malade en esl là au moment où nous écrivons - ligne
Ce cas est le seul pour lequel une résection de côtes ait été nécessaire ; résection justifiée par la présence des ponts osseux qui avaient comblé l'espace interc< >stal.
Observation V.
Grippe, pleurésie purulente enkystée au sommet et cloisonnée. Empyème de nécessité. Siphon. Guérison.
G..., Jean, 7 ans, frère cadet mort de méningite tuberculeuse, lui-même a eu la rougeole, il a toujours été chétif, malingre.
1898. Le "20 mars, l'enfant s'alite, état fébrile accompagné de délire par moment, tousse un peu, puis enrle passablement de tout le corps. Un médecin de la ville le soigne alors pour grippe et bronchopneumonie, pas d'albumine dans l'urine. Après une amélioration de courte durée, il rechute.
En avril survient une tuméfaction de la région sous-claviculaire gauche. L'enfant maigrit, continue à toussoter. L'opinion des différents médecins qui le voient à ce moment varie entre une méningite tuberculeuse ou une tumeur du médiastin.
Cependant la tuméfaction disparait peu à peu d'ellemême pour réapparaître en juin; elle devient rosée à son sommet et un peu douloureuse sans fluctuation appréciable.
Après une consultation avec le Professeur Revilliod, l'enfant est envoyé à l'hôpital avec le diagnostie de collection purulente enkystée au sommet de la plèvre gauche avec menace d'ouverture spontanée dans le premier espace intercostal.
Status. — Petit garçon extrêmement amaigri. Poids 16 kil. 500, pâle, décubitus latéral gauche, se tient replié sur lui-même en « chien de fusil » et ne peut se tourner ni sur le dos, ni sur son côté droit, souffre passablement de son côté gauche. Température 38e 9.
Grosse tête, gros ventre, habitus rachitique. Intelligence très développée au-dessus de la moyenne de son âge. Sommeil agité, toux grasse, quelques crachats muco-purulent-. La tuméfaction occupe surtout l'angle formé par la lre côte et le bord gauche du sternum.
La peau est i 3ible à la pression. Matité occupant
la moitié supérieure du thorax gauche en arrière comme en avant, souffle limité au niveau de I;» pointe de L'omoplate, silence absolu de toute la partie supérieure. Sonorité tympanique, abdominale, de la moitié inférieure du thorax. Poumon droit normal, ventre ballonné, dur. constipation. 1 fine normale.
18 juin. L'enfant souffre passablement de sa tuméfaction qui s'ouvre spontanément dans l'après-midi et lai- >uler un pu- très fétide. La nuit suivante est meilleure, plus calme.
1'.» juin. L'orifice de la perforation s'est encore un peu
andi, il mesure 8 mm. de diamètre. Le pus qui en sort est homogène, sans mélange de bulles d'air, même pendant les accès de toux. Une sonde molle pénètre obliquement sur un trajet de :! a i cm. au plus.
20 juin. Aujourd'hui toute In région antérieure latérale au thorax est bombée, douloureuse. Température 38°,2.
: juin. l'n nouveau point rose indique la menace d'une seconde perforation spontanée au-dessus de l'autre, soit dan- le 3me espace.
On pratique alors une ponction exploratrice dans le (>""' espace en avant de la ligne axillaire postérieure, ponction qui ramène du pus. puis après narcose au chloroforme, on incise au même endroit. On recueille 250 gr. de pus.
Examen bactériologique: Streptococcus pvogenes et bacillum coli commune, siphon. Lavage à l'hypochlorite de chaux. Il s'échappe alors quelques bulles d'air par la fistule spontanée.
24 juin. Tandis qu'il s'est écoulé 1 lu gr. de pus par le
siphon, la sécrétion est minime par l'orifice spontané qui est
en train de se fermer. Le second point rouge qui indiquait
la menace d'une seconde perforation, est en voie de
— ion.
juin. Les bord- de l'incision ont mauvais aspect, teinte grise verdâtre, la sécrétion est toujours fétide, mélangée de sang : 100 gr. dan- les 24 heures.
La fistule spontanée suppure de nouveau un peu. sans qu'on puisse découvrir de communication directe avec la plèvre, le siphon tient bien le vide. On l'amorce avec la so-
Jution de quinine, après avoir fait un lavage à l'eau de Javelle. Température 37°.
•28 juin. 150 gr. de sécrétion. Etat général s'améliore un peu.
•29 juin. Le lavage ramène aujourd'hui des débris de tissu mortifié, noirâtre, cependant l'odeur est moins fétide.
30 juin. Le siphon n'a ramené qu'un peu d'eau troublée, en quantité inappréciable, tandis que la fistule spontanée donne beaucoup. La voussure précordiale qui s'était affaissée a augmenté. L'eau du lavage ressort presque propre. La température remonte à 38°, 5 le soir.
1 juillet. La cavité dans laquelle plonge le tube du siphon est complètement vide de pus et d'air. La boule, la seringue même, ne ramènent rien, le tube reste plat. D'autre part la collection qui aboutit à la fistule augmente et menace de nouveau une seconde perforation dans le 3me ou 4me espace.
Matité absolue de tout le sommet, tandis qu'il existe une zone sonore dans l'aisselle. Appareil B.
2 juillet. La boule ne ramène que 22 gr. de liquide séreux, sans odeur, mélangé de quelques fausses membranes, tandis que par la fistule spontanée s'échappe toujours beaucoup de pus. Température le soir 39°, 6. L'enfant est agité, malheureux toute la nuit.
3 juillet. Changement de tableau. La fièvre est tombée à 37°, 4 au matin, la voussure précordiale s'est affaissée, le tube du siphon contient *20 gr. de pus épais noir, sanglant, fétide, ce qui indique que la poche antérieure s'est vidée dans la poche axillaire grâce à la force d'aspiration du siphon établi dans celle-ci.
4 juillet. La voussure précordiale s'aplatit complètement, la li-tule tarit. Le siphon a aspire 58 gr. de liquide, purulent, épais, moins fétide et contenant des flocons brunâtres
5 juillet. Ô6 gr. de pus.
7 juillet. L'enfant est levé, habillé toute la journée. 30 gr. de pus.
