HISTORIQUE
Gomme pour toutes les maladies contre lesquelles la médecine est impuissante, les médicaments les plus divers ont été employés ou plutôt essayés. Nous ne comptons pas faire ici un véritable historique de la question, historique qui viendra plus naturellement avec chacun des traitements usités, mais un simple exposé d’anciennes méthodes dont la plupart sont tombées dans l’oubli, dont d’autres en ont été tirées pour être opposées à des tentatives nouvelles.
Pour commencer, il ne faut pas oublier la ciguë, préconisée par Stocke, Devay, Guillermont et qui a joui jadis d’une grande vogue, recommandée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, sous les formes les plus variées : emplâtre, poudre, infusion, extrait, suc, qui fut donné depuis 0,05 centigrammes, jusqu’à la dose de 6 et 8 grammes. Mais ce n’était guère qu’un calmant qui n’a pu survivre à la belladone, l’aconit, l’opium, la douce-amère et autres narcotiques.
Les alcalins, les mercuriaux, les arsenicaux, les sels les plus divers, des extraits végétaux furent administrés : carbonate de chaux, acide arsénieux avec Lefebvre,
Justomond, Hell, l’iodure d’arsenic, qui aurait donné à Walshe un succès contre un cancer du sein, les sels de cuivre : acétate de cuivre, base des pilules de Gausset et de Gerbier, la liqueur muriato-ammoniacale employée par Kœchlin, le chlorhydrate de cuivre, décoction de Litteman, vantée par Rust ; les sels de fer utilisés par Carmichaël, l’eucalyptus, le trèfle rouge, la teinture de thuya, un produit térébenthiné, le chian turpentine proposé par le professeur Clay de Birmingham ] , l’huile de foie de morue, conseillée, sans succès d’ailleurs, par DufFenbacli pour prévenir les récidives opératoires, les antiphlogistiques de Valsalva et Fearon, la diète aqueuse absolue de Pouteau et Lambe.
Les traitements locaux ne sont pas moins nombreux et, outre l’exérèse, le fer rouge et les caustiques, on voit Lisfranc essayer les émissions sanguines locales, la compression tentée par Young en Angleterre, que Bell fit abandonner et qui fut reprise, en 1825, par Récamier en France et Arnott, la galvanisation et les moyens qui s’appliquèrent à produire la nécrose et l’escharification de la tumeur, par le manque ou l’insuffisance de la nutrition, la congélation, la section des nerfs et la ligature des artères, essayée par Colas en 1814, pratiquée ensuite par Maunoir et Travers, idée de Béclard d’après Farabœuf1 2, mais dont on trouve déjà des traces au dixseptième siècle 3. Elle fut reprise par Mirault, d’Angers,