I. — Hydarthroses tuberculeuses
OBSERVATION I (inédite). ‘”
Hydarthrose tuberculeuse du genou droit. — Guérison avec mouvements complets, se maintenant depuis trois ans.
B... Jos., deux ans et demi, entré salle Saint-Pierre, le 22 septembre 1899,
Pas d’antécédents héréditaires notables. Personnellement, une adénite suppurée opérée en juin dernier.
L’'affection actuelle a débuté il y a un mois par de la température et de la douleur du genou droit.
A l'entrée. — L'examen montre que :
La jambe est un peu fléchie.
Les mouvements sont possibles, mais douloureux.
Pas de douleur spontanée.
Il n'y a ni raccourcissement, ni atrophie.
Le genou est tuméfié, les culs-de-sac sont distendus. Choc rotulien. Fluctuation.
26 septembre. — On fait quatre injections de glycérine iodoformée.
6 octobre. — Trois injections : une en dehors, une en dedans,
17 octobre. — Trois injections : deux en dessous, une en dessus de la rotule. Genouillère plâtrée.
8 février 1900, — L'enfant a gardé son plâtre pendant deux mois. Depuis, il marche librement, sans trop de peine. Actuellement, le genou a une apparence tout à fait normale ; ni épanchement, ni tuméfaction. Légère atrophie. Flexion et extension complète. Très légère claudication.
13 novembre 1902. — Le genou est absolument sain. Pas de différence avec le côté opposé. L'atrophie a disparu, aucune
claudication.
20 mars 1903. — La guérison s’est maintenue intégralement. OBSERVATION II (inédite).
Hydarthrose tuberculeuse du genou gauche. — Persistance de
l'affection. — Interruption du traitement.
P... Eugénie, sept ans et demi, entrée salle Sainte-Amélie, le 2 octobre 1900.
Rien à noter dans les antécédents. L’affection a débuté, il y a quatre mois, par une chute, à la suite de laquelle est apparue de la douleur, mais sans aucune impotence.
Actuellement, pas de douleur. Les mouvements sont possibles et indolores ; pas de douleur à la pression. Le genou est légèrement tuméfié ; les culs-de-sac sont distendus par du liquide. Choc rotulien.
4 octobre. — Ponction dans le cul-de-sac sous-tricipital ; issue de liquide séreux avec quelques fongosités.
Injection de glycérine iodoformée (5 c.c.).
20 novembre. — Etat satisfaisant. Genouillère.
88 mars 1903. — La malade est revue. N'a fait aucun traitement pendant deux ans et demi. Epanchement qui distend le grand cul-de-sac. Fluctuation nette et choc rotulien. Pas d'attitude vicieuse. Atrophie légère; mouvements conservés.
2 y eee
1% avril 1903. — Ponction. Il s'écoule environ 30 grammes de sérosité ambrée.
Injection de glycérine iodoformée. Bandage plâtré.
OBSERVATION III (inédite).
Hydarthrose tuberculeuse du genou gauche. — Guérison (1).
R... Et., sept ans, entré salle Saint-Pierre, le 12 février 1901.
Rien à noter dans les antécédents.
L’affection a débuté il y a trois mois par de la douleur et de la claudication, qui ont augmenté depuis huit jours, au point que l'enfant a dû s’aliter.
A l'entrée, le genou gauche est globuleux. Epanchement net dans le grand cul-de-sac. Léger empâtement vers la tubérosité interne du tibia et vers la tête du péroné ; douleur à ce niveau à la pression. Adénite inguinale.
Flexion limitée à l'angle droit. Extension à peu près complète.
14 février. — Ponction. Injection de glycérine iodoformée (10 c.c.).
3 mai. — L'épanchement ne s'est pas reproduit. Légers mouvements de flexion. L'enfant soulève le talon.
15 mai. — On a laissé marcher l'enfant pendant dix jours. L'épanchement ne s'est pas reproduit. Persistance d'un très léger empâtement de chaque côté du ligament rotulien. La flexion se fait presque jusqu’à l'angle droit. Pas d'’attitude vicieuse.
Nous n'avons pu obtenir des nouvelles de ce malade.
(1) Le malade n’a pas été revu depuis le 15 mai 1901.
rte
OBSERVATION IV (inédite).
Hydarthrose tuberculeuse du genou droit. — Guérison avec mouvements presque complets, maintenue depuis un an et demi.
B... J., quatorze ans et demi, entré salle Saint-Pierre, le 18 mars 1901.
Rien à noter dans les antécédents.
L'affection actuelle a débuté il y a deux mois, sans gêne, ni claudication, par de la tuméfaction qui a augmenté progressivement, malgré le repos et l'application de topiques.
A l'entrée. — Epanchement volumineux, s'étendant sur la tubérosité interne du tibia ainsi que vers la tête du péroné.
20 mars 1901. — Ponction ; issue de 30 grammes de liquide clair. Il persiste une certaine augmentation de volume de l'extrémité supérieure du tibia. Se
Injaction de glycérine iodoformée (8 c.c.). Plâtre.
Juillet 1901. — Nouvelle injection au niveau du condyle externe du tibia. Plâtre.
21 septembre. — Le genou est sec, sans trace d’'épanchement, ui de fongosités. L'enfant soulève bien le talon.
18 octobre. — L'enfant marche avec une genouillère à armature métallique. Pas d'épanchement dans le grand cul-de-sac. I1 existe un peu d'empâtement mou de chaque côté du ligament rotulien. Flexion d’une amplitude de 25° à 30° environ. L'enfant déclare que sa jambe devient plus forte.
17 mars 1903. — Le malade a quitté sa genouillère depuis trois mois. Il marche bien et fait des courses de 12 kilomètres. Le genou conserve une légère augmentation de volume qui est surtout manifeste autour de la rotule. Le reste du genou est sec, sans épanchement, ni fongosités, ni œdème.
L'extension est complète ; la flexion atteint 45°. Il persiste une atrophie considérable du triceps.
De
OBSERVATION V (inédite).
Hydarthrose tuberculeuse du genou, évoluant depuis neuf mois et traitée jusqu'ici par des vésicatoires, sans immobilisation. — Guérison.
F..., douze ans.
Mars 1901. — L'articulation contient un épanchement liquide assez abondant pour soulever la rotule et donner de la fluctuation nette dans les culs-de-sac. Les mouvements sont conservés dans leur intégrité. Pas de douleur. Gêne fonctionnelle à peu près nulle.
On fait une ponction au trocart. Evacuation d'un liquide séreux. Injection de 5 c.c. de glycérine iodoformée. Bandage plâtré laissé en place pendant trois mois. Ensuite, simple genouillère en cuir lacé, avec attelle métallique.
9 décembre 1901. — L'enfant est revue six mois environ après la fin du traitement. Le liquide ne s’est pas reproduit. L'articulation jouit de tous ses mouvements, et la guérison serait parfaite s’il ne persistait pas une atrophie assez prononcée encore du triceps.
Juin 1903. — Une lettre des parents de l'enfant nous apprend que la guérison s’est maintenue parfaitement. Le genou a tous ses mouvements ; il ne persiste qu'un certain degré d'atrophie.