‹ Du traitement des cancersChapitre 19 sur 36 · Livet, G., Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Livet, G., Thèse de Paris

atténuées cependant, elles disparaissent quelquefois tout à fait.

Couleurs d'aniline. (Méthode de von Mosetig-Moorhof). — Le bleu de méthylène fut découvert par un savant français, Lauth, en 1876. Sa formule est C32H18Az4 S2 ; c’est la tétraméthylthionine, dérivée du violet obtenu par Lauth en faisant agir l’hydrogène sulfuré sur la paraphényldiamine L

On le trouve généralement pur dans le commerce, ou à peine mélangé de dextrine et de sel marin. En tous cas, pour le purifier, il suffit de le faire dissoudre dans l’eau

chaude et de faire cristalliser.

C’est une poudre brunâtre, insipide, de faible £ensité, peu soluble dans l’alcool et dans la glycérine et dont cinq parties peuvent se dissoudre dans trois parties d’eau. La solution aqueuse est d’un bleu intense.

Il fit sa première apparition à l’exposition en 1878 et fut aussitôt accepté comme réactif histo-chimique.

Elïrlicli, en 1886, le voyant se fixer sur les extrémités nerveuses périphériques de la grenouille vivante, voulut en faire un analgésique et avec Guttmann, l’employa contre la malaria, dont il fait peut-être disparaître les hématozoaires, en colorant leurs noyaux, dans les cas bénins.

Dissous dans un bouillon de culture, selon sa quantité, il atténue ou détruit la virulence de la bactérie charbonneuse, du gonocoque et du staphylocoque doré.

Les noyaux des cellules ont au plus haut point, la

l. Marbot, A., Du bleu de 'méthylène en Thérap. (Thèse Paris, 1892).

propriété de fixer les couleurs d’aniline et ceux des éléments cellulaires pathogènes offrent encore moins de résistance à la pénétration que ceux des éléments normaux.

On savait déjà que le bleu de méthylène colorait le cylindre axe vivant, Mosetig pensa qu’il pourrait détruire chimiquement les éléments cancéreux, en tuant le noyau, centre d’activité de la cellule, tout en ménageant les éléments sains qui les avoisinent.

Moorhof fit ses premières expériences en 1883, à l’hôpital de Vienne, mais, malgré les résultats locaux obtenus dès ce moment, il dut abandonner sa méthode, à cause de phénomènes graves d’intoxication : cyanose, vomissements, respiration de Cheyne-Hockes, dûs à la mauvaise préparation du produit.

En 1890, parut la nouvelle préparation de Merck, du pyoctanin, bleu, violet ou jaune de méthyle, chaudement recommandé par Stilling comme antiseptique et très employé à ce moment en oculistique, où nous l’avons vu donner d’excellents résultats, surtout contre les ulcères de la cornée.

Mosetig-Moorliof reprend aussitôt ses expériences et publie en 1891 ses premiers résultats b Le 13 mars de l’année suivante, il fait avec Billroth une secqnde communication à la Société des médecins de Vienne -.

Il employa d’abord le violet de méthylène, puis le bleu

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