‹ Du Traitement des Furoncles du Conduit AuditifChapitre 12 sur 16 · E. — TRAITEMENT DES ACCIDENTS CONSÉCUTIFS ET DES COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

E. — TRAITEMENT DES ACCIDENTS CONSÉCUTIFS ET DES COMPLICATIONS

: Nous venons d'étudier les méthodes de traitement appli- : cables au furoncle pris à sa période d'évolution. Mais il n’est pas rare que la durée de cette affection soit prolongée, soit par la persistance d’une sécrétion tenace, soit par la formation de petits ulcères chroniques ou de granulations.

a. — Lorsque, la pêriode aiguë passée, la sécrétion persiste, on commencera par nettoyer le conduit, soit à sec à l’aide de tampons d’ouate aseptique, soit par une injection suivie d’un assèchement soigneux. Le conduit bien nettoyé, on y insufflera une petite quantitè d’acide borique et l’on fermera le conduit avec un tampon. Quelquefois une seule insufflation suffit ; mais il est plus habituel qu’on soit obligé d’en faire plusieurs. Il sera indiquè de refaire le pansement tel que nous venons de le décrire quand le tampon sera humide. Dans certains cas particulièrement rebelles, les insufflations boriquées échouent. Politzer utilise alors avec avantage les bains d'alcool iodolè à 5 0/0. Ou mieux la solution suivante :

St

Bichlorure de mercure. . . 0 gr, 05 centigr.

Alcool & 909, ,.,,, 4. 50 gr,

b. — Les wlcérations chroniques seront badigeonnèées à l’eau de Goulard, à la teinture d'iode ou à la solution forte de nitrate d'argent.

ce. — Les granulations qui se développent souvent sur ces ulcérations peuvent être l’occasion de stagnation du pus, de complications dans la caisse, d’atrèsies ultérieures du conduit (Politzer). 11 faut donc en débarrasser le malade aussitôt que possible. Si elles sont petites et récentes on les touchera au crayon de nitrate d'argent, ou à l’acide chromique. Si elles sont plus volumineuses le serre-nœud sera quelquefois nécessaire. ;

Lorsque le malade est guéri de son furoncle, on a souvent à traiter certains accidents qui, négligès, pourraient devenir l’occasion de récidives.

C’est d’abord une sécheresse du conduit, accompagnée de prurit, que laissent souvent après eux les furoncles de l'oreille. Pour y remédier on enduit légérement la peau du conduit avec la pommade suivante :

Précipité blanc....,..,.... 0 gr. 50 centigr. Vaseline blanche...,....., 15 grammes.

En second lieu, il arrive souvent que la présence du furoncle et l’hyperhémie concomitante ont activé la sécrétion glandulaire et la desquamation épithéliale.

Le conduit est occupé par une masse plus ou moins volumineuse, mélange d’épithélium et de cérumen qu’on enlève à l'aide de quelques injections. Mais de lPavis de

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Trœltsch il ne faut pas prolonger ces injections, car elles pourraient à leur tour déterminer des récidives.

Au contraire, « la suppression de toute espèce detraitement suffit quelquefois pour faire cesser cette disposition aux abcès folliculaires ».

Une autre cause de récidive est la présence, à l’entrée du conduit, d’une petite plaque d’eczéma, qui passe souvent inaperçue, cachée qu’elle est par le spéculum. Nombre de récidives furonculeuses, qui se reproduisaient avec une ténacité désespérante, cessent immédiatement dès qu’on a découvert et guèri cette petite lésion si minime en apparence et qui était cause de tout le mal.

On traitera aussi les vieilles otorrhées, qui peuvent s’accompagner de furoncles ; mais, suivant Urbantschitsch, il faudrait se garder dans ce traitement d'employer certaines substances d’un usage très rationnel en apparence, très favorable à la caisse peut-être, mais très funeste au conduit. Je veux parler de l’iodoforme en poudre. Urbantschitsch a souvent remarqué en effet des poussées furonculeuses provoquées pâr ce médicament, poussées que ne produisaient ni l’huile iodoformée, ni l’alcool iodoformé, et qu’il attribue à l’obstruction des follicules pilo-sébacès par la poudre. Hartmann (de. Berlin) conseille, pour éviter les récidives, des instillations avec une solution de sublimé dans l’eau ou dans l’alcool (0 gr. 10 0/0). :

Quant aux traitements internes, tous sont plus ou moins infidèles. Seule la liqueur de Fowler était, sans grand enthousiasme du reste, recommandée dans ce but par Trœltsch.

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Les complications du furoncle du conduit sont rares. Celles qu'on a le plus souvent occasion de rencontrer sont des myringites ou des otites moyennes, lègères le plus généralement. Leur traitement n'offre rien de spécial.

Nous dirons quelques mots, au contraire, d’une complication très rare, il est vrai, mais très intéressante en ce sens qu'elle pourrait être l’occasion d’une erreur thérapeutique. C’est la formation d’un abcès mastoïdien le plus souvent sous-cutané.

Voici, telle que la rapporte M. Lermoyez, la conduite de Politzer en pareil cas. « Il n’incise pas d'emblée cet abcès mastoïdien, car l’abcès extérieur, communiquant le plus souvent avec la collection purulente otique, à travers une incisure de Santorini, peut alors se vider par l’incision faite dans le conduit. Il tamponne profondément ce dernier avec un bourdonnet d’ouate imbibée de glycèrine phéniquée au vingtième, puis il achève de la bourrer avec de la gaze iodoformée. En même temps, il essaie de recoller les parois de l’abcès en exerçant une forte pression sur la règion mastoïdienne, un mince coussinet d’ouate est insinuë entre l’apophyse et le pavillon : une autre couche d’ouate est appliquée sur Ce dernier, et un bandage serré le maintient contre la tête. Si, au bout de deux ou trois jours, malgré ce traitement, le pus COntinue à s’écouler par le conduit en grande abondance, il faut largement ouvrir l’abcès mastoïdien; puis, Pincision faite, explorer avec le stylet la surface de l'os, et, si l’on rencontre des parties cariées, les enlever à la gouge et au maillet. »

On devra aussi traiter l’êtat général et les éruptions

furonculeuses généralisees qu’il faut déterminer.

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