OBSERVATIONS
OBSERVATION I (Inédite) (Due à l'obligeance de M. le professeur Imbert)
Ostéite traumatique
M... R..,49 ans, mineur, entre à l'Hôtel-Dieu le 30 septembre 1908 pour une tuméfaction douloureuse de la face antéro-interne du tibia gauche, à l'union du tiers moyen avec le tiers inférieur.
Ce malade n'accuse aucun antécédent morbide. Le début de cette affection remonte au 17 septembre 1908. Il nous raconte avoir reçu un coup violent sur la jambe gauche: il en est résulté une plaie contuse extrêmement douloureuse qui a été soignée une dizaine de jours par des pansements antiseptiques.
Voyant que sa plaie ne guérissait pas, qu'elle suppurait et qu'elle devenait de plus en plus douloureuse, cet ouvrier se
décida à entrer à l'hôpital. On fit la radiographie de la jambe gauche qui permit de constater un certain degré de raréfaction de l'os à ce niveau.
Le 8 janvier 1909, M. le professeur Imbert, voyant que tous les moyens mis en œuvre pour obtenir la cicatrisation de cette plaie avaient échoué (pansements iodoformés, injections sclérosantes au chlorure de zinc, injections d’eau oxygénée, etc.), se décide à pratiquer le plombage osseux par la méthode de Mosetig.
Incision en U pratiquée sur la face antérieure du tibia en peau saine. Large dénudation de l'os à la rugine et au ciseau ; on obtient ainsi une cavité de la grosseur d'une noix ; désinfection de la cavité au chlorure de zinc au 1/10; assèchement et stérilisation par l'air chaud. La cavité est comblée par le mélange de Mosetig. On fait un surjet sous-cutanéo-périosté et par-dessus on suture la peau sans drainage.
Premier pansement, le 16 janvier ; on enlève les fils, pas de suppuration, mais le malade se plaint de légères douleurs à l'endroit du plombage.
Le 27 janvier le malade sort complètement guéri, marchant
aisément et n'éprouvant aucune souffrance.