‹ Du Traitement Des Fractures Transversales De La RotuleChapitre 20 sur 33 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

(Lucas-Championnière, 1883, inédite.)

Fracture sur laquelle trois mois de traitement ordinaire n'ont rien produit.

Le 17 juin 1883. Albert R..., charretier, âgé de 48 ans, reçut, sur le genou gauche, une pierre tombant d'un mur.

Le 20 juin, il est admis à l'hôpital Tenon, salle Velpeau; on constate une fracture transversale de la rotule, le membre est aussitôt immobilisé à l’aide d'une gouttière, puis application d'un vésicatoire lorsque l'inflammation a disparu.

Le 23 septembre, on constate une consolidation fibreuse avec écartement énorme, on peut placer toute la main entre les fragments. La marche est impossible, il n'existe aucun lien fibreux puissant; le malade ne progresse qu’en trainant sa jambe en arrière, il ne peut soulever son talon du lit.

Bon état général.

Le 26, après avoir pris toutes les précautions antiseptiques, lavage, dans une solution phéniquée, des instruments et des mains; lavage à l’eau de panama et à l'eau phéniquée à 1/20 de la peau de la région ; on chloroformise le malade et on ouvre le pulvérisateur-

M. Lucas-Championnière fait une incision semi-circulaire au devant du genou, à convexité inférieure, semblable à celle de la résection. Puis, relevant le lambeau, il dégage de ses parties molles le bord inférieur du fragment supérieur. Après lavoir achevé de l'isvler de fausses membranes épaissies qui étaient placées au devant de l'articulation, il avive tout ce bord inférieur de la rotule, avec une sorte de trichoise et une pince-gouge de Roux. A l'aide du drill, on passe à travers l'os et le cartilage trois fils que l'on éloigne le plus possible du bord libre. Pour faire les trous, M. Lucas-Championnière eut l’idée de placer en arrière de la rotule des lames souples de cuivre rouge, ce qui lui facilita beaucoup ce temps opératoire et préserva l'articulation contre la pointe de la mèche,

L'opération fut conduite de la même manière sur le fragment inférieur, mais il était beaucoup plus petit et il fut beaucoup plus difficile à dégager, Il fallut l’aviver avec la gouge qui était un peu trop étroite et qui avait de la tendance à faire des dentelures. Ce

rafraichissement avait surtout porté sur la surface osseuse, l'avivement du cartilage fut fait au bistouri. On perce alors dans le fragment inférieur des trous correspondants à ceux du fragment supérieur, et on passe les fils. Avant de rapprocher les fragments, on résèque encore une partie des fausses membranes épaissies qui encombrent la région antérieure du genou, et l’articulation fut lavée avec une solution phéniquée au 1/20.

Pour rapprocher les fragments, on serre d’abord le fil médian, puis les deux latéraux, on les coupe assez court et on prend le soin de les courber, de façon à ce que leurs chefs, qui devaient être entièrement recouverts par le lambeau,ne fussent point douloureux sousla peau du genou. Cet affrontement des fragments qui fut très difficile et obligea à des tractions vigoureuses, n'était pas parfait, non pas qu’il y eût le moindre intervalle entre les fragments, mais quelques petites irrégularités des surfaces fracturées empêchaient le contact parfait de ces surfaces. Le lambeau rabattu fut fixé par une série de sutures au crin de Florence ; pour tout drainage on mit aux deux angles de la plaie deux tubes rigides de M. Lucas-Championnière,. Le malade était mal endormi; néanmoins l’opération ne dura pas plus de quarante minutes et ne fut pas très laborieuse, La plaie fut protégée par un pansement antiseptique et le membre immobilisé dans une gouttière en fil de fer garnie de ouate. Température le soir de l’opération 37,8.

Le lendemain, 27, beaucoup d'écoulement ; la gouttière est largement techée de sang (on n’avait fait aucune ligature), le pansement fortement imbibé de liquide, le drainage était parfait. Pas de douleur à la pression, bien que le malade ait souffert assez vivement, ce qui paraît avoir tenu plus à la position du membre dans l’extension qu’à l’opération elle-même. T,M.37,6, T. S. 37,2.

Le 28, nouveau pansement, le tube interne, bien que perméable, n’a rien donné ; il est supprimé, on laisse le tube externe. L'écoulement est faible, on en détermine un peu en pressant sur l'articulation; ni douleur, ni fièvre.

17 octobre, 3° pansement, même état; à peine d'écoulement ; on supprime le 2° tube, et on enlève la moitié des points de suture; ni douleur, ni fièvre,

Le 5. Ablation des cinq autres fils de suture ; réunion parfaite de le plaie. En arrière et en dehors, au niveau de la partie déclive dela plaie, se trouve une excoriation due à l'acide phénique, en ce point

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