9 juillet. La fistule parait complètement cicatrisée, lu juillet. 7 gr. de pus.
1 1 juillet. 25 gr. de pus.
12 juillet. 20 y;v. de pus. La cavité mesurée au moyen
d'une sonde est de 11 cm. 5, mais ne contient pas de punu.
13 juillet. Le siphon fonctionne bien, et n'a donné que quelques gouttes de sécrétion. La paroi thoracique s'est af- .'i est devenue conca\ e.
1» juillet. Comme la sécrétion est insignifiante on enlève le siphon.
15 juillet, 'l'ont va bien, la sonde pénètre à frottement encore à (.) cm. Elle ramène quelques gouttes de pus. Le murmure respiratoire a reparu quoique la matité persiste.
18 juillet. La sonde ne pénètre plus qu'à 6 cm. et trouve serrée sur tonte la longueur du trajet.
22 juillet. La sonde pénètre à -2 cm., la plaie reste sèche, ne tache pas le pansement. Etat général excellent. Cicatrisation complet»1. Exeat.
Nous avons ici l'exemple d'un empyème localisé à la moitié supérieure de la plèvre et chez lequel les cloisons membraneuses ont encore subdivisé cette dernière en loges indépendantes les unes des autre-.
Tandis qu'une loge antérieure s'ouvrait spontanément à la peau, l'incision et le drainage de la loge postérieure restait sans influence sur la marche de la première jusqu'au .'pair (3 juillet où Vaspiration du siphon parvient à rompre la cloison qui les sépare ; à partir de ce moment, tout le pus contenu dans la loge antérieure s'écoule par l'incision postérieure, et SI la lo^e antérieure secrète parfois de nouveau un peu. e'est Lorsqu'un contretemps passager -c présente dans le fonctionnement du siphon.
Observation VI.
Q ... Jean-François, âgé de 18 ans. cordonnier. Excès alcooliques. Cependant bonne santé habituelle.
1895. Le début de sa maladie date de janvier 1895. Il resrent un malaise général pendant 2 jours, des petits frissons,
se met au lit. Dans la nuit du 2me au 3me jour, fièvre qui dure 3 à 4 jours, anorexie, gène respiratoire, toux.
Cet état persiste pendant 2 mois, s'accompagne d'un fort amaigrissement évalué par le malade à 15 kil.
'2 mars. Entre à l'hôpital.
Status — Pâle, amaigri, fièvre modérée 38°.
Système respiratoire — Toux fréquente, surtout la nuit ; expectoration peu abondante, jaune verdàtre. ne contient pas de bacilles de Koch. oppression quand le malade fait le moindre mouvement.
Le thorax est aplati d'arrière en avant, amaigri : la peau en est brune, bistrée, grisâtre, sèche.
Matité absolue du poumon droit à partir de la fosse sousépineuse, abolition du frémit us et du murmure vésiculaire.
Egophonie et souffle doux à la pointe de l'omoplate. Eu avant la matité remonte au 4mc espace. Rien de particulier du côté gauche sauf une respiration vicariante.
Cœur faible et pouls dépressible. pas d'oedème. Mauvais appétit, langue chargée. Constipation habituelle. Urine non albumineuse.
G mars. Thoracentèse, donne 450 gv. de pus jauneverd àtre.
13 mars. L'épanchement s'est reproduit, toux tenace jour et nuit, la fièvre tombée le jour de la thoracentèse a repris le lendemain et s'élevait déjà à 39* le premier soir.
16 mars. Deuxième thoracentèse évacuant 500 ixv. de pus de même nature.
Les jours suivants la fièvre se maintient autour de 38°. Etat stationnaire.
26 mars. Empyème. siphon. On retire 350 gr. de pus pendant l'opération. La fièvre tombe immédiatement. 36° le même soir.
27 mars. 70 gr. de pus dans le siphon qui fonctionne parfaitement bien.
30 mars. 70 gr. de pus.
31 mars. 1 1)0 ixv. de pus.
1 avril, 00 gr. de pu-.
2 avril. 50 gr. de pus.
Survient un gonflement autour de lu pluie du thorax. Li
trajet est douloureux : avant enlevé le tube «lu siphon, on ne parvient pas à le réintroduire.
Le trajet est douloureux. On est obligé d'en mettre un de plus petit calibre.
6 avril. Le trajet est moins douloureux. On peut intr iduire un tube pins gros. Pendant tout ce temps, le siphon continue à bien fonctionner. Apyrexie complote.
9 avril. L'aspiration par le siphon n'amène pins de liquide et d'autre part la respiration s'entendant jusqu'à la . on enlève le siphon et l'on fait un simple pansement en maintenant le trajet ouvert par un drain Appareil C).
le» avril. I,'1 pansement est très peu souillé, quelques IV s de pus seulement. On enlevé l'appareil C.
Tout va bien, le malade augmente de poids.
» mai. La plaie est complètement cicatrisée, le malade a
a appétit, dort bien, n'a jamais de lièvre.
mai. Le malade nous quitte, il a augmenté de (> kil. 70(1 depuis le î avril !*• pesée qui a suivi l'installation du siphon) jusqu'au jour de sa sortie de l'hôpital.
Bel exemple de l'efficacité du siphon qui en "^l jours de fonctionnemenl régulier (26 mars ;tu 10 avril) a produit la guérison radicale d'une pleurésie dont le début remontait aux premiers jours de janvier.
Observation VII
Grippe, pleurésie séreuse puis purulente. Deux thoracentèses, siphon. Nécrose des espaces intercostaux. Guérison au bout
de '•» riH.i-.
A Antoine, 32 an-, manœuvre. Pas d'antécédents
héréditaires m personnels.
1895. En janvier, le malade prend la grippe, garde le lit 3e sentant mieux, il essaie de recommencer à travailler, mai- la toux qui axait été jusqu'alors modérée
nente et s'accompagne d'une oppression croissante.
Un médecin de la ville lui fait :î ponction- exploratrices né-
- et l'envoie a l'Hôpital ou il entre le 21 février. S itus. — Homme amaigri, fébrile, 38°, *'• a l'entrée. Au
début de la maladie les accès de toux provoquaient des vomissements qui ont cessé, mais une diarrhée assez persistante se déclare.
