DU BLEU DE MÉTHYLÈNE *:DANS L’IMPALUDISME INFANTILE
Il est à remarquer que chez les enfants les affections paludéennes revêtent souvent des formes graves et surtout opiniâtres.
Il semble que l’intoxication malarienne s’acharne sur ces petits êtres d’une façon sérieuse et dans bien des cas la quinine reste inefficace contre la virulence de ces accès. En admettant même que ce médicament puisse produire des effets favorables dans l’impaludisme infantile, il faut bien reconnaître qu'on éprouve souvent une difficulté inouie à l’administrer. L’amertume accentuée de la quinine en fait un objet de répulsion pour les bébés, que l’estomac d’ailleurs se refuse à tolérer. Si on ajoute à cette répugnance invincible, la résistance des parents tenant à des préjugés fondés sur des inconvénients imaginaires du médicament on verra pourquoi il est nécessaire de rechercher un autre agent qui puisse prendre la place de la quinine et porter aux petits malades une aide efficace et complète. |
Les résultats obtenus à ce point de vue par l’emploi du bleu de méthylène ont été encourageants.
L’insipidité du médicament en rend lusage chez les
enfants infiniment plus facile que celui de [a quinine. Les
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malades le prennent sans répugnance d’autant plus qu'i n’occasionne jamais ni diarrhée, ni albuminurie et qu’il est très bien toléré. Le D° Moncorvo de Rio-Janeiro où l'impaludisme constitue la grande endémie à laquelle l'enfance paye journellement un lourd tribut a pu mettre à l'essai l'efficacité admirable du bleu comme nous le démontrons par quelques observations détaillées de ce praticien,
Voici d’ailleurs en quels termes M, Moncorvo résume ses {ravaux :
« Après divers expérimentateurs,en particulier Ehrlich et Guttmann j'ai employé le bleu de méthylène pur chez 36 enfants de 23 jours à 14 ans.
J’ai obtenu 23 quérisons complètes et 3 améliorations ; les 10 autres cas n’ont pas fourni de résultats bien probants en raison de l’irréqularité et de l'interruption du traitement. Dans les cas de guérison, la fièvre disparaît entre 24 heures et quelques jours selon la gravité. Le médicament a toujours été bien toléré ; jamais de diarrhée, d’albuminurie.
En résumé et comme le témoignent les observations relatées à la fin de notre travail on voit que chez les - enfants sous l'influence du bleu de méthylène, tous les phénomènes morbides liés à Pintoxication paludéenne ont disparu d’une façon relativement prompte. Ces phénomènes malariens très accentués et de plus enracinés sur un organisme très affaibli, mauvais terrain s'il en est, pour résister à l'influence lente, constante et prolongée
du germe palustre, se sont dissipés sous l’action du nouveau médicament.