‹ Du Traitement des Furoncles du Conduit AuditifChapitre 4 sur 16 · APERÇU D'ÉTIOLOGIE ET DE PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

APERÇU D'ÉTIOLOGIE ET DE PATHOGÉNIE

Avant d'aborder le traitement des furoncles du conduit, il est absolument indispensable que nous rappelons les principales données pathogéniques qui doivent diriger le médecin dans la thérapeutique de cette affection.

. 1° On sait d’une façon certaine, depuis les recherches de Læœwenberg et de ceux qui l’ont suivi dans cette voie, que. Paffection furonculeuse du conduit est, comme le furoncle en général, une affection microbienne, et que lagent pathogène est le staphylocoque. Il n’y à de divergences que lorsqu'il s’agit de savoir si une seule variété de staphylocoque, ou si toutes les variètés sont susceptibles de produire un furoncle de l'oreille.

Lœwenberg incriminait les trois variétés : aureus, citreus et albus, mais à des degrés divers. Le plus frèquemment rencontré, d’après lui, est la varièté albus; puis viennent avec une fréquence à peu près égale l’aureus et le citreus. Dans un cas, il trouva les trois variètés ensemble.

Kirchner n’a jamais rencontré que l’albus.

Pour Maggiora et Gradenigo, le plus grand nombre des cas serait dû à l’aureus; puis viendraient, par ordre décroissant de fréquence, l’albus et le citreus. Dans un

STE cas, ils trouvérent associé à l’albus des colonies nombreuses du pyocyanique.

Schimmelbusch incrimine les trois variétés.

2° Les études entreprises pour savoir d’où viennent ces staphylocoques, et quelle voie ils suivent pour pénêtrer jusqu’au bourbillon, ont donné des résultats positifs que nous allons rappeler en quelques mots.

En premier lieu, le staphylocoque peut se rencontrer dans le conduit même de l’oreille. Ii est vrai que Martha n’a rencontré dans cette région que des microbes indifférents où des streptocoques ; mais d’autre part, les rechercheS de Lœwenberg etcelles de Rohver leur ont souvent fait découvrir lestaphylocoque dansle conduit auriculaire.

Il peut exister également dans lé cérumen, et parmi les seizé espèces bactériennes trouvées par Rohver dans cinquänte examens de concrètions cérumineuses, le staphylocoque figure trois fois.

Ce n’est pas tout ; le staphylocoque n’est pas seulement un hôte fréquent du conduit auditif, il est partoüt 8ur nous, sur nos mains, Sur notre tégument externé; c’est, a dit M. Letullé, « un de os comiensaux ordinaires », ét cela non-seulement en cäs d’éruption furonculeuse habituel, commensäl tenace égalémént, puisque, après trois minutés d’un lavage soigneux à la brosse et au savon, la peau des mains n’est pas encore stérilisée (Kimmel). |

Nos mains le portent à notre oreille, et si l’eczéma du conduit se rencontre si fréquemment dans l’étiologie du furoncle de l'oreille, c’est peut-être moins par les lésions

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mêmes de grattage qu'il occasionne que par le simple

contact du doigt et de l'oreille qu’il sollicite. De même

est-il présumable que les cure-oreilles et autres objets dont

nous nous servons pour enlever les débris épidermiques

ou calmer les démangeaisons du conduit, n’agissent point

tant par les petites érosions qu’ils peuvent produire que

par l’ensemencement microbien dont ils sont la source.

- Gette hypothèse est d’autant plus vraisemblable, que comme nous le dirons plus loin, les lésions de grattage et les’ égratignures produisent non point des furoncles mais des abcès du conduit ou cette otite désignée par Hesler du nom d’otitis ex injectione. Il n’est point jusqu'aux matiéres dont on se sert pour faire les pansements d'oreille, qui ne puissent être accusés de véhiculer le contage. Nonseulement le coton que le malade tire de sa poche ou va chercher dans un tiroir est une cause ordinaire d’infection pour l'oreille mais aussi l’ouate fine, hydrophile, prétendue aseptique, que nous autres médecins prenons soin d'introduire nous-mêmes dans le conduit auditif de nos malades.