Décubitus droit. Oppression au moindre effort. Respiration un peu accélérée. Points de côté à droite qui rendent la toux pénible, douloureuse. Expectoration incolore, aérée. Le thorax est symétrique, sans voussure, ni retrait. La sonorité à la percussion est normale dans le \s supérieur du poumon droit, puis s'affaiblit graduellement pour faire place à une matité complète clans le ' 3 inférieur. En avant la matité commence à la 4me côte. Frémitus vocal aboli dans les 2 3 inférieurs à droite. Murmure vésiculaire affaibli et aboli dans le ' 3 inférieur. Pas de souffle ni d'égophonie appréciables. Pas d'albumine dans l'urine.
6 mars. L'épanchement est stationnaire. On applique un vésicatoire à la base droite.
19 mars. Thoracentèse douloureuse. On est obligé d'arrêter l'aspiration après avoir obtenu 150 gr. de liquide séreux. L'état fébrile persiste. Antifébrine, 0.25.
-2*2 mars. 2me vésicatoire.
•25 mars. 2me thoracentèse donnant 300 gr. de liquide louche qui examiné bactériologiquement indique la présence de staphylocoque doré.
La fièvre continue à osciller entre 386 et 39°. Cet état se maintient jusqu'au 7 avril où l'on note le status suivant:
Teint très pâle, beurre frais, faible, accablé, triste, fiévreux. Toux sèche, décubitus droit. La pression exercée sur le côté est douloureuse. Il existe une voussure avec point rosé culminant au-dessus du mamelon droit. La matité remonte jusqu'au sommet de l'aisselle. Brochoégophonie.
9 avril. Une ponction exploratrice donne du pus franc.
17 avril. Anesthésie locale à la cocaïne et chlorure (Téthyle puis incision dans le 7",e espace intercostal après quoi l'on place le siphon. On recueille 800 gr. de pus pendant l'opération.
18 avril. Très faible, plaintif. Le bras droit est douloureux, il existe en outre de l'œdème des parois, allant jusqu'au bassin. Le siphon a donné 750 gr. de pus en l'i heures, il fonctionne bien.
19 avril. 360 gr. de pus.
20 avril. 130 gr. de pus dans le flacon, il y a en outre une infiltration dans les parties molles qui sont gonflées, phlegmoneuses, fluctuante
Un onlève le siphon pour laisser reposer les régions infiltrées, mais il en résulte la rétention du pus pleural d'où fièvre à in .
22 avril. < >n replace le siphon, avril. La iie\ re tombe.
24 avril. Nouvelle hausse thermoraétrique 39°,9 qui s'explique par une nouvelle rétention de pus. L'appareil estobstrué. Bd enlevant le tul>e on constate dans son intérieur un bouchon fortement enchâssé et formé de détritus putrilagineux; une cascade de pus noir, infect mélangé de faus membranes -"échappe en même temps par la plaie.
26 avril. Les espaces intercostaux qui fluctuaient s'affaissent, la plaie devient rose et bourgeonnante. Il y a eu évidemment un peu de nécrose des parois infiltrées qui a donné lieu au pus infect et aux détritus constatés le 24.
27 avril. De gros paquets de fausses-membranes arrivent encore dan- le flacon. Ils n'obstruent plus le siphon qui fonctionne très bien.
I mai. Le malade est apyrétique, se sent mieux, la diarrhée a cessé, l'appétit revient, état général meilleur.
26 mai. Le pus devient séreux, l'état général reste stationnaire, il existe parfois un léger mouvement fébrile le soir. Raccourcissement du tube intra- pieu rai.
17 juin. A. pyrex ie complète depuis plus de (S jours. La quantité moyenne de pus rendue par le siphon varie de 30 ii 50 gr.
20 juin. On remplace le siphon A par l'appareil 0. Mais le 21 la température atteint 38°,5.
23 juin. On replace le siphon A qui remène du séro plus
le.
lu juillet. Encore un peu de fétidité, on fait un lavage pleural avec une solution d ichtyol faible.
I I juillet. Le siphon est obstrué, mai- un seul coup de la houle aspiratrice suffit ;i le déboucher.
21 août Nouvelle obstruction du tube par un paquet de
fausses membranes qui sont expulsées par le jeu de la boule.
Pus toujours un peu fétide.
•29 juillet. On continue les lavages à l'ichthyol et la fétidité disparaît au bout de quelques jours.
20 septembre. Etat général excellent. Notable augmentation de poids.
30 septembre. Liquide séreux, inodore contenant quelques débris pseudo-membraneux, grumeleux. La capacité de la cavité n'est plus que de 10 cm. *.
On met définitivement l'appareil B qui aspire 10 gr. de liquide en moyenne dans les 24 heures.
7 octobre. La cavité est un peu lente à se combler. On injecte une solution de liqueur de Yillatte au * s.
Du 8 au 10 oct. Le pus contient de nouveaux débris de fausses- membranes.
14 novembre. On enlève tout appareil. Pansement plat. Aspiration quotidienne du liquide avec une sonde Nélaton armée d'une seringue.
Cette quantité de liquide diminue rapidement de 50 {j:v. à 20 gr.
28 novembre. Elle n'est plus que de 16.3 cm. L'état général excellent. Teint coloré, grand appétit régulier.
15 décembre. 4 gr. de liquide clair, séreux.
2 i décembre. Le trajet pariétal o'est plus franchissable par une sonde Xélaton qui se replie. Cependant la matité à la base droite persiste encore. Le murmure vésiculaiiv s'entend encore mal.
26 décembre. Les espaces intercostaux se rétractent, l'orifice se creuse en cul-de-poule. Etat général excellent, mais le malade se plaint de douleurs en avant de la poitrine attribuables au retrait d'adhérence-.
31 décembre. 10 gr. de sérum couleur thé. Nouvelle injection Yillatte.
22 janvier. Le malade quitte l'hôpital, son trajet est presque fermé, une sonde filiforme ne pénètre pas.
