‹ Du traitement des cancersChapitre 18 sur 36 · Brissaud, Assoc. franç. p. V Avenir des Sc.., août · texte numérisé non relu

Brissaud, Assoc. franç. p. V Avenir des Sc.., août

2. Balzer et Gauchery, Soc. franc, de Dermat. et Syph., 9 novembre

Il a la propriété de décomposer énergiquement l’eau, en dégageant un hydrocarbure, l’acétylène et en laissant un résidu de chaux. Aussi doit-on le conserver dans un endroit sec et à l’abri de l’air. L’acétylène estumgaz incolore, d’odeur alliacée désagréable, à cause des impuretés qu’elle contient, ayant au contraire à l’état de pureté, un parfum suave. Elle brûle à l’air avec l’oxygène duquel elle peut former un mélange détonant.

C’est en construisant une lampe à acétylène, que Guinard eut l’idée de l’employer comme hémostatique. Le carbure, au contact de l’humidité d'une plaie, dégagerait l’acélylène qui devait avoir les mêmes propriétés qu’un autre hydrocarbure, le gaz d’éclairage. Or on avait constaté récemment la coagulation du sang des sujets asphyxiés par celui-ci.

11 1 essaya d abord sur un cancer utérin hémorragique récidivé, el, ayant obtenu une véritable résurrection, il en ht l’objet d’une communication à l’Académie de Médecine le 7 avril 1896.

Il avait, au début, enveloppé ses fragments de carbure, de colon hydrophile, pour empêcher l’action de la chaux ^ h c foimée, mais il remarqua ensuite qu’elle n’était pas un inconvénient, parce qu’en présence des liquides nécessaires à la îéaction, elle s éteignait aussitôt et qu’au contraire, elle

avait une action favorable contre les bourgeons cancéreux exubérants.

La grosseur des morceaux à employer varie du volume d’une noix à celui d’une noisette ou moins, suivant l’effet que 1 on veut obtenir. Contre les hémorragies el les pertes

fétides, les fragments les plus petits sont préférables ; la réaction est plus rapide et le gaz dégagé produit aussitôt tout son effet. Les bourgeons à réprimer seront mieux atteints par les gros morceaux qui agiront lentement, mais efficacement, non plus par l’acétylène, mais par la chaux dont l’action sera plus longtemps continuée. On avait aussi essayé la poudre, mais la décomposition est trop rapide, et l’on a du y renoncer.

Avant tout, on lave la vulve, puis le vagin, s’il s’agit d’un cancer utérin, l’ulcération, s’il s’agit d’un carcinome de la peau, avec du sublimé à 1 ou 2/1000, de l’eau boriquée ou du permanganate de potasse au 1/1000; on assèche soi-

gneusement avant d’appliquer le carbure. Pour l’utérus, on met le spéculum et l’on place les morceaux avec une pince; on doit y arriver du premier coup, sans quoi, le dégagement du gaz et le bouillonnement seraient très gênants pour une reprise. On en introduit ainsi un certain nombre. Ils produisent au contact des bourgeons, comme un bruit de friture, ou comme celui que l’on ferait en soufflant avec une paille dans une eau savonneuse épaisse.

L’hémorragie s’arrête instantanément et l’on bourre le

vagin de gaze simple ou iodoformée. Lucas-Championnière

propose de placer un tampon glycériné à la fourchette, pendant et après l’opération, pour éviter l’écoulement sur les grandes lèvres et la face interne des cuisses, du liquide irritant chargé des résidus de la réaction et qui a parfois donné lieu à de lerytlième ou même à des phlyctènes.

A la suite du pansement, les malades ressentent une légère sensation de brûlure, qui disparait au bout de deux

heures, en même temps que les douleurs s’atténuent, ce qui fut pour Guinard un résultat inattendu.

Si l’hémorragie ou l’écoulement fétide recommençait, on ferait aussitôt une nouvelle application de carbure qui, elle, est en général définitivement efficace.

Le pansement est retiré au bout de trois ou quatre jours; on fait un copieux lavage antiseptique et l’on détache, avec un stylet mousse, les débris qui peuvent rester adhérents aux bourgeons d’ailleurs flétris, dont les plus saillants

tombent d’eux-mêmes. Ils sont sans doute atteints spécia-

lernent par l’action corrosive de la chaux à l’état naissant, qui semble sans action sur les tissus sains, en même temps que l’acétylène les asphyxierait en quelque sorte et les mettrait en état de moindre résistance. La muqueuse du vagin est à peine pâlie, les culs de sac sont lisses, recouverts d’une mince membrane uniformément grisâtre.

On recommence les séances, tous les trois ou quatre jours, pendant un mois, puis on peut les espacer de trois à six semaines ou plus, selon les cas.

Les pansements de carcinome du sein et de toutes les tumeurs qui relèvent de la méthode se font d’une façon analogue.

Les accidents ont été jusqu’ici insignifiants : l’emploi de morceaux de carbure trop gros, a donné lieu à des douleurs assez vives et à de la diarrhée, d’ailleurs aussitôt arrêtée, peut être due à un simple réflexe nerveux, plutôt qu’à une intoxication. Un morceau en forme de crayon ayant été placé dans le col et sans doute un tamponnement trop serré ont amené la pénétration d’acétylène dans la

cavité péritonéale par l’utérus et les trompes ; quelques heures après, tout rentrait dans l’ordre, et les urines présentaient une odeur caractéristique. Enfin, un spéculum a

été projeté brusquement au dehors par le dégagement tiop abondant et trop rapide d’acétylène, dans un vagin insuffisamment asséché h

La méthode n’a que la prétention de pallier les inconvénients des cancers inopérables : hémorragie, écoulements fétides et douleurs, sans espérer la guérison. Le résultat a été merveilleux pour les suintements infects et l’on a vu un carcinome du sein, qui nécessitait jusqu à dix pansements par jour, se dessécher au point de n êtie plus pansé que to^is les cinq ou six jours, tandis qu il se foi niait une large excavation aux dépens des bourgeons cancéreux et qu’au bout d’un temps relativement court, le grand pectoral à nu, était recouvert d’une mince pellicule grisâtre abritant des tissus cruentés et de bon aspect. Il n’y a donc pas qu’une action simplement palliative, mais aussi une certaine action curative 1 2.

L’odeur des sanies disparaît réellement, comme l’écoulement qui la produit et ce n’est pas celle de 1 acétylène pénétrante, mais plus supportable, qui la masque, comme on l’a dit, sauf pendant les premiers pansements.

Enfin, c’est un hémostatique sûr 3, mais les douleurs sont moins régulièrement modifiées ; presque toujours

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