REPROCHES ADRESSÉS AU BLEU DE MÉTHYLÈNE
Dès l’apparition en thérapeutique du bleu de méthylène on à fait à ce médicament de nombreux reproches plus ou moins fondés et résumés ainsi par M. Galliard à la Société de Biologie de 1891.
Le bleu de méthylène, a-t-il dit,n’est pas un médicament moffensif.
Administré par la voie gastrique il peut déterminer des malaises, nausées, certaines sensations pénibles et provoquer même une albuminurie transitoire.
D’un autre coté, M. Laveran a nié d’une façon formelle l'efficacité du bleu:
« On a préconisé, dit-il, Les injections de bleu de méthylène pour combattre les accidents du paludisme, J’ai injecté cette substance à des pigeons à la dose de 2 centigrammes et j'ai constaté qu'après ces injections les hématozoaires contenus dans le sang de ces animaux n'étaient nullement modifiés. On sait cependant que les hématozoaires des oiseaux sont très voisins de ceux de l’homme. J'ai expérimenté aussi le bleu de méthylène sur 9 malades atteints de fièvre palustre, le résultat a été absolument négatif. La conclusion de ces recherches est donc que le bleu n’a aucune action sur l’hématozoaire du
paludisme,
en lys
Je dois dire toutefois que cette substance même à doses élevées ne détermine aucune action secondaire fâcheuse ».
D’autres auteurs ont fait au bleu le grave reproche de déterminer de l’albuminurie et d’engendrer des lésions rénales. M. Rendu a même ajouté qu'il avait observé de l’anurie et des accidents cérébraux assez inquiétants chez un diabétique auquel il avait fait ingérer 8 centigrammes de bleu.
Que faut-il penser de l'exactitude de ces reproches ?
Remarquons d’abord que seul entre tous les nombreux expérimentateurs cités dans ce travail, M. Laveran a nié l'efficacité du bleu de méthylène sur l’hématozoaire du paludisme. Les résultats déjà cités et les observations qui suivent démontreront mieux que n'importe quelle discussion les effets incontestables et efficaces du bleu.
Quant aux autres reproches, troubles gastriques, nausées, albuminurie; ils proviennent sans doute de ce que lon n’administrait pas du bleu de méthylène parfaitement et cliniquement pur. On sait en effet que quelquefois le bleu de méthylène contient du chlorure de zinc et c’est sur le compte de ces impuretés qu'il faut mettre lesrares accidents observés.
Loin de produire de l’albuminurie, le bleu diminue ce symptôme quand il existe et il a même servi à traiter avec succès un cas intense de mal de Bright.
Aussi nous croyons que le reproche qu’on a fait au bleu de causer de l’albuminurie provient de ce que l’on a analysé les urines seulement après l’administration du bleu ; mais qui prouve dans ce cas que l’albumine n’exis-
tait pas avant l’absorption du médicament ?