‹ Du traitement des cavités osseuses par le mélange de MosetigChapitre 6 sur 20 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

TECHNIQUE DE MOSETIG

Mosetig-Moorhof emploie le mélange suivant :

TOLOLO LINE TOR EE 60 parties

Huile de Sésame: AU =

Blanc de baleine........ AO Préparation du mélange. — Dans un ballon en verre

stérilisé on introduit l'huile de sésame et le blanc de baleine ; on porte ces deux substances au bain-marie à la température de 80°; elles se mélangent alors et forment un liquide homogène ; on continue ensuite à chauffer et on ajoute petit à petit et en agitant à mesure de la poudre d'iodoforme. Lorsque le mélange est bien consüitué, on retire le ballon du feu et on laisse refroidir tout en continuant à agiter. On bouche le récipient avec du coton hydrophile stérilisé. Abandonné à lui-même, ce mélange se solidilie et lorsqu'on veut s’en servir on n’a

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qu'à le chauffer de nouveau au bain-marie. Il est recommandé de ne jamais dépasser la température de 100”, car en chauffant au-dessus l’iode se dégage à l’état libre.

Préparalion du malade. — On commence à préparer le malade quatre jours avant l'opération : bains locaux savonneux suivis de lavages à l'eau chaude, pansements humides à l’eau stérilisée. Le jour de l'opération on fait un brossage soigné de la région, on lave à l'alcool, à l’éther et au sublimé.

Asepste de la cavité. — L'os sera abordé par des incisions en peau saine ; avec la curette ou le ciseau on enlève le séquestre, puis on aborde au ciseau et à la fraise sur-tout les parties malades ou suspectes jusqu’à ce qu'on se trouve en présence d'un os sain. On ne craindra pas de creuser une grande cavité, car de l’avis de Mosetig il vaut mieux pécher par excès que par défaut. Ecouvillonnage au

hlorure de zinc solution concentrée.

Assèchement de la cavilé.— Pour que le mélange pénètre intimement dans tous les interstices et les canalicules osseux, il faut procéder au séchage aussi complet que possible de la cavité. Pour les petites cavités 11 suffit d'éponger avec des tampons stérilisés. Mais pour les grandes cavités il faut avoir recours au séchage à l'air chaud ou à l'air froid, ou employer la trompe à eau aspi- .rante et foulante.

L'air chaud s'obtient en faisant passer au moyen d'une soufflerie l'air sur un fil de platine porté au rouge blanc. Pour obtenir un courant d'air froid sec et stérilisé on fait passer de l'air froid successivement dans deux flacons

de Wolf, l'un contenant de la formaline à 1/10 destiné à è

détruire les microorganismes, l’autre du chlorure de calcium pour le dessécher. L'air froid ainsi obtenu sec et stérilisé est dirigé au moyen d’un caoutchouc aseptique dans la cavité.

On peut aussi réaliser l'assèchement par la trompe à eau foulante et aspirante. Une grosse canule est montée sur le tuyau d'aspiration et portée dans la cavité; on aspire les liquides, et les suintements osseux si rebelles sont complètement taris en deux minutes.

Hémostase. — Une bonne hémostase est absolument indispensable et peut être obtenue, s'il s’agit d’une intervention sur un membre, par l'emploi de la bande d’Esmarch, où mieux la bande de Delhomme. Mais la bande n'arrête que les pelites hémorragies artérielles ; s'il s'agit de suintement sanguin d'origine veineuse, le tamponnement temporaire à la gaze est absolument indispensable. Si l'hémorragie est persistante on tamponnera à l’eau oxygénée ou avec une solution d’adrénaline, ee qui nous semble préférable. Il faudra alors dans ce cas recommencer leséchagze de la cavité, et l'on coulera immédiatement après le mélange de Mosetig.

Coulage. — Une grande précaution que recommande Mosetig, c'est de couler lentement, de bien presser avec une spatule où une gaze de façon à chasser les bulles d'air qui peuvent être emprisonnées dans la cavité. Il faudra remplir complètement cette cavité, de façon à ne pas laisser de rainures entre le mélange et les bords de l'os. Le mélange se solidifie au bout de 2 ou 3 minutes.

Il est nécessaire de répandre une petite quantité de mastic sur les parties molles voisines.

Réunion des parties molles. — Une fois le coulage terminé, il faudra procéder à une hémostase très minutieuse des lambeaux de la plaie. Mosetig a conseillé de tailler le lambeau cutané en forme d’are, de façon que la ligne de suture du périoste ne corresponde à celle de la peau. Il ne faut pas mettre de drain, ou si l’on en met un pelit il faudra le placer dans les parties molles avant de couler le mélange, en le faisant sortir en dehors de la plaie au moyen d'une incison de décharge.

On enlève finalement la bande d'Esmarch, on fait un pansement à l'iodoforme et on immobilise autant que possible par un appareil plaätré.

Cas où le plombage doit étre fait secondairement. — Mosetig procède dans la même séance à la stérilisation, à l'assèchement, à l’hémostase et au coulage du mélange dans la cavité. « Une fois la cavité préparée, il faut plomber de suite ou pas du tout», dit-il. Mais un grand nombre de chirurgiens préfèrent, dans certains cas de cavités trop vastes et trop infectées, procéder en deux temps.

Fantino et Valan avaient déjà préconisé cette technique dans leur plombage à base d'iodoforme et de thymol. Ils exécutaient d’abord le premier temps de opération, c’est-à-dire la préparation de la cavité, puis ils la laissaient bourrée de gaze stérilisée pendant trois où quatre jours.

Ils procédaient tous les jours à l'examen bactériologique du liquide sécrété par la cavité, el lorsqu'ils constataient son asepsie parfaite ils faisaient le 4° jour en moyenne le plombage suivi de fermeture complète de la plaie.

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On obtient ainsi une première division entre le plombage osseux immédiat el le plombage retardé secondaire.

Les malades de nos observations IT et IV ont avantageusement bénéficié de cette dernière méthode.

En un mot, bénéticieront de cette méthode les cas qui s'accompagnent de lésions des parties molles, de température élevée et de suppurations très abondantes.

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