‹ Du traitement des maladiesChapitre 62 sur 64 · APHORISMES SUR LE MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

APHORISMES SUR LE MAGNÉTISME

Ce magnétisme astral, dit universel , existet-il ?

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Tout ce qui est savant, pense et raisonne, dit oui.

Qu’est-ce que le magnétisme ?

G est l’influence des corps entre eux.

Qu’est-ce qu’une influence?

C’est un attouchement produisant un résultat ou une sensation quelconque.

Comment peut avoir lieu cet attouchement?

Par la compression où la dilatation, l'attraction ou la répulsion des corps entre eux.

Comment des corps peuvent-ils être compressés ou distendus, attirés ou repoussés, sans changer, augmenter ou diminuer leur volume ?

Par le secours d une substance intermédiaire qui les relie entre eux , substance nommée fluide universel.

De quoi est composée cette substance ?

D’atomes vivifiés par la pensée divine.

Quels sont ces atomes ?

Tout ce qui constitue les parties les plus simples ou composées de la création.

La création est donc susceptible de progression ou de déperdition dans les formes quelle contient ? •

Non, mais ces formes sont susceptibles

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d'un mouvement qui ne peut exister que par la succession et le changement des atomes qui les composent, mouvement qui disjoint sans anéantir, qui remplace sans changer les formes.

Le mouvement est-il une création possédant seule la mobilité?

Il ne peut la posséder que par la transposition des atomes qui constituent sa vie ; cette transposition touchant a toutes les formes, toutes sont muables comme lui.

Où est donc l’immobilité qui constitue la vraie individualité ?

Dans le moi de chaque atome , de chaque être, de chaque partie de la création, moi immortel, mais qui serait dépourvu de toute sensation qui est la vie, si tous ces moi ne se groupaient pas ainsi par une loi d amour, dont Dieu seul connaît le résultat et dont il est le foyer.

Ces propositions ainsi résolues, il est impossible d’admettre que les corps nommés célestes jouissent seuls de cette émission et absorption d’atomes, et la refuser aux corps terrasco-célestes ; les trois règnes doivent donc avoir leur magnétisme (qui est le nom donné a ces échanges) comme les corps ce-

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lestes. Voilà pourquoi le magnétisme humain existe. Ce raisonnement est la conséquence du premier admis en physique.

Ces aphorismes ne sont pas posés dans ce livre pour ceux qui ne croient pas au magnétisme duquel nous nous occupons , ils s’adressent à ceux qui l’admettent, et nous conduisent aux propositions suivantes :

Si le magnétisme est une sensation produite par un corps sur un autre corps au moyen d’un attouchement dont la conséquence est une échange d’atomes ou de molécules connus sous le nom de fluide , on doit donc, dans le magnétisme humain, étudier l’agent et le patient.

Celui qui reçoit doit choisir son agent.

Celui qui donne doit choisir son patient.

Ce qui veut dire que selon le fluide échangé, selon le trouble ou l’harmonie qui en résulte pour chacun, il n’est pas indifférent, en magnétisme, d’étudier l’être auquel on demande et l’être auquel on donne, puisque l’échange doit produire un résultat: ce résultat sera la conséquence de l’harmonie et des besoins réciproques, si les médecins ont reconnu que des virus mal

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sains pouvaient être inoculés clans des corps choisis à cet effet.

Les moralistes,, les spiritualistes, et tous ies observateurs de nos moeurs, ont reconnu cpic des passions plus ou moins désorganisa trices peuvent également s’inoculer par des effets sympathiques et d’imitation qui ne sont pas à mettre en doute: que doit-il, ou que peut- il donc ne pas résulter de l’action magnétique?

Nous ne résoudrons pas cette question : nous nous bornerons à dire que ces propositions nous prouvent qu'il faut être très prudent dans les rapports magnétiques, étudier ce commerce des deux corps et des deux âmes si intimement liés dans cette action, et ce qui peut en résulter pour la tranquillité de chacun.

Que la sagesse recherche la sagesse;

Que le sang pur recherche le sang pur;

Que celui qui veut conserver sa liberté ne la livre pas à qui peut en abuser;

Que l’âme qui aime la pudeur ne se confie pas à une âme impudique.

Le magnétisme, c’est l’amour et la haine, la paix et le trouble, la dualité universelle , l’arme à deux tranchants, la médaille à deux revers, le bâton à deux bouts; il est en reli-

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gion ce que l’on nomme Dieu et Satan, et en physique bien et mal .

Nous préférerions voir le magnétisme admis clans toutes les familles que de le voir admis dans tous les publics.

Nous préférerions voir le père magnétiser son fils, la mère sa fille, et ainsi par degrés de parenté , d’alliance et d’amour, que de voir le voisin magnétiser sa voisine , etc.; contacts desquels peut découler la guérison du corps et le trouble de Pâme.

Ce cjue nous venons d’exposer nous l’avons fait avec connaissance de cause et dans l’intérêt de tous; qu’on croie en notre parole, on ne s’en trouvera que mieux. Nous devions ces observations à ceux auxquels nous conseillons l’emploi du magnétisme.

