OBSERVATION II
Pleurésie purulente gauche datant de S semaines, siphon, guérison en i) mois confirmée 20 ans pins tard.
M..., Charles 45 ans, agriculteur. Excès de boissons
depuis longtemps, de vin surtout. Fièvre typhoïde en I dans la République argentine. Malaria dans la même contrée pendant 7 ans. Entré à l'Hôpital pour grippe, aut > .i i ;
C'est à ce moment que nous découvrons une cicatrice dans la région latérale du thorax gauche. Ce malade avait fait en 1876 un premier séjour à l'Hôpital pour une pleurésie
purulente. Il avait alors 24 ans. était tombé malade au mois d'octobre I876et après deux semaines de traitement chez lui était venu se présenter à la clinique du Professeur Revilliod. Paute d'observation écrite à ce moment nous avons dû nous borner à reconstituer brièvement l'histoire comme suit d'après les renseignements du malade: Octobre 1876, points décote à gauche. Le malade se soigne deux semaines à domicile sans résultatpuis vient se présenter à l'Hôpital où l'on pratique deux thoracenthèses pendant les trois premières semaines.
Puis pleurotomie suivie de siphonement. Diminution progressive du pus et guérison locale complète au bout de neuf mois. -oit lin juillet 1877. Fait un séjour de convalescence de 3 mois à la campagne pour remonter son état général fortement ébranlé, après quoi le malade se sent capable de reprendre ses occupations d'agriculteur.
Il a fait depuis un séjour de î) ans (1888 à 181)7 en Amérique Brésil et République argentine, comme colon, exposé a touto les rigueurs du climat, a contracté clans ces pays la malaria qui l'a tenu fortement pendant 7 ans. Puis une fièvre typhoïde à peu près à la même époque. Le malade ;< supporté vigoureusement climat et maladies, n'a jamais été incommodé en aucune façon par sa plèvre; la cicatrice maintenue en tout temps parfaitement sèche et indolore.
I Jette observation est intéressante au point de vue du résultat a longue portée. Il y a donc juste 20 ans que le malade a quitté l'Hôpital, guéri de sa pleurésie. Pendant les années qui <>nt suivi, il a été expos toutes les vicissitudes de l'existence rude et pénible de il. ,-i supporté doux maladies sérieuses, In malaria et la fièvre typhoïde, et ne ^v>i jamais ressenti en aucune manière de son ancienne affection pleurale.
Observation III
Bronchite chronique. Recrudescence sous l'influence d'une grippe avec perforation du lobe supérieur droit et pyopneumotharox consécutif. Yomique. Deux Ihoracenthèses Siphon pendant 17 jours. Guérison.
Clientèle du Prof. L. Revilliod.
M .B..., 69 ans, a toujours mené une vie régulière austère et a joui d'une bonne santé jusqu'en octobre 1893. époque à laquelle il contracte une bronchite qui n'en finit pas et va s'aggravant depuis février 1894 à la suite d'un grippe.
Depuis lors M. B.... qui a perdu rapidement ses forces ne peut plus quitter le lit. Il est épuisé par des accès de toux avec abondante expectoration purulente et par des troubles digestifs, dégoût insurmontable, diarrhée profuse et fétide, langue sèche, fuligineuse, fièvre hectique.
Le 15 avril en faisant un mouvement dans son lit. M. B.... est pris subitement d'un accès d'étouffement pendant lequel il crache une grande quantité de pus.
Depuis lors, il t'ait chaque jour deux ou trois séances d'expectoration semblables. L'état général décline de jour en jour.
21 mai, je suis appelé par mon excellent confrère le Dr Pasteur, son médecin habituel.
M. B... est un homme vieilli pour son âge, mince, sec. ridé, au thorax décharné, cachectique, fébrile. Son crachoir reçoit chaque jour environ 150 gr. de muco-pus.
A l'auscultation on entend de gros râles humides disséminés avec timbre amphorique au niveau de l'omoplate droite qui est mate à la percussion.
Les jours suivants, les signes d'épanchement pleural ei l'amphorisme vont en augmentant de haut en bas.
Le diagnostic serait donc une pleurésie purulente avec pneumothorax enkysté (vu l'absence de suceussion et du bruit d'airain au niveau du lobe supérieur.
26 mai. Nous procédons à une ponction exploratrice, puis évacuatrice qui donne issue à 700 gr. de pus. D< moment la toux et l'expectoration cessent jusqu'au 6 juin, jour ou elles recommencent.
