SES INCONVÉNIENTS, SON ACTION
Nous n'entreprendrons pas ici la critique détaillée des avantages et des défauts respectifs des diverses substances proposées pour les injections intra-articulaires ; nous nous contenterons de faire ressortir brièvement les raisons qui, à notre sens, doivent faire pencher la balance en faveur de la glycérine iodoformée. |
On sait que, de toutes les substances préconisées, trois seulement se sont partagé la faveur des chirurgiens, à savoir le naphtol camphré, l’éther iodoformé, enfin la glycérine iodoformée.
Le naphtol camphré a une valeur qu'on ne saurait contester, ainsi qu'en témoignent les faits exposés dans la thèse de Dulac, mais il a l'immense inconvénient d'être très toxique.
L'éther iodoformé à lui aussi à son actif un grand
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nombre de succès, mais il est très douloureux, en raison de la distension des tissus que provoque la force expansive de ses vapeurs ; de plus il a provoqué lui aussi des accidents, les uns d'ordre mécanique, tels que la fistulisation précoce des abcès par excès de distension, les autres d'ordre toxique, se traduisant par du sommeil anesthésique parfois inquiétant. Enfin l'analyse des résultats montre que ceux qu'il donne ne sont pas supérieurs à ceux que donne l'emploi de la glycérine iodoformée.
Celle-ci nous paraît présenter de réels avantages. Sa toxicité est faible, en tout cas moindre que celle de tous les autres produits employés. Elle est d'une préparation et d’une stérilisation faciles.
L'injection n’est pas très douloureuse, la réaction qui la suitest, dans l’immense majorité des cas, très modérée.
Dans quelques cas, il est vrai, on a observé des phénomènes d'ordre toxique, mais nous les avons toujours vu céder rapidement. Outre une certaine douleur et une certaine réaction locale ‘qui est normale, on voit parfois le malade présenter des phénomènes généraux, anorexie, céphalée, poussée fébrile, douleurs rhumatoïdes, urines parfois foncées et contenant un peu d'hémoglobine. Mais nous Île répétons, ces accidents, outre qu'ils sont loin d’être constants, sont toujours légers et fugaces, si l’on a soin, bien entendu, des’en tenir aux doses modérées.
Quant à son mode d’action sur les tissus dans lesquels on l’injecte, il est encore mal connu. À coup sûr, on ne peutadmettre qu'il s'agisse d’une action
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spécifique de l’iodoforme sur le germe pathogène de la tuberculose. Les expériences de Behring, celles de Baumgarten, de Troje, de Tangle, de Rovsing ont montré que le bacille de Koch se développe impunément en présence de l’iodoforme.
D’après Henle, qui a étudié la question avec grand soin, on doit supposer, semble-t-il, que les bons résultats obtenus en clinique sont dus à la faculté remarquable que possède liodoforme d'irriter les tissus et d’exciter par sa présence la formation de tissu cicatriciel.
On en peut trouver une confirmation dans l’examen direct des articulations sur lesquelles on a à intervenir secondairement; on voit alors que cette faculté excitatrice de la formation du tissu cicatriciel va jusqu’à déterminer la production d’adhérences, parfois très solides, qui comblent les cavités synoviales, et jouent un rôle considérable dans le processus de guérison par ankylose.
B. — SA PRÉPARATION Un certain nombre de procédés ont été employés
pour la préparation de la glycérine iodoformée. Krause emploie le mélange suivant :
lodoforme ee tn Glycérine en Em Set Eau? 2 tee RE ENT
en y ajoutant 1 p. 100 d'acide phénique.
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Duplay conseille le mucilage suivant:
Eau distillée
Glycérine . . . } 4âà 10 grammes Iodoforme Gomme arabique CS
Mikuliez et Henle se servent d'un mélange de glycérine iodoformée à 10 p. 100. C'est à cette dernière préparation que M. Nové-Josserand a donné la préférence.
Ce mélange doit, bien entendu, être rigoureusementa septique, et, bien qu'on admette que la glycérine elle-même soit stérile, il est prudent de la stériliser. Pour cela la glycérine iodoformée est placée dans des flacons à large ouverture, que l’on fait séjourner pendant une demi-heure dans un bainmarie.