INSOMNIE
Il est souvent très pénible pour certaines âmes , après avoir passé douze heures à plaindre nos sottises humaines, de ne pouvoir fermer les yeux , et regarder douze autres heures dans le monde des songes pour y oublier le nôtre. L’insomnie n’est pas une maladie spéciale, c’est une dépendance du corps et de l’âme envers tous leurs organes, c’est l’esclavage du roi de la terre devant la
course furibonde d’une goutte plus ou moins active de sang, d’une agitation nerveuse qu enfante telle étoile qui se lève, tel quartier de la lune, etc.; ce sont quelques gaz qui s’enflamment dans les intestins ou l’estomac; c’est tel dépôt ou furoncule qui mûrit à son aise; c’est une pensée qui se promène sur le nerf optique à l’heure où toutes les autres se reposent. Que sais-je? c’est moins que cela , une puce , une punaise , un grain de •sable, une barbe de plume, oui, cela suffit pour causer une insomnie au roi de la création, qui, quoique accidentelle, peut devenir permanente. Que faire à cela ? Tenir les yeux prêts à se fermer, et se taire, diront quelques personnes. Nous serons plus généreux , en proposant de voir camphre , chanvre, oranger, tilleul, pavot, coquelicot, et de consulter les articles Intestins , Estomac et Voies urinaires.
On fera magnétiser le bonnet de nuit, ainsi que le lit , à l’occasion , et toutes les boissons qu’on est susceptible de prendre le soir.
MALADIES NERVEUSES
MALADIES NERVEUSES
Définies sous les noms à' hystérie , épilepsie, tétanos , vertiges , déliré , hypochondrie , mélancolie , hallucinations , somnambulisme, catalepsie , extase , névralgie , crampes, tremblements , convulsions, paralysie, fièvres nerveuses, nostalgie , antipathies , idées fixes , etc.
Toutes ces maladies ont été ainsi nommées par le besoin qu’a ressenti la science d’appeler l’attention des praticiens sur tel ordre de phénomènes plus que sur tel autre ; mais malheureusement dans toutes le siège du mal n’est pas le même, et la cause physique échappe souvent au scalpel, ce qui a fait classer ces maladies en deux catégories, les unes pouvant simplement provenir de causes morales , et les autres de causes physiques. C’est sous ces deux points de vue que nous allons les étudier.
Causes morales. — A ce mot moral on sent qu’il est ici question d’une organisation non physique et non pondérable à nos sens. Cette organisation, qui a ses lois à part, n’en vit pas moins dans une étroite communauté
d action avec notre organisation physique. Elle commande par la pensée qui est sa nature, et la deuxième exécute par le corps matériel qui est également la sienne : l’une et l’autre ne peuvent ressentir le moindre trouble , sans qu’il soit partagé dans une communauté la plus sympathique : le moral représente lame; il ne vit et ne sent que par la pensée ; lorsqu’il est troublé , c’est que les pensées qui sont son unique domaine se trouvent être troublées elles-mêmes. La solidarité et la sympathie sont tellement grandes et nécessaires entre lui et ses pensées, que si une seule vient à être dans un état anormal, elle fait partager cet état à toutes ses sœurs et à tout l’être en général. Ainsi, qu’une pensée s’égare de sa route et reste en permanence dans un lieu qui ne lui est pas assigné comme siège , elle troublera tout l’ensemble moral et physique de notre être par la solidarité des deux organisations unies, et mettra l’homme dans des états qu’on nomme idée fixe , jolie ou hallucination. 11 ne suffit fort souvent, pour opérei une telle désorganisation au moral , que la simple connaissance d’une heureuse ou malheureuse nouvelle, la vue d’un objet auti-
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pathique, une peur, une passion puissante , un désir violent , une ambition forte , etc. I/idée mère , qui a engendré ces besoins du corps, se fixe naturellement eu souveraine, qui tyrannise toutes celles qui lui font opposition et veulent rétablir une meilleure entente entre elles ; de là naît ce qu on nomme quelquefois injustement obsession étrangère , et tous les désordres qui s ensuivent : mais pour qu’il en fût ainsi , nous dira-t-on , il faudrait que les pensées fussent des êtres vivants , ayant une forme et un corps quelconque. Nous répondrons que c’est comme cela que nous l’entendons, que c’est ainsi que nous l’avons vu de nos yeux, et senti de nos sens spirituels ;• que c’est ainsi que nous l’avons fait voir à une grande quantité de personnes, dont les visions sont relatées dans notre sanctuaire clu spiritualisme. Et c’est parce qu’en physique même on ne peut admettre de sensation possible sur un corps organisé sans attouchement d’un autre corps, il nous est resté prouvé que les sensations procurées par les pensées, étant parfois beaucoup plus pénibles et plus sensibles que les sensations matérielles, doivent être soumises à la même loi. Si elles n é-