27 février. Nous revoyons le malade qui se porte très bien. Il a bonne mine. Sa cicatrice esl complète, rétractée et absolument sèche. Il ;< repris -un travail <-t pèse 7! kilog
tandis que son pouls était de 55 k. 200 en mai 1<S(.*~> pendant >urs de son traitement.
si la durée <lu siphonemenf a été \\\\ peu longue dans ce cas, L7 avril 1895 au 22 janvier 1896, il faut remarquerque lesconditions en étaient très défectueuses. La nature du pus contenant du staphylocoque doré, déjà en elle-même défavorable, s'est compliquée chez ce malade d'une tendance à la mortification «lus tissus ; général a été de ce fait très affecté aussi. 11 est ntéressant d'attirer l'attention aussi sur la recruence des symptômes morbides à la date du 22 avril et «lu 20 juin, alors qu'on avait enlevé prématurément le siphon.
< >BSERV \ l'ioN VIII '
Grippe, nouvelle atteinte deux ans plus tard suivie de pleurésie î, séro-purulente, deux thoracenthèses. Empyème, siphon, guérison.
< r...., Jean, 34 ans, employé de commerce, a eu un frère mort de tuberculose pulmonaire à l'âge de 28 ans. Lui-même a toujours joui d'un bonne santé, ne se livrant à aucun
En 1890, il contracte la grippe et s'en remet bien.
En 1892, novembre, nouvelle grippe à Paris à la suite de laquelle il continue à tousser tout le printemps de l'année
1893 juin. Son état s'aggrave, il s'alite.
1 \ juillet. Il entre à la maison de santé du faubourg St- Denis ou on lui fait une thoracentèse à droite. On retire cm. de liquide qui déjà à ce moment était trouble, de pins il est problable qu'on le suspectait de tuberculose, car • mi lui prescrivit à La même époque un traitement créosote. Après avoir quitté la maison de santé en automne, il continue ,i tousser tout l'hiver 1893—94.
►aa :i été cité par le Prof. Revilliod au congrès dé Montpellier. Avril 189S
2 mars 1894, il arrive à Genève, consulte le Dr Comte qui le reçoit dans sa Clinique privée, constate la présence d'un vaste épanchement et fait le 24 mars une thoracentèse qui donne 5 litres de pus. Soulagement momentané suivi de rechute avec fièvre hectique qui nécessite le:
28 mars. L'opération de l'empyème. Il s'écoule 2 litres de liquide jaunâtre, séro-purulent. Drainage simple et pansement plat.
La quantité de pus étant assez abondante, le Dr Comte remplace le 15 avril le simple drain par le siphon. A partir de ce jour survient une certaine amélioration, la fièvre n'atteint plus que 38°. 38". 5.
6 juin. Le malade quitte la Clinique du Dr Comte pour entrer à L'Hôpital.
Status. Homme bien conformé, forte charpente, mais présentant un assez fort degré d'amaigrissement, mauvais état général. Ongles hippocratiques. Il existe un foyer de bronchopneumonie accompagné d'expiration soufflante entre les 2 omoplates, quelques petits craquements aux 2 sommets. Les crachats contiennent des bacilles de Koch.
La capacité de la cavité pleurale est assez grande, une sonde introduite dans la plèvre pénètre toute entière sans rencontrer d'obstacle. On continue le traitement par le siphon, mais la plaie thoracique est douloureuse, gonflée et l'appareil est mal supporté. Le 8 juin, le flacon renferme 215 gr. de liquide teinté de sang. L'aspiration avait été trop forte et avait déterminé une légère hémorrhagie.
11 juin. La quantité de pus diminue, elle est de 180 gr. ce matin et est mélangée de poussières de fausses-membranes: néanmoins la cavité ne paraît pas diminuer, une sonde molle pénètre encore toute entière dans la plèvre.
17 juillet. Etat général meilleur, bon appétit, la toux a beaucoup diminué ainsi que l'expectoration. La fièvre n'a pas reparu dès l'entrée du malade à l'hôpital. Une irrigation pleurale avec une solution de vin aromatique lai-se pénétrer encore 500 gr. de liquide dans la cavité, mais le poumon se dilate bien. On voit le niveau du liquide osciller dans 1 ampoule de verre du siphon à chaque mouvement respiratoire. Pendant tout le mois d'août, l'état reste stationnaire, la
quantité de pus variant entre 100 et 150 gr. par jour, Apye habituelle, sauf quelques poussées vespérales at-
Les premiers jours de septembre la fièvre augmente quoique le siphon fonctionne toujours bien; le 13 septembre, elle atteint 10°,6. Le malade se plaint en outre de douleurs dans le côté droit et dans la plaie qui est un peu enflammée, mai- rien d'autre n'explique cette haute température. Néanmoins on enlève le siphon pour voir ce qui adviendra, et l'on administre 1 gr. d'antipyrine cataplasme sur la plaie.
1 i septembre. Apyrexie, on laisse le malade sans siphon et l'on se contente d'un -impie pansement, mais la quantité
• le pus qui imprègne le pansement augmente chaque jour, de plus relie qu'on relire chaque malin de la cavité au moyen d'une sonde Nélaton armée d'une seringue passe progressif ement de 50 à 100 gr.
20 octobre. 38° de température le soir. La cavité pleurale
a de nouveau augmenté de volume pendant l'interruption
- phonement, elle reçoit actuellement 800 gr. de liquide.
I octobre. On remet le siphon, qui dès lors est bien sup-
porté par le malade
31 octobre. 150 gr. dans la bouteille, liquide trouble, peu
purulent, mais contenant de> débris de pseudo-membranes.
I >• époque, le malade fait de rapides progrès. Il
reste apyrétique, augmente de poids soit 2 kilos, »<>() du
• ! octobre jour du rétablissement du siphon jusqu'au le
bre «*i accuse un violent appétit. La quantité de pus diminue aussi et permet d'enlever le siphon.
L<- 1 novembre. Une sonde ne pénètre plus qu'à 6 cm. de profondeur.
15 novembre. L'appareil C <jui était en place depuis en) bre est supprimé à son tour.
22 novembre. Une l'me -onde ne pénètre qu'à 2 V» cm. .<• profondeur -on l'épaisseur de- parois, et butte dans un cul- - L'orifice est déprimé, rétracté. L'état général excellent. On entend la respiration qui est devenue superficielle sur l'étendue du poumon droit. Les vibrations thoraciques -ont nette- partout. Quoique b* malade expectore très peu. on trouve encore des bacille- de Koch dan- les crachats.