8 juin. Deuxième thoraccntèse qui donne >s'mi gr. de 5 et arrêi comme la première fois la toux et les crachats.
12 juin. La toux recommence, le malade rend Ino gr. de pus dans la matin
13 juin. Incision du (>""' espace intercostal, ligne axil-
s anesthésie, à la demande du malade qui esl très calme et rés - et dit n'en avoir pas souffert. Siphon, [ssue le tube d'une grande quantité de pus. Lavage qui provoque une toux pénible, le liquide passant par les bronches et la trach
1 i juin. Le siphonement se fait bien, malgré la fistule ncbique. On trouve 1150 gr. de liquide dans le flacon, soit 150 gr. de pus depuis la veille ; la toux ci l'expectoration es.
15 juin. 135 gr. de pus dans le flacon. L'état général se remonte rapidement. La fièvre, la diarrhée ont cessé, l'appétit est revenu.
h"> juin. Le malade se lève.
1'.* juin. Il va se promener dans son jardin portant son llacon à la main, la quantité de pus diminue de joui' en jour. 22 juin. T."» g. de pus. < j ui devient séreux, un peu sanguino- . si on t'ait appel avec la boule trop énergiquement. juin. La boule reste creuse si, après l'avoir compri- . on la pince au-dessous pour la remettre en communication avec la plèvre, ce qui indique que la fistule pulmoest cicatrisée et qu'il n'y aplus de pneumothorax. juin. Le poumon est à 10 cm. de l'orifice cutané. On l'appareil 15.
In ne trouve dan- le siphon que quelques gouttes de p ux.
30 juin. On enlève le tube.
1 juillet. L'orifice est clos, encore humide.
2 juillet. L'orifice est sec, cicatrisation parfaite et défini-
rai excellent décembre 1898 ,
< >BSER\ \T1<>.\ [V
G férome, 24 ans, ébéniste. Pas d'antécédents héré-
. Nombreuse famille dont tous les membres -ont bien
portants. A lui-même deux filles en bonne santé. Rougeole et coqueluche dans l'enfance. Influenza en 1891.
1896. Le 4 novembre, le malade ressent dans le côté gauche des points qui ont augmenté le lendemain. Il se sent incapable d'aller à son travail, il a de ta fièvre et tousse.
Le médecin demandé lui place un vésicatoire sur son côte gauche. Cet état se prolonge sans amélioration jusqu'au 20 décembre, époque à laquelle son médecin lui fait une thoracentèse donnant 600 gr. de pus.
1897. Quoique soulagé passagèrement après la ponction, il ne tarde pas à se sentir de nouveau plus mal. l'oppression devient croissante, la toux aussi, l'expectoration reste rare, muqueuse.
18 janvier. A la suite d'une consultation avec le Professeur Revilliod. il se décide à entrer à l'Hôpital, en chambre particulière.
Status. — Jeune homme pale, teint pigmenté, pyémique. passablement amaigri, angoissé, haletant, fébrile 38°. 5. peut à peine faire quelques pas tout en étant soutenu, éprouve un malaise, une gène qui lui serre ies flancs. Poids 65 kilos à son entrée.
Système respiratoire. — Matité s'étendant sur tout le côté gauche. Abolition du murmure vésiculaire et du frémissement thoracique, légère égophonie au niveau de la pointe de l'omoplate. — Vne ponction exploratrice au lieu d'élection donne une pleine seringue de pus vert. Le cœur est dévié à droite, cependant les bruits sont nets, mais un peu précipités. Pouls faible, régulier. Pas d'œdèmes.
Système digestif. Langue sèche, soif continuelle, anorexie. L'urine ne contient ni sucre ni albumine.
19 janvier. Anesthésiegénérale au chloroforme. Empyème. Siphon. L'opération se passe sans incident. On recueille d'emblée 1500 gr. de pus crémeux, mélangé de fausses membranes.
Le siphon donne encore 500 gr. de pus jusqu'au soir, total 2000 gv.
20 janvier. Au matin 7U0 gr. de pus dans la carafe. Le
malade se sent soulagé, respire mieux, ne tousse pas. Le
r a repris -a position normale. La nuit a été très satis-
inte, le siphon aspire bien. L'appétil revient, une si is la journée, apyrexie.
21 janvier. Il ne s'est écoulé que loi» gr. de pus dan- les 2 « heures.
22 janvier. Le malade se sent tellement amélioré <ju'il parle de rentrer chez lui, à pied, il prétend avoir le souffle et les forces suffisantes; se promène dans sa chambre, en portant sa carafe à la main. Grand appétit.
janvier. 100 gr. de pus en 24 heures,
27 » 11" id.
