OBSERVATION I
(Cameron, 1877, British med. Journ., 3 nov. 1883.)
Déchirure du cal fibreux, traité sans résultat par les procédés Jordinaires.
Le 29 octobre 1876, le Dr Cameron reçut, à l’infirmerie de Glascow, un homme qui avait une fracture transversale de la rotule, Il letraita par la méthode ordinaire et le renvoya au bout de huit semaines avec un faible écartement et une solide union fibreuse; quelques jours plus tard, le 8 janvier 1877, il revint à l'hôpital, avec
une déchirure de son cal fibreux produite par de brusques mouvements exécutés pendant qu'il était ivre. Les fragments étaient largement écartés, le Dr Cameron le traita de nouveau pendant huit semaines, mais, voyant qu’il n'avait obtenu aucun résultat, ilise décida à faire la suture.
5 mars. Incision longitudinale sur la face antérieure de l’articulation ; on trouve des fragments de volume à peu près égal, unis par une bande fibreuse d'environ un pouce. Elle s’insérait sur les surfaces fracturées et sur deux petites saillies osseuses qui se trouvaient sur chacune de ces surfaces. ,Ce lieu fibreux fut enlevé, on aviva les bords amincis des fragments, qui furent rapprochés et maintenus à l’aide de deux solides fils d'argent, dont on laissa sortir les extrémités entre les lèvres de la plaie. Le malade guérit sans suppuration, nifièvre. On n'obtint pas de réunion osseuse à cause du peu d'épaisseur des surfaces amincies par la résorption. Cependant le malade quitta l'hôpital avecun membre qui pouvait lui rendre des services,
M. le D' Cameron a eu l’obligeance de nous envoyer la figure que nous reproduisons ici et la note suivante, que nous nous empressons
de publier : « Lorsqu'un os long a été briséet que les fragments restent désunis, il est bien reconnu que leurs extrémités subissent
CE
une altération considérable, par résorption. Non seulement toutes les aspérités des surfaces disparaissent, mais les extrémités des fragments se raccourcissent et s’effilent. La différence que l'on trouve entre une fracture récente et une fracture vieille de plusieurs mois est la même que celle que nous avons entre un crayon neuf et un crayon taillé, Comme le montre cette figure, c'est une altétération de ce genre que l’on voit sur les fragments de cette rotule. Non seulement toutes les irrégularités des surfaces ont disparu, mais les angles des fragments étaient résorbés, ce qui diminuait beaucoup leur grosseur. La seule production osseuse qu’on leur voyait était, sur chaque fragment, deux saillies osseuses donnant attache au cal fibreux. Il est évident qu'il y avait eu tendance à une union osseuse entre ces points qui tendaient à se rejoindre à travers l'intervalle, sans avoir pu arriver à s’affronter, Si j’avais pratiqué l'avivement sur toute la largeur des fragments pour souder leurs surfaces correspondantes, j'aurais trouvé de la difficulté pour les rapprocher. Je me contentai donc d’enlever les saillies osseuses dont il a été question, et de réunir ces surfaces un peu étroites (les pointillés représentent la marche de l'instrument tranchant), Après la réunion des fragments, par suite de la résorption de leurs angles, la rotule avait la forme d’un sablier. Les fragments n’étaient pas en contact d’un bout à l’autre de la largeur de l'os primitif.
« Cette observation montre de nouveau ce fait clinique important : quesi une courte union fibreuse laisse un membre très serviable, elle diffère toujours d'une consolidation osseuse, non seulement parce qu'elle peut être tendue et s’allonger, mais encore parce qu’elle peut être transversalement déchirée par une contraction musculaire, sans qu'il y ait ni chute, ni traumatisme. « Et nos statistiques d'hôpital nous montrent que ces faits se reproduisent dans une très large proportion pendant des mouvements violents et inconsidérés de l’ivresse.»