13 décembre 1 89 i . Le malade nous quitte et part pour la campagne, il pèse 76 k. 500 au lieu de 66 k. 300 à son arrivée.
28 décembre. Nous le revoyons, il a encore engrais figure colorée, bien portant. La cicatrice est solide, creuse, pâle.
1895, 10 mars. Revu le malade qui a pris de l'huile de l'oie de morue pendant l'hiver, il crache toujours un peu le matin, mais à part cela tout va bien. Il existe quelques râles superficiels en avant, à droite.
20 novembre. G. a travaillé aux champs, labouré, sans en éprouver de gène. Il existe actuellement quelques petits frottements pleuraux, secs à la base droite, du reste tout va bien.
1896, juin. G nous écrit de Paris où il est établi, pour
nous confirmer le maintien de son bon état de santé. Il pèse 80 kilogs.
Nous pouvons à bon droit nous féliciter de ce cas de guérison survenu chez un tuberculeux, ajoutons grâce à l'emploi du siphon. Si le traitement a été long, laborieux, il faut avant tout en accuser: 1° la nature tuberculeuse de cette pleurésie. 2° l'ancienneté de son début remontant aux premiers mois de 1893, 3° la suspension momentanée du siphonement (13 sept, au goct. 1894); pendant laquelle les progrès accomplis ont certainement subi une marche rétrograde tant au point de vue général que local.
Observation IX
F...., Emile. 34 ans. charcutier. Pas d'antécédents héréditaires. N'a eu comme maladie antérieure que la fièvre tvphoïde en 189(h à Marseille.
1894. La maladie actuelle date du in janvier 1894. Il
• ■prouve depuis ce moment de l'oppression en se couchant. tousse par petites quintes et éprouve des points dans le côté gauche qui lui coupent la respiration.
17 janvier. Entre à l'hôpital. Teint ^ri>, air fatigué, sueurs visqueuses de la face, >s ,5 de température. Il existe «mi ce moment une forte congestion pulmonaire généralisée mais pas de signes d'épanchement pleural. Expectoration abondante gluante, ne contenant pas de bacilles de Koch.
22 janvier. La douleur dans l'hypochondre gauche a encore augmenté et est exaspérée par les accès de toux. Expectoration abondante. Le murmure vésiculaire devient voilé aux bases, tandis qu'on entend de nombreux pâles bulleux dans le reste des poumons.
25 janvier. <>n perçoit une matité absolue du côté gauche remontant jusqu'à l'épine «le l'omoplate; suppression des vibrations thoraciques et du murmure vésiculaire. <m pratique une ponction exploratrice qui ramène «lu séro-pus fétide.
janvier. Thoracentèse qui permet de retirer 750 gr. de liquide purulent fétide, puis la canule s'obstrue. On arrête l'opération. Le malade continue à fébriciter comme les jours idents.
31 janvier. La fièvre atteint 39° chaque soir, le malade se sent de plus en plus mal et ne peut dormir.
2 février. On constate un foyer purulent au niveau de la ponction, dont l'orifice est resté ouvert. Le pus s'écoule dan- les parties molles qui sont infiltrées. L'incision continu»' la présence d une collection purulente enkystée dans l'épaisseur des parois thoraciques.
8 février. Mauvais teint, sueurs visqueuses putrides, le malade émane de tout son corps une odeur nauséabonde de fromage pourri.
On procède -an- plus tarder à l'opération de l'empyème sans narcose, le patient ce ressent presque aucune douleur, son espace intercostal est en partie gangrené, siphon. Issue de pus gris, infect, mélangé de sang.
10 jan\ iei g r. de pus de môme nature.
12 janvier. 75 gr. de pus de môme nature. La plaie tho-
que est propre, rose. Les forces reviennent rapidement,
le malade complètement remonté vient à pied à la Clinique
e panser; en outre la température après une chute
brusque le lendemain de l'opération se maintient au-dessous
de 37°. La quantité du pus diminue graduellement comme odeur et comme quantité.
Le 25 février. 30 gr.
Le 27 février. 18 gr.
28 février. On enlève le siphon et on le remplace par l'appareil C. Le pansement plat est imprégné chaque jouiun peu moins.
12 mars. Le tube C fait mal; on l'enlève.
25 mars. La plaie donne toujours.
8 avril. Le soir, le malade a ressenti des frissons, il a 39° tandis qu'il était apyrétique depuis le () mars.
11 avril. Il y a sans doute du pus retenu, ce qui nous décide à remettre l'appareil B: on retire alors 100 gr. de pus crémeux et l'on pratique un petit lavage de la cavité au vin aromatique.
12 avril. 60 gr. de liquide, en grande partie sanguinolent.
14 avril. 8 gr. de liquide clair, sans odeur. Injection d'une petite quantité de liqueur de Yillatte.
15 avril. Il n'y a pas eu de réaction à la suite de l'injection irritante d'hier, au contraire, l'appareil IJ est vide, on l'enlève.
17 avril. Cicatrice complète. La respiration est superficielle accompagnée de quelques frottement-.
Une chose qui frappe d'emblée au cours de cette observation c'est l'amélioration rapide à la suite de l'installation du siphon, le changement de tableau complet qui se fait dès les premiers jours et la guéris, m qui arrive à la suite de progrès ininterrompus. Toul d'abord l'on serait tenté de pronostiquer le contraire, étant donné la nature putride de la collection constatée lors de la lre ponction et de supposer que de semblables cas nécessiteront une cure longue et compliquée de péripéties fâcheuses. Il n'en est habituellement rien et les exsudats fétides sont remarquables, la plupart du temps, par leur marche hâtive à la guérison'. Il suffit du reste de jeter un coupd'œil sur l'observation XV
avant trait à une pleurésie de même nature qui ;t guéri après un traitement très court.
Nous mentionnerons encore un fait qui mérite d'èti . c'est la rechute survenue :'i la suite de
l'ablatii >n hâtive de l'appareil de sûreté < ! le 12 février, pour justifier la façon dont nous avons insisté dans la partie technique de notre travail sur les précautions à prendre vers la fin du traitement.
