feu, et appliqué une genouillère plâtrée, pendant trois semaines. Depuis l'enfant a continué de marcher sans souffrir. Depuis un an, le genou a beaucoup grossi.

A l'entrée. — On note que le genou est globuleux ; il n’y à pas d’épanchement. La tuméfaction est surtout accusée de chaque côté du ligament rotulien. Les extrémités osseuses sont augmentées de volume. Il n’y a pas de douleur à la pression.

La jambe est en flexion à 145° ; celle-ci peut être conduite jusqu'à l'angle droit. Il existe un léger degré de genu valgum.

18 mai. — On fait l'extension forcée de la jambe, qui est immobilisée dans une gouttière plâtrée.

23 mai. — La malade prend la diphtérie et passe au service d isolement. É

23 juillet. — La jambe est mise en extension continue.

5 septembre. — La jambe est en flexion à 145° environ, pou-

vant être poussée jusqu’à l'angle droit. Le genou est globuleux : il n'y a pas d’épanchement dans le grand cul-de-sac. Empâtement fongueux, pseudo-fluctuant, autour de la rotule, dans sa

Inoitié supérieure.

Page 1