CONSEILS ET PENSÉES PHILOSOPHIQUES
Ce que contient cet ouvrage n’est présenté au lecteur, ainsi qu’au malade, qu’à titre à'étucles et d'observations. Nous n’avons aucune autorité , nous le répétons , pour commander à la confiance publique; nous ne sommes ni docteur, ni savant; nous ne nous donnons que comme étudiant les souffrances humaines et cherchant à les calmer, comme nous serions heureux qu’on calmât les nôtres,
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aussi allons-nous nous résumer par quelques conseils et pensées philosophiques.
La meilleure des médecines est celle qui guérit.
Le meilleur des médecins est celui qui sait l’appliquer.
Le plus heureux des malades est celui qui en fait emploi.
Toutes les connaissances médicales se résument dans ces trois propositions.
11 n’y a rien d’identiquement semblable dans l’uuivers, peut-être encore moins dans les maladies et leurs remèdes, que dans toute autre partie de la création. Donc, à chaque maladie, il faut un e nouvelle étude à laquelle le malade est appelé de préférence à prendre part, car il est le seul instruit de sa source, de ses progrès et de son siège ; il est en correspondance directe avec elle. A chaque remède qu’il lui propose pour en obtenir le calme, il sait les réponses qui lui sont faites , par une sensation instinctive d’approbation ou de répulsion , qui est la plus sûre voie conduisant à la guérison. Que le malade sache donc connaître ses besoins et ce qu’il
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veut, puis qu’il étudie la vertu des remèdes dont nous nous sommes occupé; qu’il en fasse un choix aussi sage que possible, et qu’il suive en cela l’exemple de son chien et de son chat dont l’instinct dépasse sa raison, lui si savant en toutes sciences, hors la meilleure, qui est de savoir se soigner. Qu’il ne croie jamais à l’infaillibilité d’un remède quelconque. En homme prudent , il doit douter de tous , hors de celui dont sa propre expérience lui démontre la nécessité; qu’il n’abuse pas de l’emploi des plantes! .l’aime mieux voir à la boutonnière de mon habit un bouquet de violettes que d’en boire l’infusion contre un commencement de trouble intestinal , qui pourrait bien n’exister réellement qu’après avoir pris cette infusion pour le calmer; car, de deux choses l’une, une infusion quelconque ne produit d’effet que par une puissance qui lui est inhérente. Si cette puissance n’est pas employée convenablement , elle peut créer ce qu’elle ne trouve pas à détruire, puisque la conséquence de son existence est d’agir : donc un peu de patience me débarrasserait de ma colique, qui n’est peut-être occasionnée que par un vent , quand mon infusion de violette peut mettre
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ma bile en mouvement, ou d’autres humeurs dont le repos m’est préférable à l’activité.
Grâces soient rendues à la vertu des plantes! au savant qui en orne nos parterres ! et à celui qui nous accorde le bonheur de nous passer de leurs secours !
Notre machine humaine , dont j’ai désiré démontrer le mécanisme spirituel dans le sanctuaire du spiritualisme , me fait assez l’effet, philosophiquement parlant, d’un vaisseau aux mille et un cordages, dont quelques uns servent selon les besoins, et par conséquent fatiguent selon les forces dépensées. J’ai étudié par de longues observations toutes les douloureuses sensations qui affectent plus une partie de notre individu qu’une autre , et je me suis souvent demandé : Pourquoi cela est-il ainsi? quelle définition, quelle comparaison matérielle peuvent répondre à ce pourquoi? hélas ! mon cœur me rendit compte de ce que je cherchais à connaître; il était sensible et aimant, par conséquent brusqué et isolé , car les affections ont leurs pôles, comme tout ce qui est susceptible d’existence , et les pôles sont toujours op-
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posés entre eux , opposition d’où résulte l’harmonie.
Cette partie de ma machine nommée cœur , ayant beaucoup fonctionné, joué, fatigué de toutes manières, devait présenter naturellement pour résultat la même fragilité que tout ce qui s’use (ce serait une erreur de croire que de la déception naît l’égoïsme ; j’assure que la déception double l’amour). Si les cordages tendus du vaisseau que nous avons pris pour allégorie sont minés par la violence du vent et l’humidité de la vague, ils s’échevellent, se distendent, s’amincissent, flottent et tremblent à la moindre brise, nos nerfs et tous nos organes éprouvent ce même désordre. Ce qui sert beaucoup , fatigue vite. Le gastronome aura de pénibles digestions; le sang lubrique épuisera bientôt la vie de la vie; le joueur débauché ébranlera en peu de temps son riche et faible patrimoine ; le penseur politique ou philosophe ruinera non moins vite son laboratoire d’idées; le religieux marchera à l’immobilité des fonctions organiques, s’il fait abus de la contemplation et des privations. Qui ne sait pas donner a droit de ne rien recevoir; qui ne nourrit pas son corps de substances corporell es^n’obtient
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pas de vie corporelle; qui ne sait allier le repos à la fatigue , constitue le désordre en permanence. Il en est ainsi dans nos habitudes et nos sensations : plus nous disposons par le travail d’une partie de notre corps, plus elle fatigue; plus nous disposons de nos affections, plus elles sont sensibles ; plus nous caressons une idée , plus elle nous devient nécessaire et nous domine. En toutes nos actions il faut un juste milieu , où siègent la sagesse et l’observation. Tâchons que le roulis de cette vie ne soit pas trop fort, si nous voulons arriver au port sans avaries, agissons envers nos organes comme envers des êtres animés; ne leur imposons pas une tâche au-dessus de leurs forces ; si nous voulons qu’ils la fassent , prenons quelque soin d’eux, puisqu’ils concourent à notre bonheur. Ce que nous ferons pour eux , ils le feront pour nous, ils nous rendront caresse pour caresse, et douleur pour douleur !