< tBSERV ITION \
Pleurésie purulente d'emblée. 8 thoracentèses. Empyème. Siphon. Guérison en 90 jours. Clientèle du Prof. L. Revilliod).
P.... P., Ingénieur, ressent l<i- premiers symptpômes de
iffection en février 1887. Frissons, lièvre le soir ac-
com| - - de points au côté droit. Cet état mal caractérisé
>♦' maintient jusqu'à la fin «I»1 mars avec alternatives de
mieux et de pire.
31 mars. L'étal s'aggrave, le malade se met au lit el n'en sort plus qu'à de rares occasions, se sentant de plus en plus e, fièvre continuelle, sueurs, toux quinteuse.
lu mai. C'est alors qu'on appelle en consultation le Prof. Revilliod qui constate un fort épanchemenl du côté droit.
1*2 mai. I™ thoracentèse qui donne 2 litres de liquide franchement purulent, sans odeur.
1 § mai. 2°" thoracentèse, un litre de pus.
18 mai. 3in'' thoracentèse, un litre de pus.
Le liquide se reforme, les ponctions ne sont suivies que d'un soulagement momentané, le malade est hectique, suant, très faible, anxieux. Cet étal se complique d'un tre, de symptômes Basedo* iens .
21 mai. Empyème et siphon. La température s'élève à - ii soir.
22 mai. La température est descendue à 38°.3. Il y a 1 iO de pus dan- le siphon qui fonctionne bien.
24 mai. Grande débâcle de fausses-membranes et de pus. Le po l'incision devient œdématié, mais le ma-
se -(,iit bien.
'28 mai. L'œdème reste limité autour de l'incision. La
quantité de pus et de fausses-membranes diminuent rapidement. Le malade se lève.
•2 juin. La cavité diminue de volume, on réduit la portion intrapleurale du tube à 0,10 cm. Un lavage ne ramène ni pus ni fausses membranes. Le malade souffre de la gorge, on constate un peu de muguet.
6 juin. La capacité pleurale est de 60 à 38 cm. 3. La quantité de pus est réduite à 10 gr. environ et ne contient plus de fausses-membranes.
16 juin. Promenade en voiture, bon appétit, apyrexie continue et toute trace de muguet a disparu.
19 juin. La capacité est réduite à 40 cm. :\
■26 juin. Remplacement du siphon A par l'appareil B.
I juillet. La sécrétion du pus est tarie, ce matin, l'appareil n'en contenait plus du tout, le capacité de la cavité devient inappréciable.
3 juillet. On enlève tout appareil et on se borne à faire un simple pansement ouaté.
4 juillet. Le pansement est un peu souillé.
0 juillet. Le malade fait une excursion sur le lac. Il doit s'absenter "2 jours. Il est muni d'un drain de sûreté appareil C) dans son trajet fistuleux.
8 juillet. Pendant son absence, la quantité de pus a été assez abondante. On est obligé de remettre le siphon. Cependant l'état général s'est maintenu bon.
'.i juillet. Le siphon ramène 30 gr. de pus environ mélangé de débris pseudo-membraneux.
I I juillet. On remplace de nouveau l'appareil A par le B.
20 juillet. M. P... muni de son appareil part et va rejoindre le 11 août le Professeur Revilliod en séjour à Louèche, où on procède à l'ablation totale et pour la •2mc fois de tout appareil. On se contente de pratiquer au patient des injections d'eau de Louèche dan- le trajet de la fistule.
20 août. La sécrétion est tarie et la plaie cicatrisée. Décembre 1898. Onzième année. M. P.... jouit d'une santé parfaite et mène une vie très active.
Observation XI.
Pneumonie. Pleurésie diaphragmatique métapneumonique enkystée. '•> thoracentèses. Imminence de vomique. Fistule bronchique, pneumothorax enkysté. Siphon. Guérison.
M.... Charles, 23 ans. forgeron.
Bonne santé habituelle, n'a ou qu'une pneumonie à l'âge de 1») ans. D'origine étrangère, il arrive a Genève I»1- premiers jour.- de janvier 189 \. Après quelque temps d'une vie de dénuement et d'alimentation insuffisante il est pris asse; subitement le 13 janvier de malaises, frissons, fièvre, toux, maux île tête.
Transporté à l'hôpital haletant avec sueurs froides de la et du corps, pâleur du visage.
On constate une diminution du murmure vésiculaire à la base du poumon droit.
15 janvier. Pendant la nuit du 14 au 15 un violent point de côté a droite se déclare avec vive oppression. Le malade se plaint, geint, ne peut prendre son souffle. Temp. 40°.
A l'auscultation, soufile accompagné de retentissement de lu voix dan- la partie inférieure du poumon droit. Le pouls est faillie. 150 pulsation-.
1U janvier. Le souffle tubaire est très fort à la hauteur de la pointe de l'omoplate. Matité jusqu'à la base. On entend en plu- des bouffées de râles sous-crépitants dans l'aisselle droite. A la base, les vibrations thoraciques sont diminuées, il est à supposer qu'un épanchement thoracique est en voie de formation. Le pouls reste faible et fréquent. 126 pulsation.-.
20 janvier. La matité est considérable à droite, tandis qu'en avant du même côté existe du tvmpanisme et un -on ampborique de la respiration simulant une cavité. Une ponction exploratrice ramené du liquide louche verdatre.
22 janvier. Thoracentèse dans le 6™a espace, ligne axillaire. On retire 340 gr. de pu- brunâtre.
2 1 janvier. Le malade n'a pas été soulagé par la ponction.
la fièvre continue Ïir.-J. le malade esl pâle, se plaint
beaucoup.
25 janvier. Reproduction rapide du pu-. 2m* thoracent
<|ui en ramène 850 gr. Après la thoracentèse on entend de gros râles sous-crépitants dans le lobe inférieur droit.
•28 janvier. Le mauvais état s'accentue, de plus le malade est pris d'un toussottement continuel avec expectoration de glaires. Une vomique se prépare selon toute apparence.
31 janvier. On procède à une 3me thoracentèse qui ramène du pus épais mêlé à une grande quantité d'air. Le malade n'éprouve cependant pas le malaise habituel qui accompagne la formation du pneumothorax ; si celui-ci existe il est certainement enkysté. La percussion tend à confirmer la chose en décelant du skodisme et un son de pot fêlé dans la région ponctionnée.