taient pas des corps d’une substance quelconque touchant une substance de leur nature qui, par un mariage contigu , arrive ainsi à la sensation dite matérielle , nous ne sentirions aucune émotion à la nouvelle de la perte d’un des nôtres, de notre fortune ou de notre honneur. La douleur que nous éprouvons, les larmes que nous répandons , l’agitation qui nous domine, nous prouvent que toute notre machine a été mise en mouvement par un levier occulte qu’on ne peut nier, quoique invisible à nos yeux , et nous dirons , avec le physicien : ]l ri y a pas de sensation possible sans attouchement. Ainsi, pour nous, les pensées sont bien des êtres vivants, comme nous l’a révélé 1 esprit Emmanuel Swedenborg dans nos Arcanes de la vie future dévoilés ; elles sont des individualités dépendantes les unes des autres , et pouvant dans certains cas devenir indépendantes chacune comme un seigneur qui s’affranchit de la domination de son monarque. Le monarque de ces êtres est notre âme, et lorsqu’il y a trouble chez eux, l’âme se trouve comme le monarque dont les sujets sont révoltés contre son autorité , et n’en a plus pour leur commander. Si les pensées sont
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IM
des corps substantiels , comme nous avons essayé de le démontrer, elles sont donc susceptibles de compression et de dilatation ( pour parler un langage compréhensible ) ; par conséquent il leur faut un certain espace pour exécuter leurs mouvements, et ces mouvements ne peuvent s’opérer que dans certains sièges qui leur sont appropriés, qui, nous le croyons , sont les nerfs et le sang. Dans le dernier elles y séjournent à l’état de foetus, dirons-nous, et dans le premier à l’état de vie et d’activité : elles paraissent de là se rendre à deux lieux principaux que l’on croit être le cœur et le cerveau. C’est dans ces organes où elles manifestent leur puissance et viennent déposer toute leur objectivité et tout leur amour pour la cause commune ; elles sont charriées vers ces lieux par le sang et les fluides dits pondérables et impondérables. Dans leur passage pour arriver à ces lieux elles se font sentir par un frottement ( que nous nommons ainsi pour faire saisir notre définition plus facilement), qui est assez semblable à celui d’un linge plus ou moins doux sur une plaie vive ; de là naît la sensation plus ou moins agréable qu’elles procurent au corps. S’il en est ainsi, elles ne
maladies.
doivent donc arriver à leurs lieux de jonction et de manifestation qu’a près avoir passé dans des milliers de conduits dont le bon état ou le passage plus ou moins libre puisse leur permettre une ascension facile et une heureuse manifestation (1). Mais si quelques
(i) Nous ne croyons pas que la note suivante soit déplacée dans un livre médical, puisqu’elle rend si bien notre pensée et qu elle est due à un homme dont les connaissances en anatomie égalaient celles qu’il avait en psychologie. Si nous lavions lue plus tôt, nous nous fussions borné à la citer, et nous n eussions pas cru dire quelque chose de neuf et de très problématique t puisque Swedenborg l’avait dit avant nous. Nous affirmons que c’est au moment que l’impression de notre livre va être terminée, que nous lisons, pour la première fois, cet ouvrage ayant pour titre : Traité curieux des charmes de l amour conjugal dans ce monde et dans l’autre , d’Emmanuel Swedenborg, traduction de M. de Brumore, 1784, où nous trouvons, page / 92 et suivantes, un chapitre dans lequel Swedenborg raconte que, dans une de ses visions, il assista dans un temple céleste à une discussion entre des sages, sur la nature de l’essence de l’âme. Voici le passage dont nous appuyons ce que nous disons au sujet des sensations que doivent éprouver les pensées dans leur ascension vers leurs lieux de manifestation :
« Je ne connais de notre âme, dit un troisième, que J’es- » pace quelle occupe et les effets qu’elle y produit. Cet » espace est le cœur où le sang toujours actif, porté tour à » tour et rapporté , vient puiser dans ce centre qui la ren- » ferme les émanations de cette essence qu’il distribue dans » toutes les parties de notre individu , et qui, selon la con- » stitution particulière et propre à chacun de nos organes.
