‹ Du traitement des cavités osseuses par le mélange de MosetigChapitre 13 sur 20 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Inédite)

(Due à l’obligeance de M. le professeur Imbert)

Ostéomyélite chronique de la jambe droite

Saada Ali, 22 ans, chauffeur, se présente à l'Hôtel-Dieu le . 27 octobre 1908, porteur d'une large plaie ulcéreuse et sphacélée de la dimension de la paume de la main, occupant toute la partie antérieure de la jambe droite au niveau de sa partie moyenne.

Au centre de la plaie se trouvent des bourgeons sanieux

putrides, dégageant une odeur nauséabonde. À l'examen avec

MAO le stylet on arrive sur l'os dénudé et nécrosé. Le tibia est dénudé sur une étendue grande comme une pièce de 2 francs.

Le 29 octobre, M. Masini excise les parties sphacélées à la curette. En débridant des lambeaux cutanés on arrive à mobiliser un énorme séquestre qui est extirpé et une grande partie de la région moyenne du tibia est ainsi enlevée. Le canal médullaire est à découvert, on complète à la curette le grattage de l'os, du canal médullaire et des parties molles.

Se trouvant en présence d'une si grande cavité osseuse très infectée, Masini renonce à pratiquer le plombage en cette séance ; il se contente de faire une toilette aussi soignée que possible de la cavité et de panser à l’iodoforme, laissant la plaie largement ouverte.

Des pansements à l'iodoforme furent faits par la suite tous les deux jours. La plaie a suppuré abondamment.

Le 8 janvier 1909, la suppuration étant presque complètement tarie, les bords de la plaie présentent des bourgeons de bonne apparence. Masini pratique le plombage osseux après avoir fait l’assèchement et la cautérisation à l'air chaud. Les bords de la plaie ont pu être réunis complètement en un seul plan.

Le 16 janvier, on fait le premier pansement: les deux extré-

mités de la suture se sont réunies par primam, mais les sututures médianes n'ont pas tenu et l’on constate une ulcération par laquelle s'échappe une partie du mélange. . Les jours suivants, à chaque pansement on constate que la plaie ne tend pas à se fermer, aussi le 3 février on pratique des greffes d'Ollier-Thierch après avoir gratté à la curette les bourgeons de la plaie. Les greffes ont bien tenu; mais au centre persiste une petite fistule par laquelle s'échappe une certaine quantité de mélange.

Le 28 février, le malade quitte l'hôpital à peu près complè-

ment guéri.

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