‹ Du traitement des maladies tropicales dans les climats tempérésChapitre 2 sur 10 · DU TRAITEMENT DES MALADIES TBOPI0ALE · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT DES MALADIES TBOPI0ALE

irrégulières de la fièvre paludéenne, fait souvent naître, dans les centres organiques nerveux qui président à la nutrition, des troubles aussi profonds, sinon plus graves, que ceux qu'il occasionne dans une fièvre paroxysmale ordinaire.

Les personnes ainsi affectées, aussi bien que celles qui ont eu plusieurs attaques de fièvre intermittente à différentes époques, sont sujettes à des fièvres périodiques d'un type régulier ou irrégulier après leur retour en Europe : c'est un fait constaté depuis longtemps. Bien plus, il y a lieu de croire qu'on observe parfois chez elles des fièvres rémittentes.

Qu'ils aient été attaqués plusieurs fois ou non par la fièvre miasmatique, on observe généralement certains symptômes chez les Européens qui, après avoir habité des pays chauds et malsains, sont revenus en Em'ox^e avec une santé altérée. Voici une énumération rapide de ces symptômes : augmentation de la pigmentation de la peau, teint brun et blême ou fades miasmatica ; tendance à une transpiration abondante, après un exercice modéré, due à l'épuisement ou à l'affaiblissement de la nutrition des nerfs vaso-moteurs des artérioles cutanées ; excessive susceptibihté au refroidissement et, par suite, tendance à la congestion des viscères thoraciques et abdominaux; affaiblissement du système nerveux cérébro - s^iinal, marqué par de l'insomnie, de l'excitation nerveuse, des perturbations dans la co-ordination des mouvements des extrémités, surtout dans les bras et les mains, ce qui produit une certaine difficulté à écrire ; alourdissement de l'intelUgence ; fatigue mentale facilement produite ; diminution de force du système musculaire volontaire ; manque de ton dans les centres organiques nerveux, accompagné d'une certaine atonie cardiaque et vasculaire ; débilité physique ; léthargie ; froidem- des mains et des pieds ; tendance à la céphalalgie ou à la névralgie de la 5" pake ou des nerfs de la région lombaire ou des extrémités inférieures ; abattement hors de proportion avec la gravité de l'état ; langue chargée ; goût amer dans la bouche \q matin en se levant ; anoréxie ou appétit capricieux ; digestion lente et imparfaite; flatuosités et sensation de lom-deur à l'estomac après les repas ; tantôt de la constipation, tantôt de la diarrhée ; excréments d'une couleur argileuse et d'une odeur excessivement désagréable; souvent des hémorrhoïdes ; un certain degré d'anémie indiqué par la pâleur de la peau, des lèvres, des gencives et de la gorge; l'urine chargée d'm-ates et dans quelques cas albumineuse, par suite de congestion ou d'ù-ritation produite par l'acide urique, ou simplement par suite de la présence de peptones non- assimilables; parfois une légère augmenta-

DANS LBS CLIMATS TEMPÉRÉS

tion de température le soir ; sensation de chaleur dans la paume de la main ou à la plante des pieds ; douleur sourde le long des grands troncs nerveux, particulièrement dans ceux des extrémités supérieui-es ; chez un certain nombre de malades la rate et le foie sont gonflés, surtout dans les cas fiévreux ou après des retours de fièvre intermittente régulière ou ii-réguhôre, ce qui augmente l'intensité des symptômes précités, en particulier de ceux qui proviennent principalement de la pléthore abdominale et du dérangement des fonctions hépatiques.

Chez les femmes on rencontre souvent, en outre l'inversion, le prolapsus, la procidence, l'autéversion, la rétroversion de la matrice, la menstruation irréguhère, l'aménorrhée, la dysmenhorrée, la ménorrhagie, la leucon'hée.

Les enfants qui ont quitté les plaines des Indes vers l'âge de cinq ans, ou même avant cet âge, arrivent souvent en Em-ope faibles, mahngres, chétifs et pâles au point de vue physique, et en retard au point de vue intellectuel.

Traitement. — Lorsqu'il n'y a aucune maladie constitutionnelle importante, le voyage de retour en Europe est souvent accompagné par une amélioration sensible. Presque toujours il fait disparaître la tendance au retour de la fièvre intermittente, et le traitement thérapeutique suivi à bord a déjà préparé la voie pour un rétablissement complet. En arrivant en EuroiJe, le premier soin à prendre c'est de maintenir par des vêtements appropriés une température uniforme à la surface du corps. Des ablutions tièdes quotidiennes, pour tous ceux chez qui se produit une réaction suffisante, sont de la plus haute importance. Il en est de même, à l'occasion, de l'emploi des bains d'eau douce ou salée. On doit exiger autant d'exercice à l'air libre que le malade peut en supporter sans fatigue. On doit régler les sécrétions intestinales par des purgatifs salins tels que le sulfate de magnésie ou de soude, avec de la quinine et de l'acide sulfurique, les eaux minérales de Frederickshall, de Hunyadi- Janos, ou de Carlsbad, administrés le matin, pom* diminuer la pléthore abdominale, sans quoi ni la nourriture ni les remèdes prescrits ne produiraient l'effet qu'on en attendait. Les aliments doivent être simples et noumssauts. A l'exception d'un peu de vin les stimulants alcooliques sont pernicieux. Dans bien des cas où l'excès de pression dans les vaisseaux portes résiste, ou ne cède que lentement à un régime régulier et aux purgatifs, il est préférable de mettre de côté toute boisson alcoolique, quelle qu'elle soit ; s'il se produit, le soir, quelques mouvements fébriles, quelques doses de 30 centi-

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