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uns de ces conduits (qui ne sont pas autre chose que les rameaux nerveux et vaisseaux sanguins) se trouvent en mauvais état, encombrés, embarrassés, ou contractés par le voisinage d’un corps quelconque, d’humeurs ou de fluides enflammés par l’électricité , il doit en résulter que ces pensées seront influencées par les milieux qu’elles auront à traverser, et qu’elles ne se manifesteront pas dans leur éclat , dans leur indépendance et dans toutes leurs attributions ; de là naîtront
” s’y développe plus ou moins, selon qu’ils sont plus ou » moins disposés à fixer et contenir ces influences. Ainsi, » voit-on telle partie de notre être n’en retenir qu’un prin- » cipe de vie neutre et insensible ; telle autre n’en conserver » que la sensibilité et la chaleur; telle autre, enfin, en ras- » sembler assez pour avoir triomphé de la philosophie sur ” son foyer, en ne reconnaissant que le cerveau pour le * premier siège de nos idées , sans considérer que ces iu- » fluences accumulées ne sy spiritualisent qu'en proportion n des dispositions plus parfaites qui les arrêtent et qui les " fixent , etc.... » (Les mots soulignés le sont par nous.)
Si nous admettons cette proposition, nous en admettons aussila conséquence, qui est que les idées, pouvant être influencéesparles milieux quelles traversent, doiventinfluencer nos besoins, nos appétits, notre jugement, cl nous donner la clef de la cause des maladies dites mentales. Guérissons la matière, et l’esprit sera libre. Que notre cœur distille un sang d’une bonne composition , chacun des organes qui s’eii abreuvent n’y puisera que le calme et la santé !
la colère, la mélancolie, la crainte, la douleur morale sous mille aspects, ce qui arrive dans presque toutes les maladies dont nous nous occupons en ce moment. La cause physique est donc liée à la cause morale comme provenant l’une de l’autre, à n’en pouvoir douter ; et le seul moyen de comprendre ces maladies est celui que nous proposons et que nous allons encore rendre plus compréhensible , si nous le pouvons , par l’exemple suivant.
Le parcours des pensées dans notre organisme est semblable à celui des passants dans une rue quelconque de la capitale. Qu’un accident vienne à frapper la vue de ces passants et embarrasser leur marche, comme un incendie, une personne écrasée sous une voiture, une batterie, un vol ou un assassinat, chaque témoin du fait, quoique n’y étant intéressé en rien , et tout préoccupé individuellement d’une affaire qui lui est propre, éprouve, à la vue de ce fait, une pensée sympathique , une pensée commune à tous ceux qui, comme lui, en ont été témoins: cette pensée découle du fait , c’est-à-dire quelle est attristante ou irritante, généreuse ou exigeante. Chaque passant oublie pour un mo-
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meut son attaire individuelle pour ne s occuper que de celle devenue commune à tous. L’un et l’autre, eu rentrant dans son domicile, raconte ce qu’il a vu et impressionne, pour un temps plus ou moins long , l’auditoire qui 1 écoute , comme il a été impressionné lui-même.
lies pensées subissent les mêmes conditions. Quelles rencontrent dans leur parcours un accident, s il n’est semblable, mais du moins comparable , elles produiront au lieu où elles arriveront la même émotion quelles auront éprouvée elles-mêmes.
Qu’une jeune fille, partant pour un bal dans lequel elle doit trouver une félicité en rapport avec ses désirs, soit témoin d’un des troubles que nous avons cités, certes son entrée au bal ne sera pas ce qu’elle devait être; elle fera partager son émotion à ses jeunes compagnes, ce qui réagira plus ou moins sur la fête et la troublera. Eh! mou Dieu, la fêle du corps, le bal de l’âme, c’est la santé , c’est l’harmonie générale de tout son être; qu’une des individualités qui concourent ensemble à ce bal y fasse défaut , toutes les autres individualités ne pourront jouir d’un bonheur non partagé parl’unani-
mite d’elles; l’âme se trouve vis-à-vis de ses pensées, comme une bonne mère de famille dont l’un des enfants est malade ou manque à l’appel de son cœur; elle est inquiète, troublée, désolée , et ne trouve de repos qu’à la vue de ce qu elle a perdu. La folie et l’hallucination sont fort souvent la conséquence de ce dérangement de pensées, ou d’une pensée dominatrice qui, égarée de sa route, s’est implantée dans un lieu d’où elle peut troubler toutes ses compagnes. Cette question n’a pas ou a été peu étudiée sous ce point de vue, qui cependant n’est pas à dédaigner.
