POUMONS
tifie tel organe, anéantit tel autre, où en est la cause? Eh! mon Dieu, dans la richesse des substances qui composent notre être, dans l’harmonie des milieux quelles traversent, dans les distillations quelles subissent, dans la direction que le moral leur donne.
Défendrons-nous à cette jeune fille une soirée de bal, à cet Hercule dé découvrir sa poitrine à tous les vents, à ce jeune étudiant une nuit d’estaminet? tous peuvent ne pas s’en trouver mal , tous peuvent en mourir. Notre jeune fille peut en devenir aussi blanche qu’une pâquerette, notre Hercule aussi faible qu’un Lilliputien, et notre étudiant aussi sec qu’une allumette chimique.
Que faut-il pour cela? Un rhume. Qu’estce qu’un rhume? Quelques gouttelettes de sueur arrêtées par quelques atomes d’air. De cette rencontre peuvent naître une inflammation de ces organes , puis une suppuration, résultat d’une décomposition., qui disparaît dans une couronne d immortelles que la terre offre au ciel, le meilleur des passeports que je connaisse. Ce n’est point à ceux pour lesquels il est signé que nous conseillons quelques remèdes, c’est à ceux qui ont encore à souffrir des douceurs de cette exis-
tence que nous prions de voir betterave , bouillon-blanc , capillaire , coquelicot , datte , gruau , mauve , navets pas-d’ alouette , poireau, pulmonaire, raifort , etc.
Si la stagnation du sang dans ces organes provient d’un défaut de circulation, voyez articles, Intestins et Suppressions.
Le magnétisme est d’un grand secours dans ces affections. Il ne faut pas passer les mains devant la poitrine, mais les laisser séjourner quelques minutes sous les bras, puis les descendre doucement le long des côtés, jusqu’aux genoux ; ne pas s’exposer à magnétiser ces organes si on les a soi-méme en mauvais état, on pourrait s’en trouver mal ; qu’on prenne pour loi générale, en magnétisme, de ne jamais magnétiser des maladies dont on est affecté , et ne point opposer d’organes faibles à des organes faibles. Nous laissons encore aux praticiens qui ont écrit sur le magnétisme de développer le pourquoi de ces recommandations. Nous effleurons ces questions et ne pouvons les traiter dans un ouvrage qui ne leur est pas consacré spécialement.
Magnétiser les boissons et tisanes.
Jeunes filles , couvrez un peu plus vos
ESTOMAC
blanches épaules, car le marbre de la tombe est encore plus blanc qu’elles. Hercules , doutez un peu plus de vos forces, car un léger courant d’air peut vous coucher terre. Jeunes étudiants, fumez et buvez moins pour éviter dans la fleur de 1 âge de fumer la terre avec vos os.
ESTOMAC
Cet organe, comme étant la première salle d’entrepôt de toutes les substances destinées à l’entretien de notre existence, sent trop l’utilité de ses fonctions pour ne pas être parfois très exigeant, volontaire, capricieux, méthodique et tyrannique. Aussi posc-t-il son veto sur nos goûts, nos fantaisies, nos caprices, corrigeant et n’acceptant que ce qu’il lui plaît; c’est un second nous-mêmes, qui par trop souvent nous commande et nous inflige de pénibles privations; il peut passer dans ces circonstances pour notre maître, et une individualité moins dépendante de nous que nous ne dépendons d’elle : en un mot , on peut lui appliquer cette remarque philosophique : L 'homme propose , et l’eylomac dispose.
Chargé d’élaborer tous les sucs des ali-
ments qu’il reçoit, il ne peut subvenir à ce laborieux travail qu a la condition d être aidé par les autres organes auxquels ils les expédie, ainsi que du fournisseur qui est la raison, qui ne doit point l’inonder de substances dont le cours est suspendu dans certains moments. Dans cet atelier de déballage il doit y avoir plus de saletés que dans ceux qui n’ont pas la même besogne : aussi les glaires, les vers, les acides y abondent-ils à profusion, enivrent, enserrent, paralysent les papilles qui sont les ouvriers actifs de ce laboratoire, et convient-il de temps à autres de venir à leur secours pour les débarrasser de ces immondices qui causeraient à tout l’organisme ( parla loi de solidarité de toutes les molécules de notre être) une perturbation générale. Les nerfs dont il est voisin et abondamment tapissé se convulsent au contact de toute odeur, de tout acide ou suc qui leur sont contraires : de là ces syncopes, ces chaleurs fugaces, ces renvois, ces gaz, ces pituites, ces idées noires, et mille et un désordres de ce genre qui mettent le malade à deux doigts du cercueil , causes qui sont peu étudiées , mal definies , et encore plus mal traitées.
ESTOMAC
Eu premier lieu , nous pensons qu’il faut obéir à cet organe et ne jamais le contrarier; 2° ne jamais le charger d’alimeuts outre mesure; 3° étudier s’il n’est pas entravé dans ses fonctions par les caves intestinales dans lesquelles il dépose les débris de ses succions. Si ces antres sont eux-mêmes encombrés et indisposés, ils ne peuvent recevoir ce que leur supérieur leur envoie ; de là naît une guerre d’extermination entre ces organes : dans ceux inférieurs le séjour des substances y engendre des gaz qui ne demandent qu’à évacuer par en haut ou par en bas ; le haut, qui n’est point construit pour faire cet office, convulse son oi’ifice : la porte, ainsi fermée, tient le loup dans la bergerie. Gare aux dégâts. L’étude de chaque organe, estomac , intestins, foie, rate , vessie, devient donc indispensable pour connaître la source du trouble, et de cette étude découle l’application des remèdes auxquels nous renvoyons , qui sont: absinthe, armoise, anis , angélique, bourrache , cannelle, cassis, centaurée, chèvre feuille , chicorée , chenette, citron, estragon , genièvre , girofle, gruau , guimauve, laurier , lavande, magnésie, moutarde, muscade, rhubarbe , etc.
Le magnétisme par l’application des mains, une sur le creux de l’estomac et par opposition l’antre sur le dos, calme presque instantanément dans les syncopes venteuses. Dans les digestions pénibles il dilate l’orifice de cet organe et facilite l'écoulement des aliments. Dans les pertes de connaissance par les convulsions de l’estomac, souffler à chaud la bouche appuyée sous le sein gauche, à travers la chemise, on ne tarde pas à rendre le malade à son état normal : trois ou quatre insufflations nous ont toujours suffi dans les cas les plus graves où les sels les plus puissants avaient échoué.
L’usage de l’eau magnétisée est très souverain dans les troubles de cet organe.