L’harmonie en toute chose exige 1 accord entre la fin et le commencement. Tel nous avons commencé ce livre, tel nous devons le terminer. Une pensée philosophique 1 a ouvert, une pensée philosophique doit le fermer. Il y a des maladies et des douleurs de toutes espèces à subir pour 1 homme sut cette terre d’épreuves. Tous ceux qui ont

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souffert demandent : A quoi sont-elles utiles? Nous pouvons répondre hardiment quelles sont la nécessité et le complément de chacune de nos joies. Elles sont l’autre partie de cette dualité universelle qui règne de X atonie au soleil ; elles sont des tableaux parlants qui viennent consoler le borgne de ne pas être aveugle, le manchot de ne pas être privé des deux bras. Quel est celui d’entre nous qui échangerait sa position contre celle de sa plus heureuse connaissance, s’il devait subir dans les moindres de ses plaisirs ou peines tout ce qui lui en paraît désagréable, ne voudrait-il rien eu retrancher? Qui me prouve que le pape est plus heureux que le curé du village? Avons-nous la connaissance intime des passions, des désirs et des douleurs du cœur ? Qui me dit que cette petite baronne , aux manières les plus séduisantes, entourée des plus serviles attentions, n’est pas obsédée par la finesse du pied de sa femme de chambre, et qu’elle n’aura pas une syncope en voyant offrir un ca/nelia à son amie ?

Qui me dit que , sur son lit de douleur, cet homme, aux membres ulcérés depuis nombre d’années, a plus souffert cl souffre

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davantage que cet Hercule de la vie, qu’un simple nerf foulé ou influencé d’une manière quelconque, lui fait jeter les plus hauts cris? Puis-je peser ces douleurs? sais- je si celles du premier ne sont pas atténuées , lentes , peu sensibles, quand celles du second sont accumulées et très vives? Qui me dit que dix jours de goutte, de migraine, d’ambition ou de dépit n’équivalent pas à dix ans d’une maladie dontlu vue m’effraie et m’attendrit?Touf est relatif à la susceptibilité des organisations, à Ja puissance des sensations, à la fragilité des organes ou des pensées impressionnées.

Cent fois des malades ont été très étonnés que la vue de leur plaie, ou la connaissance de leur souffrance, m’impressionnassent à un tel degré. Dieu, qui est le grand dispensateur de toutes les vies, des sensations, des joies et des peines, est infiniment juste. Que lame souffrante soit pénétrée de cette vérité : Le plus minime des atomes serait plus grand que Dieu , s’il pouvait V accuser l

C’est à cette noble pensée que je dois bien des moments de calme dans de bien grandes douleurs. Elle est le remède des remèdes, parce qu elle est la consolation dos consolations. C’est pour qu elle soit appréciée pui les pauvres malades désespérés que je la rup-

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pelle à leur souvenir, en les assurant de nouveau que Dieu n’ayant créé rien d’inutile, tout doit donc concourir à l’utilité générale. Ce serait manquer de cœur et de générosité que de refuser sa douleur au tableau des douleurs humaines, c’est le seul moyen d’avoir sa place dans celui des joies éternelles.

Le malade observe trop la santé de son voisin : qu’il observe un peu plus les pleurs de sa voisine , et qu’il ne sépare jamais la douleur du cœur de celle du corps, dans le contingent de celles que nous devons tous payer à la terre.

Tel homme n’a jamais été malade jusqu’à l’âge de cinquante ans. Au moment où il en fait parade, il tombe, à son tour, dans le lit de misère, et là il oublie trop tôt qu’il s’est toujours bien porté. Tel autre n’a jamais eu une écorchure sur le corps, mais qui peut compter celles de son âme? Un troisième n’a éprouvé ni l’une ni l’autre; qui me prouve qu’elle n’est pas en route. Sa femme, ses enfants, sa fortune, ses affections, tout cela estil exempt de souffrir, et. de le faire souffrir? Quand tout cela n’aurait pas lien, qui médit que le bonheur de cet homme dans le monde d’outre-tombe pourra égaler celui du pauvre qui a désiré toute sa vie ce que l’autre a tou-

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jours possédé? Si la joie égale la peine qu’on a subie pour l’obtenir, chacun peut juger. Je dis juger. Hélas! que pouvons- nous juger dans des questions de cette importance. Nous cherchons à nous calmer, voilà tout. Le seul juge dont la sentence ne peut faillir est Dieu. Lui seul est bon , lui seul est grand. Prosternons-nous avec humilité à ses pieds, et que sa main généreuse daigne nous relever de notre abjection en nous montrant la route qu’il nous convient de suivre, et laissonsnous emporter dans ce tourbillon universel des créations infinies , comme l’atome par l’ouragan. Nous sommes tombés assez bas pour avoir l’espoir d’être relevés. Piien ne reste en place dans ce mouvement sans fin. Chaque manifestationason temps et sa durée; elle succède à une autre, comme cette autre le fera envers celle qui la suit. C’est la roue qui tourne sans cesse; c’est la partie foulée qui foule à son tour. La maladie est la jonction de deux dents d’engrenage; c’est le baiser d’amour du passé au présent, de la vie d’hier à celle de demain; c’est le premier cri du nouveau-né, et le 111 ère ;

c’est la malédiction de l/v^ufem»£*tenie du médecin.

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