Voilà un sujet digne de l’étude du physiologiste comme du médecin. L’externe n’est pas l’interne des choses ; les formes ne sont pas les atomes qui les composent ; les lois d'un peuple n’en sont pas les passions. Si le médecin , en perdant la trace cl’une goutte de sang, suivait celle du fluide sous lequel elle disparaît, et la trace spirituelle où elle se cache à tous les regards matériels, il parlerait moins doctoralement de bile, de glaires, d’humeurs quelconques , puisque toutes ces choses ont des internes auxquels elles doivent leur manifestation , et quelles ne sont
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elles-mêmes que des effets dont les causes inconnues au scalpel ne le sont pas au spiritualiste.
Dans le peu que nous venons de dire il y a un monde plus grand que le nôtre à étudier. Pour nous, qui avons été assez heureux de beaucoup souffrir, pour beaucoup observer sans doute , nous avons conclu que les maladies dites nerveuses dépendent de deux causes dont nous venons de décrire 1 une : nous allons aborder la deuxième, en priant le lecteur de ne pas les désunir, et de se souvenir : i° que le corps ne peut être malade sans que les idées se sentent de ses douleurs ; Q° que chaque douleur a ses groupes d idées dans lesquels elle paraît se complaire, qui disparaissent avec elle.
Causes physiques. — Elles dépendent des affections des différents organes : celle de la rate enfante la mélancolie ; 1 e joie, l’abattement ou la colère , le suicide , le crime; le cœur produit les passions vives , l’ambition , les richesses, les honneurs; X estomac , le dégoût de la vie, le désespoir, le suicide , l’antipathie; les poumons , les envies, la délicatesse des choses, la sensibilité et l’irritabilité, l’amour delà vie et lapassion du confortable;
la tête , les idées fixes, la domination, l'abrutissement, la légèreté du jugement, aimer, posséder sans attacher de prix aux choses. Mais il n’en est pas de plus triste que les affections des voies urinaires , elles enfantent tous les désirs imaginables et conduisent à tous les crimes inimaginables, parce qu’il convient à une république de vermisseaux d’expatrier quelques uns des leurs qui demandent un asile à un territoire qu’il leur plaît d’habiter. De cette minime action en apparence peut découler, pour l’homme qui les expatrie , vingt années de galères pour viol , une vie de déshonneur, deux ou trois générations d’opprobre pour sa famille. Il peut s’ensuivre, ce qui paraît le plus simple du monde, et cent fois pire que vingt années de galères , un mariage mal assorti , qui représente la négation de tout calme et de tout bonheur ! qui veut dire : adultère , larmes et douleurs affreuses! ! Que de pensées jouent un rôle important dans un laps de temps aussi long ! et mises en activité par quelques vermisseaux qui étaient de trop dans un lieu qui ne pouvait les contenir. Ce grossier tableau n est point un hors-d’œuvre ici , c’est une pensée observatrice qui invite ses sœurs
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à observer comme elle , et qui s’écrie : Que sommes-nous donc, hélas ! dans notre splendeur ? Si nous sommes si peu de chose, que deviendrions-nous dans notre chute, si nous n’avions la main de Dieu pour nous sauver ?
Les intestins ont encore leur bonne part dans les troubles moraux, parce qu’ils influencent tous les viscères qui les avoisinent, les rendent malades, et poussent les pensées à des désordres incalculables. On voit donc dans ce simple aperçu, qui n’est ni amplifié, ni complet, combien il importe d’étudier les deux organisations, et de travailler à leur guérison commune pour faire disparaître ces maladies nerveuses , l’écueil de la médecine et de toutes les sciences en général.
Les organes que nous venons de citer étant ordinairement le siège des maladies nerveuses, il est donc bon de consulter les articles qui en traitent, ainsi que les plantes calmantes et toniques, qui sont : aubépine , bétoine , café , camphre, carotte, centaurée, chanvre, chenet te, citron , gui de chérie et d'orme, lavande , moutarde , muguet, oranger, primevère , romarin, sauge , thym , va- , lèriane , etc.