Qu'on se rappelle le fait indiqué par MM. Lermoyez et Helme : sur sept tampons d’ouate roulès par les mains de leurs élèves et prêts à être introduits dans l’oreille des malades, tel que le fait se pratique couramment dans toutes les cliniques otologiques, sur ces sept tampons un seul demeura stérile, l’aide qui l'avait confectionné ayant eu toute la matinée les mains dans l’eau phéniquée. Les six autres contenaient le staphylocoque blanc,

L'eau de guimauve, le baume tranquille, l'huile de camomille, toutes substances familières à la majorité des

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otologistes, sont milieux dont s’accommodent bien les. saprophytes (Martha) et peut-être aussi les microbes pathogènes.

Les spéculums d'oreille sont un agent de transmission plus fréquent qu’on ne pense, lorsqu” on les porte sans les avoir suffisamment nettoyés, soit d’un malade à l’autre, soit de l'oreille atteinte de furoncle à celle qui était indemne jusque-là. Ce fait s explique bien, si On se rappelle les expériences de Martha : des spéculums d’oreille non nettoyès, et même des spéculums trempés dans une solution de thymol ou de phénol, puis essuyés, lui donné rent des cultures de staphylocoques. Si, au contraire, après les avoir trempès dans la solution antiseptique et essuyés, illes flambait, les instruments demeuraient stériles.

3° Véhiculé par une foule d’intermédiaires, entre lesquels il n’a, pourrait-on dire, que l'embarras du choix, le staphylocoque arrive dans le conduit auditif, s ‘il n’y était déjà ; sa seule présence ne suffit pas à créer un furoncle. Il lui faut une circonstance adjuvante indispensable,

Cette circonstance, ce n’est pas une solution de continuitè du tégument. |

Dans ce cas il se produit un phlegmon, un abcés du conduit auditif, mais pas de furoncle (Steinbrügge).

C'est la coexistence de frottement. Ce fait est démontré d’une façon générale par le siège ordinaire des furoncles, qui affectionnent les endroits où les pressions et les frottements se renouvellent le plus souvent : la nuque, le dos, les fesses, la face interne des cuisses chez les cavaliers. Il l’est encore par les expériences de Schimmelbusch qui provoqua lapparition d’une éruption furon-

culeuse sur deux condamnés, en les frottant avec des cultures de staphylocoques. A l'oreille les frottements sont réalisés par l'introduction dans le conduit auditif de cureoreilles, d’allumettes, ou autres objets courants. Les

-injections de solutions astringentes agiraient quelquefois dans le même sens, tel le cas de ce médecin, cité par Træltsch, qui était atteint de furoncle de l'oreille s’il laissait toute la nuit une solution astringente dans le conduit, et qui en était exempt S il ne l'employ ait que d’une façon passagère.

Les circonstances alléguées autrefois comme cause productrice des furoncles de l'oreille, telles que: refroidissements, écarts de régime, pénétration de l’eau dans le Conduit, anomalies constitutionnelles, n’ont plus qu’une importance accessoire. Il en est de même des cachexies, de l'albuminurie, du diabète, de la convalescence de certaines maladies, telles que fièvre typhoïde, grippe. Elles agissent en déprimant l'organisme, où en affaiblissant la résistance de l’organe, mais ne sauraient être regardées comme la cause réelle du furoncle.

49 Sous l'influence des frictions, le staphylocoque pénétre, non point dans les glandes sudoripares ou cérumineuses comme le croyait Lougard, mais dans les follicules pilo-sébacès en suivant le poil. Schimmelbusch, qui à insisté sur ce mode d'évolution, la prouvé en montrant que, dans tout furoncle au début, on trouve le staphylocoque le long des poils, engagé profondément dans les follicules, et seulement là. Les parties voisines sont sans doute envahies plus tard, mais ce n’est que secondaire-

ment. PAUCHET nl

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