L'examen des crachats ne décèle pas de bacilles de Koch.
10 février. Narcose locale au chlorure d'éthyle. Incision des parois dans le 6me espace.
11 s'écoule 1 litre environ de pus jaune épais mélangé de beauconp de sang. Siphon.
11 février. Le siphon a d'emblée très bien marché. Il y a î 40 gr. de pus dans le flacon.
12 février. Issue de 100 gr. de pus mélangé de pseudomembranes et caillots sanguins.
'2') février. Le siphon fonctionne bien, ramenant 100 à 150 gr. de pus chaque jour, néanmoins la température atteint encore 38°, 9 ce soir, après une chute momentanée. A part cela l'état général et local sont bons, les bruits pseudocaverneux ont disparu, on peivoit assez nettement le murmure vésiculaire.
1 mars. 60 gr. de pus. Comme on se dispose à placer l'appareil B, on sonde la cavité préalablement pour la mesurer avec une sonde Nélaton armée d'une seringue ; l'aspiration de cette dernière produit un bruit de glouglou trahissant la persistance de la fistule bronchique. Appareil lî.
A partir de ce jour la quantité de pus diminue progressivement, mêlée à de la poussière pseudomembraneuse.
29 avril. On n'a retiré que 18 gr. de pus. L'on essaie de supprimer l'appareil B, mais le malade a 39°detempérature.
0 mai. Il éprouve un malaise général, il y a probablement île la rétention ; on remet le siphon B qui donne en effet le lendemain 3 mai. 20 gr. de liquide
— lis —
11 mai. L'état général reste languissant, on remet l'appareil A
13 mai. Le siphon a ramené L20 gr. de pus, soulagement immédiat.
15 et M> mai. La suppuration est réduite à quelques
17 mai. Une injection de Villatte détermine un fort accès de toux et d'étouffement avec douleur brûlante à la gorge. Le malade se met à cracher son injection de Villatte.
Il existe donc encore une fistule bronchique : néanmoins la cavité pleurale est très petite, la sonde ne pénètre qu'à 7 cm.
20 mai. Cette injection n'a ou d'ailleurs aucune suite fâcheuse : au contraire, après une réaction passagère accomd'une formation plus abondante de pus. la plaie offre un l'on aspect, on ne recueille que quelques gouttes de liquide séreux, filant. On enlève tout appareil.
mai. L'orifice est clos. Il existe des frottements à la base. L'examen «le- crachats ne donne toujours pas de bacilles de Koch.
5 juin. Le malade augmente de poids, va. vient. >e sent fort.
1."» juin. Bien que la matité persiste à la base droite, le frémi tu s est revenu et le murmure vésiculaire bien qu'encore indistinct arrive jusqu'à la base.
•21 juin. Le malade quitte l'hôpital guéri. Cicatrice >eche et déprimée.
Ce cas de pneumothorax partiel es! intéressant au point de vue de lu marche et du fonctionnemenl du siphon qui non ..ut pus été troublés. L'aspiration du pus ot des fausses-membranes et de l'air qui s'est opérée comme d'habitude a permis aux parois de la cavité de se rapprocher graduellement el n'a pus empêché l'oblitération de la fistule bronchique connue on serait tenté de le croire à première vue. L'injection de la liqueur de Villatte a peut-être contribué a accéoblitération par l'inflammation des parois
de la fistule qu'elle a déterminé. Cet heureux résultai obtenu en 110 jours indique que le siphon peut triompher même dans les cas de pneumothorax général ou enkysté.
Observation XII.
Pleurésie purulente d'emblée, putride. Vomique. Décollement et perforation des espaces intercostaux. Collection sous le sein, en bouton de chemise. Deux thoracentèses. Siphon.
B.... Célestin. 31 ans. jardinier.
Bonne santé antérieure, pas d'excès alcooliques. Sujet aux épistaxis tous les étés de mars à octobre.
31 janvier. 1894. Le malade prend froid et se met à tousser, les jours suivants il ressent des points de côté à gauche, des frissons, il perd l'appétit. Cet état. dure jusqu'en mars.
23 mars. En travaillant à la vigne, le malade est pris subitement de violents points dans la région précordiale, palpitations.
Il se met au lit. Le médecin appelé constate une pleurésie gauche et lui place un vésicatoire.
Pendant tout le mois d'avril, l'oppression accompagnée de toux d'expectoration muqueuse continue.
Le malade perd l'appétit, le sommeil, éprouve une soif continuelle et maigrit beaucoup.
29 avril. Il commence à cracher du pus, dont la quantité augmente les jours suivants et le 2 mai il fait une vraie vomique, le pus arrivant à pleine bouche.
i mai. Pendant les efforts de toux une « bosse » se forme dans la région mammaire gauche, elle diminue de volume après une forte expectoration.
7 mai. Le malade est envoyé à l'hôpital.
Stalus. — Teint pale, pyémique, traits étirés, pommetterouges. Amaigrissement notable, nœud musculaire, -!s à l'entrée.
Système respiratoire — Oppression très Inné, point douloureux au sein gauche. Toux fréquente jour et nuit. Expectoration purulente, très abondante. Le thorax est déformé par la présence d'un énorme abcès qui occupe toute la région antérieure gauche.
Hémipérimètre droit il cm. Hémipérimètre gauche 51 cm.
[^s espaces intercostaux dans le creux axillaire gauche sont fluctuants. La tuméfaction «lu sein gauche varie el augmente de volume pendant les accès de toux. Elle est douloureuse au toucher, de consistance molle, fluctuante, de couleur livide et violacée.
Matité occupant toute la hauteur du côté gauche. Frémitus aboli. Souffle à timbre amphortque au niveau de l'épine <!«• l'omoplate. Silence respiratoire complet au-dessous. Pas de bacilles de Koch dans les crachats. Cœur déplacé à droite, point»' dans le «'"" espace intercostal droit. Bruits normaux.
Le pouls est égal, régulier, fébrile.
Pas d'enflure des extrémités. La langue quoique couverte est humide. Digestions normales. Les selles sont régulières.
