BIOGRAPHIE
soinnambule naturelle, ce qui inquiéta très fort sa mère, qui l’aimait éperdument ; on consulta tous les médecins de l'endroit, on la recommanda à tous les saints en renom des environs : science et prières ne purent annuler cette propriété qu on regardait comme une maladie. Plus Adèle giandissait, plus cet état se développait: elle se levait la nuit pour aider aux travaux du ménage, allait au fournil préparer le pain ou la lessive, puis venait se remettre au lit comme si elle n’en était pas sortie. Aucune de ses sœurs ne voulait coucher avec elle, tant elle les effrayait par ses pérégrinations nocturnes. Une nuit entre autres, en se levant elle fit une chute et se cassa le poignet droit, ce qui ne la réveilla pas; quantité d’aventures différentes lui arrivèrent de la sorte. Lorsqu elle fut en âge d’être nubile, la nature fut très paresseuse et Adèle fut constamment malade. C’était une vierge de cire qui errait plu-, quelle ne marchait dans les rues d’Epernay, attirant généralement sur elle la compassion de toutes les personnes qui la voyaient ; enfin la santé l’emporta sur la maladie après dix années de souffrances, et maintenant cest une femme d’un tempérament très robuste
d’auÈLIÎ MAGINOT.
el d’une corpulence très développée. Elle vint habiter Paris après avoir perdu une grande partie de sa famille; c’est dans cette ville que je l’ai connue en 1 843. La manière dont nous sommes entrés en rapport est celle de -tous les magnétiseurs qui parlent de somnambulisme en société: à la première magnétisation elle entra en sommeil, et à la quatrième elleétait lucide ; elle n’avait jamais été magnétisée , et ne connaissait le magnétisme que de nom. Réunissant toutesles meilleures qualités pour être une bonne somnambule , je reconnus qu’elle avait deux, spécialités d’étude, la psychologie et la médecine. Adèle est une femme très simple, d’un esprit juste, mais n’a reçu aucune instruction ; elle s’enfuit dans son état de veille chaque fois qu’on parle psychologie devant elle , ne comprenant pas qu’on puisse aimer une étude si abstraite; elle ne peut souffrir aucun livre qui traite de ces questions, et cependant on a pu voir comment elle s’en acquitte dans ses sommeils magnétiques, par les arcanes de la vie future dévoilés. Nous ne parlerons dans cet ouvrage que de sa spécialité médicale. Ayant elle-même beaucoup souffert, elle a mieux que tout autre
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senti tout le prix du soulagement obtenu par un bon remède quelconque; aussi n’est-elle heureuse qu’à la recherche d’un tel remède et un pot de tisane à la main au chevet du lit d’un malade. Là elle n’est plus une femme ordinaire, tous les êtres souffrants sont ses frères sans aucune distinction : rien ne lui répugne à faire pour les soulager, consoler, dorloter. Personne ne peut mieux en parler que moi, quoique cent autres aient le droit d’en dire autant en cent circonstances diverses et en dehors du magnétisme. Je l’ai connue garde-malade, elle mourra garde-malade, quoiqu’elle n’en ait jamais fait son état, qui est celui de couturière; mais c’est 1 état de son cœur. Avec de telles dispositions pouvaitelle être moins humaine en sommeil que dans son état de veille? Oui: mais heuieusement la somnambule surpasse encoie la femme éveillée.
Ce que je viens de dire n’est nullement de ma part une action flatteuse, c est une justice que je rends sincèrement à la femme qui la mérite. Que Dieu me garde de m’égarer à ce point! Mon intention n’est pas de mentionne! ici tout le bien quelle a fait; dans cette circonstance, elle a été l’agent de Dieu: puisse-
d’aDÈLE MAGINOT.
t— elle toujours mériter cette noble mission ! Jamais je ne l’ai vue plus sourire au riche qu’au pauvre; une poignée de main reconnaissante du dernier lui semblait aussi bonne à recevoir que quelques marques insignifiantes de gratitude données à regret.
Voilà en peu de mots l lnstorique de la femme qui va nous instruire sur la vertu et l’application d’un certain nombre de plantes qu’elle a étudiées à fond dans ses sommeils magnétiques, et desquelles nous devons attendre d’heureux résultats.
SPIRITUALISME MEDICAL
La psychologie est la sœur aînée de la grande famille des études humaines; elle n'est déplacée nulle part, el n'est reniée tpie par ces batahds de la création qui n'ont pour Dieu que le hasard, pour ârne qu’un souffle , pour religion qu'une pile d'éeus, et pour immortalité que le .néant !
