‹ Du Traitement Des Infections Péri-Utérines Aiguës Et Des SalpingitesChapitre 5 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Durant l’année d’externat que nous avons passée dans le service de M. le Professeur Lecène, à l’Hôpital Saint-Louis, il nous a été donné d'observer un grand nombre de malades atteintes d’affections pelviennes, soit infections péri-utérines aiguës, et en particulier cellulites pelviennes, soit salpingites aiguës, subaiguës ou chroniques d’origines diverses, qui ont été traitées par le tétravaccin antipyogène de l’Institut Pasteur.

| Etant donné le rôle important que semblent devoir jouer les vaccins dans la thérapeutique gynécologique, nous avons cru intéressant, sans vouloir établir une règle fixe dans leur emploi, de rapporter un certain nombre de faits cliniques qui semblent bien mettre en valeur le gros intérêt pratique de la vaccinothérapie dans ces infections

si fréquentes en gynécologie.

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Jusqu'à ces dernières années en effet, malgré les quelques essais, souvent d’ailleurs peu encourageants, qui ‘avaient été faits dans cette voie, les malades atteintes d'infections péri-utérines, et en particulier de salpingites, n'avaient guère le choix qu'entre deux moyens thérapeutiques, présentant d’ailleurs tous deux de gros inconvénients. 3

D'une part, il s’agit de la thérapeutique purement médicale, thérapeutique immobilisant souvent la malade pendant de longues semaines, donnant d’ailleurs des résultats très inconstants, et ne pouvant s'appliquer qu’à des malades de certaines classes sociales, pouvant disposer de loisirs pour se soigner.

Au contraire, chez les malades des classes ouvrières, qui n’ont ni les moyens, ni le temps de s’astreindre à la cure de repos, la thérapeutique purement médicale, par les moyens classiques, ne peut que rarement être mise en œuvre d’une façon satisfaisante.

Et chez celles-ci, ainsi que bien souvent aussi chez les malades qui ont suivi le traitement médical sans résultats appréciables, il était nécessaire de recourir à l’autre thérapeutique, le traitement chirurgical, c’est-à-dire le plus souvent à la castration.

Mais si le traitement médical présente l’inconvénient d’être très long, de ne pas toujours donner les résultats qu'on en attend, de ne pas s’appliquer à toutes les classes

de la société, le traitement chirurgical présente, lui aussi, de sérieux inconvénients.

Il a évidemment, pour lui, l’avantage d’être rapide, d’être radical, de supprimer immédiatement les symp-

Tip

tômes douloureux si pénibles pour les malades. Mais il faut bien dire qu’à côté des risques opératoires, minimes il est vrai, lorsque l'intervention est pratiquée avec toutes les précautions nécessaires, il s’agit là d’un traitement mutilant, qui laisse bien souvent à sa suite des troubles de ménopause précoce, d'autant plus marqués que l’hystérectomie est pratiquée chez des femmes plus jeunes. De plus, en dehors du point de vue familial (car les malades hystérectomisées deviennent souvent des névropathes), il faut tenir compte du point de vue social, puisque toutes les femmes opérées dans ces conditions sont désormais stériles.

C’est pourquoi il était logique de tenter une thérapeutique nouvelle, et, sans en être réduit à une castration, de rechercher par la vaccinothérapie s’il n’était pas possible d’abréger et de simplifier le traitement médical, tout en en améliorant les résultats.

En 1923, cependant, la valeur du traitement par le vaccin était mise en doute, puisqu'on arrivait à conclure que « très souvent le but poursuivi n’était pas obtenu, et que, dans les cas heureux, où une amélioration très sensible, voire même une guérison cliniquement apparente survient, on est en droit de se demander si le traitement médical actuel des affections utéro-annexielles, aiguës ou chroniques, n’entre pas pour une très grande part dans les résultats observés. »

Or, il résulte des observations nombreuses que nous avons pu faire pendant l’année 1925-1926 dans le service de M. le Professeur Lecène, que la vaccinothérapie par

le vaccin Pasteur, sans adjonction d’aucun autre traite-

ment médical, a permis d'améliorer des malades atteintes

d’annexites, au point qu’elles ont pu reprendre une vie absolument normale, sans présenter aucun trouble résultant de l’affection qui avait été diagnostiquée lors de leur arrivée dans le service.

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