OBSERVATION IV
(Due à l’obligeance de M. le professeur Aubert)
Ostéomyélite du tibia
V... M... 14 ans. En avril 1908, présente une poussée d'ostéomyélité aiguë au niveau de la zone juxta-épiphysaire inférieure du tibia. Ouverture spontanée au bout de quelques jours. Fistulisation consécutive. .
L'enfant est reçu au pavillon Vidal, à la Conception, dans la clinique chirurgicale infantile, en novembre 1908. La partie inférieure de la jambe est déformée par une tumeur, qui fait bomber sa face antérieure ; au niveau de cette saillie trois trajets fistuleux conduisent sur un os dénudé. La radiographie montre une zone claire à cet endroit. Ostéite raréfiante autour d’un séquestre emprisonné sous des productions périostiques. L’articulation tibio-tarsienne est indemne. Etat général bon.
Antécédents. — Enfant de l'Assistance. Paludisme à 11 ans.
Le 3 décembre 1908, incision longitudinale de dix centimè-
tres sur le milieu de la voussure. On fait sauter au ciseau
l'os dans lequel au milieu de fongosités on trouve trois petits séquestres en lamelle; la cavité est nettoyée et curettée jusqu'au tissu osseux apparemment sain; on creuse ainsi une cavité du volume d'une grosse noisette, dont une partie au moins est formée par le canal médullaire; elle est au fond d'un puits osseux dont les parois sont régularisés et l'orifice agrandi au ciseau et au maillet.
Tamponnement avec une gaze saupoudrée d'iodoforme.
Le pansement fortement traversé par du sang et de la sérosité est laissé en place une semaine. Des circonstances extramédicales nous ont empêché de procéder à l'obturation comme nous aurions voulu le faire au quatrième jour.
C'est donc le huitième jour après la première opération que nous enlevons le pansement. Il n'y a pas eu d'élévation de température. Il n'y a pas de pus ; la surface osseuse est déjà rouge. Après avoir asséché, la cavité est comblée en tassant le mélange Mosetig à la compresse.
Je n'ai de difficulté que pour faire rapprocher la peau qui a été fortement écartée par le pansement et la première intervention. On ne pouvait la ramener facilement qu'en la décollant, ce qui aurait occasionné une hémorragie. J'obtins cependant l’accolement en rapprochant ses bords avec des crins de Florence doubles. Il est évident qu'ils couperont.
C'est, en effet, ce qui s’est produit ; la plaie est assez large, il y a une certaine sécrétion, mais elle provient uniquement des bords de la peau ; la masse iodoformée se trouve au milieu de la plaie, quelques grumeaux s’en détachent.
L'évolution a ainsi continué simplement jusqu'à cicatrisation, la peau s'est rapprochée par-dessus le mastic, l'englobant et l'enfermant secondairement dans les tissus sans qu'à aucun moment il n'y ait eu pour ainsi dire suppuration. Aucune
douleur : pansements très rares extrêmement simples qui ont
; consisté dans le nettoyage des bords de l'incision souillés par une sérosité brunâtre.
Actuellement la cicatrisation est complète. Elle a été certainement retardée par une rougeole assez sérieuse contractée dans le service. La radiographie montre que le mélange
n'a pas encore été résorbé en entier.