U n’est pas prouvé que les nerfs soient
maladies.
susceptibles de maladies et de décomposition. Ils sont sujets à être influencés, voilà tout : ces influences sont ou physiques ou morales, comme nous l’avons dit. Les causes morales peuvent provenir d’un mot , d’une peur, etc., qui ont arrêté le cours des fluides et propagé un désordre dans les idées, ce qui , à son tour, produit un désordre physique. Les causes physiques sont dues aux accidents ou troubles des organes que nous venons de mentionner. Nous avons proposé les remèdes aux causes physiques; nous proposons aux causes morales des remèdes moraux, qui sont : la distraction, l’exercice, la compression par tous les moyens possibles de la pensée dominante; tâcher de lui substituer d’autres pensées, d’autres passions , d’autres sensations , toujours en la traitant conjointement avec le physique, car la loi de solidarité qui les unit demande des secours réciproques.
Un jour qu’Adèle me visitait dans la cruelle maladie que j’ai faite et citée, où tout le système nerveux se trouvait épuisé et dans un état incroyable de sensibilité, je ne lui adressais plus de questions depuis quelque temps , car il arrive une période
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en toutes maladies, où l’on 11a plus la force de penser ni de juger, où l’on n’a plus d’espoir ni de foi en rien. Je me laissais traiter pour l’acquit de ma conscience et pour la satisfaction de ceux qui me portaient intérêt. Ce jour, dis-je , jour de démoralisation complète pour mon esprit, Adèle, qui voyait ce piteux trouble de toutes mes facultés, voulut ranimer mon observation par une nouvelle description de mon état présent , qui eut le charme de réveiller mes idées, et de m’engager même à prendre cette note que je crois placer utilement dans cet article. Voici ses paroles : «Je suis contente, tes fibrilles nerveuses se réveillent au contact du fluide dont elles étaient privées depuis si longtemps. — Quel est ce fluide? lui demandai-je. — On nomme cela un fluide; mais, pour moi , c'est plutôt une substance qu’un fluide, car il m’apparaît comme une émanation laiteuse , blanchâtre , quoique diaphane cependant , l’étant davantage aux extrémités des canaux qu’elle traverse qu’à leur jonction , ce qui peut la faire nommer fluide , vu que, se projetant au dehors du corps, elle ne peut le faire qu’à l’état d’évaporation; mais, pour moi, le fluide dit net-
veux est une substance. — Que vois-tu s’opérer en moi à ce sujet? Tu me parles de fibrilles nerveuses , qu’entends-tu par ce mot fibrilles ? — .T’entends les filets les plus fins, les plus déliés de ce système. Je te vais faire une comparaison. Vois une plante privée d’eau, exposée à l’ardeur d’un soleil brûlant; ses feuilles vont perdre leur humidité, l’extrémité de leurs pointes va se dessécher, celte sécheresse va gagner les filets qui les tapissent et les joignent aux grosses côtes du milieu. Ces côtes, à leur tour, jointes aux branches et au pied qui les porte, vont dépérir aussi, si l’on ne vient pas à leur secours en arrosant la racine de cette plante. Si on l’arrose , que se passe-t-il ? L’eau apportée à son pied va la rafraîchir en montant dans ses branches et ses feuilles par l’aspiration des rayons du soleil, et humectées ainsi jusque dans leurs extrémités, les fleurs, qui commençaient à se faner, vont revivre aussi fraîches qu’avant, ce qui n’eût pas eu lieu sans le secours de l’eau qui a été la vie de cette plante, — Ta comparaison est bonne : mais si elle me dit que l’eau est un principe de vie pour cette plante, elle ne me dit pas quel est le principe de vie du système
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nerveux, ni où 1 on peut trouver h 1 alimenter et le fortifier? On peut le trouver dans notre sang; le fluide nerveux n’est pour moi que la quintessence de notre sang. — Pourquoi le sang chez moi n’engendre-t-il pas un fluide nerveux convenable? Ai-je Je sang vicié? — Tu n’as pas le sang vicié, mais tu n’as pas assez de sang, ou , pour mieux dire , le tien est trop pauvre , il ne possède pas la force nécessaire à l'engendrement du fluide nerveux. Sa faiblesse cause son éehauffement , et son échauffement le trouble que tu ressens dans le système nerveux. Voilà tout. Et c’est pour cela que les remèdes que nous employons journellement ont un effet très faible. C’EST LA VIE QUI TE manque. — Dois-je retrouver cette vie? — Oui. — Où, et comment? — Dans ce que tu fais depuis quelques jours : l’absorption de viandes noires , une nourriture tonique et de l’exercice; le SANG engendre le SANG , et l’exercice le mouvement des liquides. — • Où faut-il prendre ce sang? — Où l’estomac l’indique. Aujourd’hui il te demande du bœuf ; demain ce sera du mouton , aprèsdemain du canard ; enfin, tous animaux à viande noire. — Pourquoi plutôt des chairs
noires que rouges? — Parce que le sang, quoique rouge, passe par des milieux dans lesquels il se fonce en couleur, en y absorbant des molécules et des puissances qu’il ne trouve pas dans d’autres. Voilà pourquoi le veau , le porc , le poulet , etc., ne fournissent pas une nourriture aussi substantielle et vivifiante que le bœuf et le mouton. — Cependant le porc passe pour être très nourrissant. — Cela paraît ainsi , parce que c’est une viande solide , mais l’estomac y trouve peu de sucs sanguins ; les intestins n’en reçoivent presque rien , ils rejettent des matières abondantes, ce qui prouve qu’ils y ont trouvé peu de chose à prendre. Au contraire, les matières fournies par les viandes noires sont moins abondantes, parce que l'estomac en suce les sucs jusqu’aux extrêmes, quand, au contraire , il ne suce que machinalement ces viandes blanches.
