‹ Du Traitement des Calculs de l'Uretère: par les Méthodes EndoscopiquesChapitre 9 sur 32 · Renseignements fournis · texte numérisé non relu

Renseignements fournis

par le cathétérisme urétéral explorateur.

Sauf contre-indications, l'examen cystoscopique est généralement complété par le cathétérisme de l’uretère calculeux. Il donnera des résultats précieux.

Quand on introduit la sonde dans l’uretère, il arrive souvent (aussi bien dans la calculose qu’en dehors d’elle) qu'elle soit arrêtée. Le diagnostic de la cause de cet arrêt est assez délicat. En faveur du calcul, on a signalé la fermeté plus grande de l'obstacle, perceptible pour une main exercée, l’irrégularité du point où il siège. Au contraire, quand l’arrêt est dû à la laxité de la muqueuse qui « coiffe » la sonde, à l’œdème de cette muqueuse ou à une sténose du canal, le contact serait moins net, l’élasticité de l'obstacle plus grande. Ce sont là des nuances. Retenons qu’on ne peut faire le diagnostif ferme de calculs sur le seul fait que la sonde est arrêtée.

On ne peut non plus éliminer le calcul sur la constatation d’un libre passage de la sonde. Bien qu'il soit raré de ne pas trouver dans une exploration urétérale en cas de lithiase un arrêt plus ou moins marqué en un point où une certains gêne de la progression, il est des cas où ces signes ne sont pas perçus. CATHELIN à même pu dire

en termes imagés (in Leçons cliniques) « que les calculs

eu

se rangeaient devant la sonde, comme les piétons devant une auto de course ». Les quelques observations que nous rapportons montrent que ce n’est pas la règle. C’est seulement dans l’observation IT que la sonde a passé librement.

Un signe autrement important est le frottement calculeux, analogue à celui que donne à la sonde uréthrale en gomme un calcul vésical. On le sentira généralement mieux au retour qu'à l'aller, la sonde tendue par la traction transmettant mieux cette sensation. Il faudra pour le mieux sentir rabattre l'onglet du cystoscope et se servir de sondes bien huilées. Parfois, la sonde qui a dépassè le calcul ne peut être retirée et reste bloquée. PASTEAU, qui a signalé ce signe au Congrès français d'urologie de 1908, recommande de ne pas essayer de retirer la sonde de force, mais de la laisser à demeure. Quelques heures plus tard ou le lendemain, on la retirera sans peine et, par surcroît, on aura souvent la satisfaction de voir venir après elle les calculs qui la coinçaient.

Nous avons trouvé dans PiLLET l'indication d’une manœuvre qui permet d'obtenir dans l’uretère le « choc métallique » si cher aux urologistes. Elle consiste à faire le cathétérisme avec une très petite olive métallique vissée sur le mandrin d’ArBarRAN. On pourra aussi employer, si on dispose de cette instrumentation, soit les sondes spéciales dilatrices (JaAnR, GENOUVILLE, PAPiN), qui comportent toujours une calotte terminale métallique, soit les olives de BurrGer montées sur leur conducteur électrique. Ce temps pourra ainsi être le prélude, soit d'une dilatation, soit d’une électrolyse ou d’une diather-

mie de l’uretère,

La recherche du choc métallique pourra être rendue plus précise par l’auscultation simultanée du trajet de l’uretère au phonendoscope. C'est l'application à l’uretère d'une très ancienne méthode de diagnostic des ealculs vésicaux (elle remonte à Lisrranc et à MoRAND DE SaINT-LunGèREe, 1821) que Reynes a repris récemment (1912).

Le cystoscope à vision directe de Luys permet encore plus facilement la recherche du choc métallique. Le cathétérisme pourra être fait soit à l'olive montée, soit à l'explorateur urétéral de JEANBRAU, soit enfin avec le plus petit des explorateurs de DessarniN pour le cholédoque que l’on trouve dans presque tous les arsenaux de chirurgie.

Nous ne mentionnons que pour mémoire, l’exploration à l’aide de la sonde enduite de cire molle que préconise KezLx. Il faut pour l’employer utilement user de l’endoscope à lumière externe de l’auteur, ce qui n'est guère facile. Si on emploie l’appareil de Luyxs, la lampe interne plus ou moins chaude laisse presque fatalement des traces qui peuvent induire en erreur.

Le cathétérisme étant fait et quels que soient les renseignements qu'il ait donnés, il convient avant de retirer la ou les sondes de recueillir des échantillons des urines séparées. Nous décèlerons ainsi, soit d’un seul côté, soit plus rarement’ des deux, le sang, le pus, les cellules épithéliales abondantes qui complèteront la symptomatologie de la lithiase. Les quantités d'urine recueillies et l'examen chimique nous montreront aussi le plus souvent que le rein sus-jacent au calcul est déjà altéré. Enfin

nous verrons la valeur du rein opposé et a fortiori nous

EAN RTE

aurons la preuve de son existence. LEGUEUX a, en effet, montré que presque toujours « l’anurique est un indi-

vidu qui, la veille, vivait avec un seul rein ».

Dans le cas surtout où on aura pu pousser la sonde au-dessus du calcul, l’étude des éjaculations urétérales nous montrerons, mieux encore que la méatoscopie, la

valeur de la musculature de l’uretère.

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