‹ Du traitement des maladies tropicales dans les climats tempérésChapitre 8 sur 10 · DU TKAITEMENT DES MALADIES TROPICALES · texte numérisé non relu

DU TKAITEMENT DES MALADIES TROPICALES

quelquefois rare et laissant déposer des urates et des pur-

purates eu se refroidissant, parfois abondante, d'une densité faible, claire et limpide. Il y a de la faiblesse nerveuse et musculaire, de sorte que le moindre effort engendre la fatigue. Le sang altéré ne circule ^dIus qu'avec difficulté, le pouls est faible, mou et saccadé, facilement excité, accéléré et dépressible, enfin manquant de ton. La dyspnée se produit après un léger effort ; ou en montant un escalier, il y a des palpitations fréquentes. On observe souvent un souffle au premier temps et à la pointe ; il existe également dans les veines du cou un bruit de soufde, dont la caractère fonctionnel est démontré par sa diminution à mesure que le sang s'améliore en qualité et en quantité. Dans les cas anciens, il peut y avoir de l'insuffisance mitrale due à l'affaiblissement ou à la dégénération de la fibre musculaire cardiaque, et qui disparaît lors du rétablissement du ton et du pouvoir- du muscle ventriculaii'e. Dans ces cas et dans d'autres, il peut y avoù* œdème des chevilles et des pieds, disparaissant la nuit pendant que le malade reste étendu. Il y a xn-esque toujours des étourdissements quand on passe brusquement de la position verticale à la position horizontale.

Chez les femmes qui ont eu des enfants et ont perdu beaucoup de sang au moment de leurs couches, ou qui ont été affaibhes par un allaitement prolongé, ou chez celles qui, ayant été stériles ou vierges, ont été périodiquement affaiblies par la ménorrhagie et la leucorrhée, aussi bien que par l'influence débilitante de l'empoisonnement paludéen, par une chaleur et une humidité excessives pendant plusieurs saisons malsaines successives sous les tropiques, les symptômes précités sont sujets à augmenter sensiblement d'intensité. Dans ces conditions le sang se modifie et il y a tendance à la production de caillots fibrineux et quand ce coagulum fibrineux se forme dans la cavité droite du cœur ou dans l'artère pulmonaire on est exposé à un danger très gi-and et souvent à la mort. Quand l'accident atteint les vaisseaux artériels, il peut entraîner la gangrène dans les membres ou autres parties du corps.

Quant aux enfants, les besoins de la nutrition et de la croissance, n'étant qu'imparfaitement satisfaits, tendent à accroître le développement de l'anémie paludéenne ou tropicale, dont ils souffrent si fréquemment.

Traitement. — Le premier pas vers le rétablissement a été fait par le renvoi du malade dans un climat tempéré, fortifiant, et en général exempt de malaria, comme celui de l'Angleterre et de beaucoup d'autres parties de l'Europe. Souvent on

retire de ce voyage im grand bien. Il est indiqué de maintenir l'égalité de la températm*e à la surface du cor^js ; de régulariser l'action des intestins, de régler le régime d'après la capacité des organes digestifs ; de fortifier par des toniques ferrugineux le sang appauvi-i, et de lui rendre sa composition normale, La flanelle sur la peau est indispensable, et les vêtements doivent être chauds et épais. Il faut prendre des précautions pour éviter les rhumes et les refroidissements, les appartements humides, les vêtements mouillés, le froid aux mains et aux pieds ; on doit obvier à la pléthore abdominale par des eaux minérales toniques, laxatives et apéritives. Le régime doit être doux et noim-issant ; il deviendi-a plus fort à mesure que l'amélioration de la digestion et de l'assimilation devient manifeste. De la quinine, de la gentiane, du colombo ou du quassia avec de petites doses d'acide nitro-muriatique étendu d'eau sont utiles comme préliminaires à l'emploi du fer.

Outre ces précautions qui doivent être strictement observées on peut donner les préj)arations de fer les plus facilement assimilables, telles que les carbonates, le fer réduit, le vin ferrugineux, le fer dialysé ou les persels du métal associés à la quinine, au quassia ou au colombo. La quinine doit toujours être employée dans le traitement de l'anémie paludéenne, à moins que le malade ne la supporte pas : on la remplace alors par quelque autre tonique. Le séjour à la campagne est meillem* que celui de la ville ; les localités marécageuses, basses, humides, doivent être évitées, surtout en automne. La vie en plein air et l'exercice sont excessivement salutaii'es.

Si la ménon-hagie persiste, il est mieux de la traiter par l'ergot et les acides, mais avec du perchlorure de fer dans les intervalles. La leucorrhée, qui n'est souvent qu'un simple résultat de l'anémie, disparaît ou est améUorée la plupart du temps par ce traitement. Dans le cas contraire des injections astringentes aideront à l'an-êter.

Les enfants anémiques pendant leur croissance commencent à se trouver mieux aussitôt qu'ils ont été transportés d'un climat tropical dans un climat tempéré. L'air pur et une bonne nourriture sont souvent suffisants sans l'aide d'aucun remède. Quand le rétablissement paraît lent et insuffisant, on peut l'activer par des laxatifs, des eaux ferrugineuses et des amers végétaux, parmi lesquels la quinine occupe le premier rang. L'emploi judicieux de bains d'eau douce ou salée est une mesure hygiénique de première importance.

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