Voilà ce que je vois s’opérer en toi. Nous n’avons pu jusqu’à ce jour ( depuis seize mois) stimuler l’estomac à demander ce qu’il demande aujourd’hui. Il se nourrissait avec nonchalance, et par caprice, de substances n’ayant que peu de vie en elles, ce qui lui servait à entretenir mécaniquement ton
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corps; niais aujourd’hui il se réveille, il demande des substances vivifiantes, il va ranimer tout ton être de cette vie nouvelle et te rendre la santé. — Dans tout cela je ne vois que du sang de bœuf et de mouton , ce qui me donne une bien faible idée de la vie mue par l’intelligence? — Mais l’intelligence humaine est dépendante des forces quelle trouve dans la vie matérielle, et, pour moi, du sang de bœuf et de mouton sont et sortent d’une même source que la nôtre. Ce n’est pas dans eux qu’est l’intelligence , ils n’en sont que les stimulants...., les locomotives ! que sais-je?... .le vois que tu ne me comprends pas Que je suis malheureuse de ne
pouvoir m expliquer autrement — Comment traduire ce que je sais par ce que je ne sais pas, qui est parler pour être comprise ?... — Je te comprends parfaitement, et si je t’argumente ainsi parfois , c’est que j’éprouve toujours un nouveau plaisir à t’entendre. — Merci, trois fois merci !... » Voilà ce qui me fut dit sur ce sujet. Je le soumets au jugement du physiologiste et du médecin.
Ces observations d’Adèle ne détruisent en aucune manière celles qui précèdent, lies maladies nerveuses sont engendrées par
plusieurs causes, qui n’exigent pas toutes les mêmes remèdes. C’est à l’étude à apprécier.
Influences diverses sur les maladies nerveuses. — Que de choses à étudier dans nos rapports avec tout ce qui nous entoure, tout ce qui nous touche, tout ce qui nous produit des sensations physiques ou morales, hélas! C’est un chaos dans lequel le philosophe, le médecin et l’observateur n’osent fouiller qu’en tremblant , car ce qu’ils en concluent ne peut être dit sans les couvrir de ridicule. Cependant que de conseils utiles , que de résultats immenses en découleraient pour l’espèce humaine en général! Quoique chaque être ne soit qu’un faible atome perdu dans l’immensité des mondes, comme le grain de sable est perdu aux yeux du voyageur qui le foule à ses pieds, on aurait tort de croire qu’il est perdu aux yeux de Dieu. Si le créateur le disjoint de tous les atomes qui, comme lui, concourent pour leur part à la formation et à l’entretien des mondes dont nous ne pouvons mesurer l’étendue ni connaître le nombre, c est qu’il sait sou utilité et sa solidarité d’action réciproque sur et dans la sphère où il paraît enfermé, sphère qui, elle-même, est enserrée dans la sphère uni-
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verselle : par conséquent , nous , faibles atomes de ces gigantesques groupes , nous sentons le contact de cette sphère dans laquelle nous baignons, comme elle nous sent elle-même; nous touchons, par toutes les parties de notre corps, à des parties quelconques de ce fluide invisible dont elle est composée , et qui elles-mêmes touchent à d’autres parties, jusqu’à la dernière et première qui est Dieu. Oui , chaque atome vivant touche par ce rayonnement contigu à toutes les parties de l’univers, reçoit sa part de l’influence de la création entière en acquit de celle que cette dernière reçoit de lui.