L’âme humaine , cet univers spirituel atomisé matériellement par une pensée d’amour, descend des deux frapper à la porte de notre monde, enveloppée d’une substance laiteuse, comme d’une robe nuptiale pour contracter un hymen nécessaire sans doute, avec nos joies, nos douleurs, nos vertus et nos vices! C’est ainsi qu’elle sort du sein de Dieu!! Regardez-la, matérialistes studieux, qui voulez la voir pour y croire, qui niez son immortalité future, devant son immortalité antérieure. Sachez que dans cet atome imperceptible qui s ollrc a nos 1 c^ai ds,
SPlltlî'U ALISME MÉDICAL.
il y a une étincelle divine noyée dans line goutte de lait qui vient s’abîmer dans une goutte de sang!. . Trois corps dans un, palpables et visibles à vos yeux, un de chair , un laiteux, et un divin, ce que les extatiques nomment corps matériel , spirituel et diaphane. Sachez que cet atome renferme dans son sein des puissances attractives qui sauront s’adjoindre ( sans que vous y mettiez la main) d’autres atomes, Jes grouper chacun à leur place pour s’en former un corps palpable que dans quelques mois vous nommerez homme, et que cet homme tirera de lui d’antres hommes qui lui seront en tout semblables, en nombre assez considérable pour peupler notre globe, ce qui est trouver le tout dans un. Selon les matériaux dont cet atome pourra disposer pour se composer son habitation corporelle, selon son existence en ce monde, selon la pureté des sucs qui entreront dans cette construction, seront ses joies ou ses souffrances. Cet atome AME ne peut se vêtir que de ce qu’elle trouve de disponible dans ce sombre laboratoire où elle est enfermée pendant neuf mois; elle ne peut être riche que des trésors qu’elle y rencontre. Que Dieu la protège, dans l'élévation tic cig
8 SPIRITUALISME MÉDICAL
édifice humain, car si les murailles n’en sont pas bien cimentées, elle pleurera des larmes de sang !..
Ce simple coup d’œil jeté sur noire entrée préparatoire en ce monde suffit pour nous faire juger que selon le menstrue , selon l’esprit qui en distillera : quelques gouttes de sang! voilà ce que lâme trouve en premier lieu pour vivre sur notre terre! quelques larmes, voilà ce quelle trouve pour en sortir !... Dans ces quelques gouttes de sang se résume sa vie terrestre: s’il est pur, bonheur pour elle; s’il est vicie, malheur à elle! . . . De ce sang elle tirera des os, des nerfs, des muscles, des chairs; enfin, une machine matérielle dans laquelle les trois règnes auront chacun déposé une obole de leiu richesse. Eh! quoi, de quelques gouttes de sang il va sortir des parties dures et molles, un fiel si brûlant et un lait si doux, des hei h es qu’on nomme poils, e t ces brillants diamants qu’on nomme yeux. Oh ! ces quelques gouttes de sang valent bien la peine d etie étudiées . c’est donc sur cette matière première, ce menstrue humain, que nous devons porter notre attention.
L’âme trouve dans celle rivière rouge
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dans laquelle elle baigue les substances matérielles dont ellç a besoin, et elle trouve dans ces délicats et compliqués rameaux qui l’étreignent, qu’on nomme nerfs, le fluide vivifiant qui la relie de la patrie qu’elle a quittée à celle qu’elle vient habiter. Que ces deux sources de son existence, ces deux intendants de ses propriétés soient aussi purs qu’harmonisés, la balance de ses comptes sera parfaite et elle ne fera pas banqueroute à sa mission. Oui, un sang pur et de bons nerfs, sa propriété sera riche, toute son administration corporelle sera satisfaite de sa situation. C’est donc dans le but de leur fournir ce que les trois règnes leur ont refusé dans cetle construction ébréchée, dès en naissant , que nous allons leur demander l’appui sympathique de leur fortune pour aider ces deux grands ressorts de son organisme à passer le plus facilement possible cette épreuve terrestre.
Nous avons désiré faire contrôler leur vertu par la lumière de l’esprit en état de somnambulisme , et nous n’avons cru pouvoir mieux nous adresser à ce sujet qu’à une lucide dont cette spécialité nous fût connue. Toutes les plantes que nous allons citer ont
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été éprouvées par nous. Nous en prenons Dieu à témoin, que de souffrances ont été guéries ou apaisées par la simple application d’une d’entre elles! que de bonheur avonsnous éprouvé devant les résultats que nous avons obtenus! C’est dans le but d’en propager la connaissance que nous avons entrepris de publier ce petit ouvrage, que nous voulons mettre à la portée de toutes les bourses et de toutes les intelligences. Aucune question d’intérêt ne nous a jamais guidé, sans quoi nous n’agirions pas ainsi, mais bien l’amour de nos semblables, qui ne peuvent lier rapport avec nous parleur éloignement, et que nous voulons aller trouver à leur foyer domestique pour leur apporter quelque soulagement, s’il nous est possible. Que Dieu nous aide et nous éclaire dans celte tâche au-dessus de nos forces et de notre savoir !