28 » Ts » id., -'■ sent suffisamment bien, rentre à son domicile en ville d'où il continuera à venir se faire panser régulièrement.
< )n lui place alors l'appareil B.
6 février. La sécrétion varie chaque jour entre 75 à 78 gr. Is 69 kilos, donc augmentation de \ kilos en moins de
trois semaines indépendamment des deux litres de pus qu'il avait dans la poitrine lors de sa première pesée.
7 février. La sécrétion devient séro-pumlente 65 gr. en tout dont, après repos, 25 gr. da pus et débris de pseudomembranes et 10 gr. de sérum.
8 février. A fait une promenade durant toute la journée vient se l'aire panser à 7 heures du soir, 7."> gr. Diminution lente de la sécrétion jusqu'à la fin du mois.
février. 50 gr. le 24, 65 gr., le $5, 10 gr. 30 gr.
\ mars. Face animée, un peu fiévreuse. Le malade souffre du thorax, du dos. du sternum.
5 mars. Appétit perdu. On constate alors que le tube a quitté la plèvre le malade raina tiré par mégarde). On le replace sans difficulté
6 mars. Le pua s'était accumulé, il y en a 70 gr. In mars. 50 gr. de pus.
14 mars. I>(' siphon ne fonctionne pas bien, quoiqu'il
le le vide, il n'appelé pas, le pu- est très épais, jaune
rt très difficilement.
17 mars. Le siphon recommence à bien fonctionner et ramène 100 gr. en J'« heures.
19 mars. Même contretemps; le siphon n'aspire pas; on
enlève alors le tube et l'on constate dans son orifice une énorme membrane épaisse, qu'on retire avec une pince. Un flot de pus s'échappe de la poitrine. Le malade, passablement impressionnable collabe un peu. Le 20 mars tout va bien.
27 avril. Nouvelle rechute. Le malade maigrit, souffre et se plaint sans pouvoir préciser ce qui le tourmente.
30 avril. Le tout s'explique par la formation d'un phlegmon de lavant-bras.
9 mai. Le phlegmon fluctue, temp. 38°. 5. Incision, il s'en échappe une forte quantité de pus. Examen bactériologique: « Staphylocoque doré ».
12 mai. Mal de tête surtout à la nuque et région occipitale droite. Déglutition très douloureuse, le malade tient la tète inclinée en bas. Début d'un abcès pharyngé.
Pendant tout ce temps la sécrétion pleurale diminue et tend à se tarir: il n'y en a que quelques grammes chaque matin dans la boule.
18 mai. L'entlure occupe tout le côté droit du cou, s'étend jusqu'à la nuque. Incision de l'abcès du pharynx, jet de pus, après quoi le patient éprouve un grand soulagement qui va en augmentant les jours suivants.
20 mai. Une petite sonde molle pénètre à 7 cm. dans l'orifice pleural et se replie. On enlève l'appareil H et on ne met que le drain C. Le pansement est un peu taché chaque matin.
30 mai. L'orifice est complètement sec, cicatrisé. Durée du siphon 130 jours.
1898. 17 septembre. Revu le malade en parfaite santé. Il a repris ses occupations. Joue de la trompette. Fait partie d'une fanfare.
Annexe à l'Observation IV.
En octobre 1898 le malade revient se montrer à nous, se sentant moins bien depuis quelque temps il a un peu maigri et perdu ses forces, l oppression l'oblige à s'arrêter parfois dans le cours de son travail. Il tous.-e peu. crache un peu d'écume. L'auscultation ne révèle rien d'appréciable.
S - onseillons l'usage de l'huile de foie de morue ; mais en fin octobre survient un état grippal <|ui accentue encore .i -.i suite, les symptômes notés ci-dessus. La faiblesse augmente, sueurs nocturnes, points de côté a gauche par moments.
21 novembre. Le malade, a bout de forces, rentre à l'Hôpital; il est pâle, le visage est creusé, les yeux cen expectoration verte, muco-purulente depuis quelques jours, ne contenant pas de bacilles de Koch. Perte de l'appétit, diarrhée, sueurs nocturnes. Temp. 39°,5.
Après un examen de la poitrine qui donne peu de signes objectifs sauf une diminution générale des signes stéthoscopiques de la base gauche, on pratique une ponction exsur le lieu même de l'ancienne cicatrice, qui s'est d»' tout temps maintenue absolument sèche. On retire une pleine seringue de pus vert, lié sans odeur.