PROPHYLAXIE
Les considérations précèdentes devront guider toute notre thérapeutique et encore plus notre prophylaxie. Si l'on veut éviter les furoncles de l’oreille, on devra commencer par éviter toute irritation du conduit : donc point de corps étrangers, point de tentatives excessives pour enlever le cérumen. Si l’on va au bain froid on fermera auparavant les conduits à l’aide de deux bourdonnets d’ouate bien graissès.
Chez les individus sujets, soit à certaines saisons (printemps, automne), soit au moment de leurs règles, à des éruptions furonculeuses du conduit, on devra faire des lavages antiseptiques de l’oreille suivant la formule que . nous donnerons à la fin de notre travail.
Tout médecin qui sera appelé à traiter une affection de l'oreille devra le faire aseptiquement. Il est donc bien entendu que les spêçulums dont il se sert seront, avant tout usage, plongès dans l’eau bouillante pendant cinq minutes, Il sera même bon d’ajonter à l’eau une certaine quantité de carbonate de soude afin d’en élever le point d’ébullition, Pour plus de sûreté il sera bon de les flamber avant de les introduire dans l'oreille. Les autres instruments, pinces, sondes, seront également stérilisés. Les tampons d’ouate introduits dans le conduit seront stérilisés, soit par un séjour de dix minutes à l’étuve à
CN Tree
115°, soit à l’aide d’un procédé simple, élégant et sûr, que nous ont fait connaître MM. Lermoyez et Helme. Il consiste à plonger le tampon d’ouate que l’on vient de faire dans une solution. alcoolique sursaturée d’acide borique. On passe ce tampon à la flamme, l'alcool brûle, mais la présence de l'acide borique incombustible empêche la carbonisation du coton. Les erisemencements tentés avec lés tampons ainsi préparés ont toujours donné des résultats négatifs. On ne se servira que de médicaments aseptiques ou antiseptiques, et nous croyons qu’il est bon désormais de proscrire tout usage d’huile de camomille, de baume tranquille, et même d’eau de pavots. Quant à l'antisepsie des mains, elle n’est pour l’otologiste, ni possible, ni nécessaire.
Si, à la faveur d’une faute contre la prophylaxie, un . furoncle se développe, nous sommes, comme nous le verrons, suffisamment armés pour le combattre. . :
Dans une première partie nous passerons en revue la série des agents et procédès thérapeutiques inventès à ce sujet par les différents otologistes.
Ensuite nous aurons à faire un choix parmi ces die rents agents et à indiquer. quelle méthode nous parait la meilleure : en d’autres termes, nous montrerons comment doit être, dans un cas donné, institué le traitement du furoncle de l'oreille. Ce seront en somme nos conclusions.