Cette proposition n’est pas à mettre en doute, elle est surtout démontrée aux névralgiques dans ce qu’elle a de plus apparent et de sensible, qui sont les éléments qui les entourent. Non , il n’est pas indifférent aux névralgiques, disons-nous, qu’il règne des vents du nord , d’ouest , d’est ou du sud , ainsi que leurs divisions; il ne leur est pas indifférent que la nouvelle lune soit le dernier quartier, que le printemps soit l’automne ou l’été l’hiver. Il ne leur est pas indifférent d’habiter un rez-de-chaussée humide ou un quatrième étage , une ville
boueuse ou une campagne, une contrée du globe ou l’autre. Pourquoi ces différences ? Parce quelles ont toutes des influences sur les fluides qui nous vivifient; elles les raréfient ou les condensent, soustraient ou chargent les climats et les lieux sur lesquels elles régnent , et ont des rapports plus ou moins directs. Non, tout cela n’est pas indifférent aux névralgiques et ne doit pas être indifférent à l’étude médicale. Nos nerfs sont les premiers distillateurs de cette atmosphère dans laquelle ils baignent; ils ne peuvent déposer dans le matras, qui est notre corps, que l’esprit qu’ils y puisent. Tel système manque d’électricité et ne la trouvera jamais dans une cave; tel autre en est trop saturé, il ne s’en déchargera pas dans un grenier; un troisième la possède imparfaite, il lui manque tel contact avec un air plus ou moins raréfié, il le trouvera difficilement dans une ville telle que Paris. Il y a donc une grande étude à faire sur ces propositions dont je ne présente qu’un très faible aperçu que je crois mettre ici à la portée de toutes les intelligences, et qui est contrôlé par des observations physiques, il y aurait peut-être plus de guérisons à espérer du transfert des
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névralgiques dans des contrées et climats appropriés à leurs besoins , que par tous les remèdes connus et essayés jusqu’à ce jour.
Qu’est la nostalgie , sinon une maladie nerveuse ? Qui la guérit , si ce n’est le toit rêvé? Qu’y a-t-il sous ce toit? Une mère, une sœur, nue amie d’enfance et de cœur, répoudra-t-on. Cela peut-être, mais aussi fort Souvent cela n’est pas. Ce qu’il y a, c’est l’émanation de la prairie ou de la montagne dont ou allait saturer tout son être ; c’est l’eau, le pain, le contact des habitants, le son de leur voix ; moins que cela, l’atmosphère nuageuse qu’on aimait à respirer, formée par la fumée de la pipe du doyen du village, et qu’on ne peut trouver ailleurs. O grandeur de notre néant! que sommes-nous donc devant de telles puissances, qui paraissent n’être rien pour celui qui ne les connaît ou ne les comprend pas?
Il y a une autre influence de laquelle peu de personnes tiennent compte et qui est très nuisible aux névralgiques. C’est celle de l’entourage domestique. Ob ! là , il y a une telle étendue d’observations à faire , qu’il serait ridicule de croire pouvoir en saisir toute la portée dans quelques unes men-
tiormées isolément. Tousceuxqui connaissent et pratiquent le magnétisme nous comprendront très facilement sans plus ample explication ; mais ceux cjui n’en ont aucune notion nous riront au nez , ce qui ne nous empêchera pas de dire que tel contact avec telle personne peut influencer considérablement pour ou contre la guérison du malade ; celui auquel elle sera nuisible fera bien de 1 éviter, s il le peut : l’intuition dans ce cas est un prophète qui se trompe rarement sur les conséquences de ces contacts. Si nous voulions appuyer cette observation de celles admises en médecine, nous pourrions entrer dans le sanctuaire de l’alcôve et observer que, jusque dans les embrassements amoureux au sein du bonheur le plus parfait, il se distille parfois un poison mortel sans d’autres remèdes que la séparation. Tel couple s’inocule de tels maux par des émanations générales ou locales de fluides ; un autre par des sueurs dangereuses; un troisième par la putréfaction de l’haleine; un quatrième par l’action du coït, comme cela se voit dans les affections de la poitrine , de Y estomac, du foie, des intestins et du système nerveux , qui est si puissant à commu-
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niquer ses agitations par sympathie, comme on l’observe tous les jours dans l 'épilepsie , les convulsions, les tremblements, etc. Nous n’osons pas nous étendre sur ce sujet, parce que nous ne voulons pas aider au malade à se créer des antipathies nouvelles, il en a assez des siennes; mais nous avons présenté cette observation pour qu’elle soit saisie par ceux qui traitent et qui affectionnent ces malades. Quelquefois une séparation momentanée de deux êtres peut amener de très heureux résultats.
