‹ Du traitement des maladies tropicales dans les climats tempérésChapitre 10 sur 10 · Celle où il y a simplement épuisement et syncope · texte numérisé non relu

Celle où il y a simplement épuisement et syncope

2. Celle dans laquelle les centre nerveux, particulièrement ceux de la respiration et de la circulation sont gravement affectés comme après un choc.

3. Celle dans laquelle les centres vaso-moteurs sont d'abord surexcités puis épuisés et paralysés par une chaleur excessive, et qui est accompagnée de pja-exie intense.

Prise à ses débuts, la première variété est fort simple ; elle passe le plus souvent sans laisser de suites fâcheuses.

Mais la deuxième et la troisième formes, sm-tout quand elles frappent des personnes qui mangent trop ou qui s'adonnent à la boisson et qui, par suite, ont le cœur, le foie, ou les reins attaqués, sont très dangereuses et causent une mortalité de 45 à 50 pour cent. De ceux qui en réchappent, quelques-uns guérissent complètement ou à peu près, beaucoup sont û-appés pour toujours et restent infirmes tout le reste de leur vie. Quelques-uns sont enlevés de bonne heure par quelques lésions irréparables de structure dans les centres nerveux cérébraux ou par une inflammation chronique des méninges.

Symptômes. — 1. Faiblesse de l'inteUigence, perte de mémoire, irritabilité nerveuse, lassitude et fatigue mentale aisément produite, insomnies, rêves agitants et alarmants, céphalalgie frontale, migraine avec douleur céphalique intense, souvent provoquée par l'exposition à la chaleur que le malade ne supporte que très mal, par une lumière éblouissante, une chambre chaude et mal ventilée, etc., assez fréquemment de l'hypochondrie, de la mélancolie, de la démence, de la manie aiguë ou monomanie.

2. Parfois affaiblissement uni ou bilatéral, ou perte de l'ouïe, de l'odorat, du goût, ou de la vue, bourdonnements d'oreille simulant la maladie de Ménière, et même quelquefois causée par elle, mouches volantes, etc.

3. Il peut y avoir de la paralysie de sensibilité ou de mouvement dans une jambe ou dans un bras, ou dans le cours d'im nerf particulier comme le cubital, le médian ou le sciatique, ces phénomènes sont souvent précédés par de l'hyperesthésie, quelquefois par une paraplégie bien marquée ou incomplète et l'atrophie des muscles affectés; atonie

on paralysie partielle de la vessie, du sphincter anal, des muscles de la défécation et de la paroi musculaire des intestins produisant la difficulté dans la miction ou la défécation. La première peut nécessiter le cathétérisme ; la deuxième, des purgatifs toniques qui ont poi;r double but d'accroître la force nerveuse et d'évacuer l'intestin.

4. Il peut y avoir faiblesse et excitabilité de l'action du cceiu', irrégularité et intermittence du pouls par suite d'un déi-angement dans les centres nerveux qui président aux fonctions régulatrices du nerf vague. Quand la dégénérescence de structm-e des ganglions sensitivo-moteurs cérébraux est continue et progressive et que l'hémiplégie augmente graduellement, le pouls peut être lent, dur, variable, h'réguUer et intermittent, d'un caractère vi'aiment cérébral.

5. Dans un certain nombre de cas, lorsque les lésions des centres nerveux ont été moins profondes, ou que le rétablissement a été plus complet, on rencontre im groupe de symptômes qui entravent la santé et le bien-être général, mais qui ne menacent pas sérieusement la vie. Ce sont le tintement et le vertige auriculah'es, l'étourdissement, la névralgie, les mouches volantes, une perte locale partielle et temporaire du pouvoù' musculaire ou de la sensibilité, une sorte de dyspepsie nerveuse et autres indications de moindre importance. Tous ces symptômes peuvent être aggi-avés et compliqués, et cela arrive souvent par des dérangements fonctionnels des viscères ohylopoétiques et de la circulation porte.

Traitement. — Les limites de ce mémoke ne nous permettent pas d'entrer dans le détail des moyens à employer pour combattre les différents effets, tels que nous les avons observés en Angleterre, de l'insolation et de la fièvre thermique. Ils peuvent être appliqués suivant les principes généraux. Il faut combattre l'ù-ritabilité nerveuse et l'insomnie par le repos de l'esprit et une absence complète de tout travail du cerveau et de toute préoccupation, par le bromure de potassium ; l'anesthésie, la paralysie chronique ou paraplégie, et les troubles de l'innei-vation des muscles involontaires par la noix vomique, la strychnine, la quinine, l'électricité, le massage, etc., la rétention d'urine partielle ou complète, par l'emploi du cathéter ; la constipation, par le massage abdommal, les purgatifs, les toniques, les stimulants et les lavements ; la névralgie, par la quinine, le bromure d'ammonium; un dérangement mental, d'un caractère sérieux, par les moyens destinés à égayer et à divertir, tels que les voyages, les changements de climat et

de pays, les jeux et amusements en plein air; quand il y a dérangement du cerveau ou perte complète de la raison, il faut avoir recours aux maisons de santé ou aux asiles d'aliénés ; enfin la pléthore porte doit être combattue par des apéritifs appropriés et des cathartiques. La santé générale doit être soutenue par une nourriture simple, bonne et substantielle.

Comme une certaine proportion de malades se rétablissent, en apparence presque complètement, la question est de savoir si l'on peut leur permettre de reprendre leurs occupations dans les régions tropicales. Quand, suivant toute apparence, et cela arrive fi-équemment, la santé physique et intellectuelle est entièrement rétablie, le malade et ses amis peuvent à peine comprendre la répugnance qu'on éprouve à lui laisser reprendre son travail dans un pays chaud et malsain. Il pense naturellement que son retour à la santé est complet. Cela peut être, aussi longtemps qu'il vivi'a et se livrera à ses occupations dans des régions tempérées ; mais l'expérience a démontré que ce rétabhssement n'est jamais assez complet pour lui permettre de reprendi-e sa résidence ou ses occupations dans les tropiques. La vérité c'est que le cerveau et ses centres nerveux, au point de vue des fonctions et de la structure, ont été si profondément affectés chez la plupart de ceux qui ont souffert d'insolation, ou de fièvre thermique, qu'ils sont désormais incapables de travailler dans la chaleur intense du soleil de l'Lide. Il y a certes quelques exceptions chez ceux qui jouissaient auparavant d'une constitution robuste et qui ont mené une vie parfaitement régulière, mais elles sont en si petit nombre qu'on peut dire que loin de contredire la règle, elles ne font que la confirmer.

Loudon : J. s, LE VIN, Steam Printlng Works, 76, Leadenball Street, E.O.

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