Le névralgique, plus que tout autre malade, par la longueur et la sensibilité de sa maladie, voit se grouper sans cesse autour de lui une masse d’accidents de toutes espèces , qui semblent contribuer plutôt à le troubler qu’à le calmer. On dirait que l’univers entier conspire contre lui : rien ne lui réussit selon ses vœux ; rien ne peut vaincre les arguments qu’il fait contre la mauvaise méthode de son traitement ; rien ne vient à son aide pour lui faire éviter tout contact avec tel objet ou telle personne qu’il voudrait fuir, avec telle odeur qui le met en syncope ou en colère, avec tel bruit qui le surprend ou l’agace, avec tels sons plus ou moins harmonieux qui lui
déchirent les oreilles ou lui donnent des pensées et des souvenirs qui l’attristent ; puis c’est une nouvelle désagréable ou une attente insupportable; que sais-je?se cramponne-t-il à la vie ou à l’espoir d’un côté, que de l’autre il semble qu’une main occulte ou une voix importune viennent lui faire lâcher prise , ou lui ravir son espérance; il ne sent et n’observe plus comme dans son état ordinaire ; il a plus de tact ou plus d’exigence , d’amour ou de haine.
Ses ennemis pullulent, ses amis disparaissent , la nature même n’est plus pour lui ce qu’elle était, jusque dans ses productions qui lui font défaut. Qu’importe au névralgique une belle journée de printemps, s’il ne peut en jouir? elle se change pour lui en une journée d’été ; il trouve le soleil trop brûlant, l’air trop lourd; il ne rencontre nulle part cette atmosphère douce que recherche la fièvre qui le dévore , le lait printanier que sa bouche desséchée demande ; il ne rêve plus qu’à une fin , la fin des fins , celle où toute douleur se calme , où tout soupir s’éteint , où tout espoir renaît et où tout bonheur est assuré : c’est la fin qui est le commencement d’une nouvelle vie , c’est la
MALADIES NERVEUSES
fin de la terre et la possession du ciel, la fin de l’homme et la naissance de l 'ange! ! !
Il nous resterait bien à parler d’une autre influence qui est du domaine de la psychologie et qui a son royaume dans le monde des esprits, auxquels on ne croit pas assez de nos jours pour que nous nous exposions à la traiter dans un ouvrage tout médical, que nous faisons déjà trop philosophique; d ailleurs ce serait nous répéter et n’acquérir qu’un peu plus de ridicule en récompense de nos études et de notre amour pour l’humanité. Nous nous en sommes assez couvert dans nos autres ouvrages sans le rechercher ici de nouveau, avec une persévérance qui paraîtrait déplacée.
Nous concluons donc que les maladies nerveuses issues de causes physiques peuvent être guéries ou calmées par les remèdes que nous avons proposés , ainsi que par l’étude du système philosophique dont nous avons donné un faible aperçu , et que celles dont les causes sont morales peuvent être guéries par une réaction semblable à la cause elle-même : un mot dit à propos, une nouvelle attendue , la vue d’un objet désiré , une surprise, une joie, un soupir, que sais-
maladies.
je? une note harmonieuse de musique. C’est Jà que nous nous écrierons encore et toujours : O néant de notre savoir ! O profondeur de la sagesse divine !
Il va sans dire que , dans ces deux cas , le magnétisme est d’un très grand secours. C’est là qu il trône, quil règne, qu’il domine et s impose. Que l’action morale subjugue la maladie morale, que 1 action physique commande à la maladie physique, ces deux actions nont pas besoin dêtre démontrées. Veuillez le calme du malade, et donnez la vie aux organes qui ne la possèdent pas; magnétisez localement par l’imposition des mains, ou à grands courants, selon la nécessité; que ces magnétisations soient régulières et persévérantes. Tout est là.
Réflexions* philosophiques sur les maladies précitées.
Il n’existe point de maladies, si faibles qu’elles soient , qui ne réagissent plus ou moins sur le système nerveux, et par un désordre quelconque sur les idées de ceux qui en sont atteints. C’est la conséquence de la construction de notre corps qui ne possède