Pas d'albumine dans l'urine.
B mai. Thoracentèse qui évacue 3700 gr. de pus gris trouble, sans odeur.
9 mai. L'expectoration a passablement diminué.
10 mai. Fièvre persistante 38°/.). La voussure précordiale a disparu, mais l'infiltration des parois persiste. On ne constate pas <\r signes de pneumothorax malgré la perforation et les vomiques.
14 mai. L'épanchement se reproduit et la tuméfaction mammaire aussi. "2me thoracentèse 2000 cm. de liquide brun
le.
21 mai. La lièvre persisté, l'épanchement se reproduit ; on procède alors à l'opération de 1'empyème après narcose à l'éther. Au. -un incident fâcheux ne se produit sauf une hémorrhagie assez notable. Il s'écoule 18<sn gr. environ de pus sanguinolent, siphon.
mai. 660 gr. de pus dans la bouteille mélangé d'une quantité d<- sang encore assez considérable.
25 mai. 80 gr. Le pus devient moins fétide, la fièvre continue le soir. Les espaces intercostaux se ramollissent, <'t sont sur le point de suppurer. L<-- téguments à cet endroit soulevés par une collection assurément en communication avec la plèvre el formant clapier.
1 juin. L( ugmente de nouveau en quantité, 300 gr.
2 juin. '280 gt*. Incision du clapier purulent: pendant ce temps le siphon est maintenu en place comme à l'ordinaire.
6 juin. Le décollement des parties molles est en voie de réparation, les espaces s'affaissent et deviennent beaucoup moins sensibles. La fièvre est complètement tombée depuis le jour où Ton a incisé la collection.
9 juin. Une sonde pénètre à 12 cm. de profondeur dans la cavité pleurale. Le siphon a donné 60 gr. de pus. avec passablement de débris pseudo-membraneux.
L'état général est excellent.
19 juin. Appareil B.
25 juin. La sécrétion étant minime et le poumon appliqué à la paroi on enlève l'appareil B, on laisse le malade se promener avec un simple pansement.
27 juin. Le malade pressé de regagner son domicile quitte l'hôpital.
Nous le revoyons le 2 juillet. L*orifice est clos et ne secrète pius rien, quelques bourgeons charnus le recouvrent encore.
1 1 juillet. La cicatrice est complète. Le malade ne tousse pas. ne crache plus, il a repris ses occupations à la campagne ; quoique la sonorité du thorax gauche soit encore un peu obscure, les vibrations thoraciques et le murmure vésiculaire sont nettement perçus. Il existe maintenant un affaissement du squelette et des parties molles de la région ; les muscles grand dorsal et dentelé ont perdu leurs saillies, ayant été en partie détruits par la suppuration.
31 décembre. 1895. Nous avons revu notre malade qui continue à bien aller. Il ne se ressent plus en aucune façon de son ancienne affection.
Observation XIII.
Rougeole. Pleurésie purulente consécutive. Siphon. Guérison.
P..., Eugène. 29 ans, mécanicien. Bonne santé antérieure,
pas d'antécédents de famille.
Le malade entre à l'hôpital le 27 novembre. 1893, pour une rougeole qui suit son cours normal jusqu'au 12 décembre où l'on constate les premiers signes d'une pleurésie en train de se former du côté droit.
1 i décembre. La matité de la base droite s'étend sur une hauteur d'un travers de main. Le malade a des points de
et éprouve une gène respiratoire marquée, la température monte à 10° le 13 décembre au soir.
15 décembre. Une ponction exploratrice décèle la présence d'un liquide transparent, jaune, citrin. Le malade rend quelques crachats gris-verdàtres peu abondants qui ne contiennent pas de bacilles «le Koch.
24 décembre. Il est très abattu, fébrile, 39°,3, angoissé, el dans le courant de la nuit il se me! à délirer.
cembre. Même état. 39° au matin. Uue thoracem ramène 960 gr. de pus verdâtre, épais, floconneux, contenant des staphylocoques.
2 janvier. 1894. Après un soulagement momentané, le malade recommence à se plaindre, ses points de côté l'ont repris, il est fébrile, le pouls est petit et défaillant.
8 janvier. Une 2œe thoracentèse ne ramené qu'un peu de pus très épais <jui obstrue le tube. L'état général déclinant rapidement, on procède le lOjanvier à la pleurotomie suivie - phonnement, après narcose à l'éther. Flots de pus et de fausses-membranes épaisses, longues, grisâtres. Lavage au vin aromatique.
La fièvre tombe le même soir.
Les jours suivants, 11, 12 et 13 janvier, on ne recueille rien dans le siphon, néanmoins le pansemenl esl traversé de pus et la fièvre remonte à 38°,8
La chose s'explique par le fait que le tube avait fait route lors de sa réintroduction après nettoyage, le matin du 1 I janvier.
1 i janvier. Rerais en place. Tout marche de nouveau à souhait, 270 gr. de pus dans le siphon, apyréxie.
18 janvier. Nouveau contre-temps, le lulte étant trop long
et trop mince, forme un coude et s'esl recourbé sur luimême, ce qui l'empêche de fonctionner. On en introduit un autre de plus gros calibre.
22 janvier. Le flacon inférieur contient peu de pus. 70 gr., et cela tient à ce que la boule aspiratrice esl à moitié rempar un énorme paquet de membranes qu'on sent à travers l'épaisseur du caoutchouc.
"27 janvier. Tout va bien, encore des membranes.
29 janvier. Idem.
A février. Le tube est sorti n'ayant pas été bien amarré, il s'est produit de la rétention : la température est montée à 39°,5.
7 février. Un sondage de la cavité indique une profondeur de 1 1 cm. encore, à partir de la surface cutanée.
15 février. La nature du liquide se modifie, il prend la teinte brune du thé ; sa consistance est beaucoup plus limpide. Le siphon n'en a donné que 7 gr. en tout, on installe alors d'emblée et sans transition l'appareil C.
16 février. Pansement un peu souillé.
19 février. Une injection de liqueur de Villatte ne produit aucun incident particulier.
1 mars. Un nouveau sondage de la cavité, indique encore une profondeur de 10 cm. de cette dernière ; bien que la sécrétion soit presque tarie, le comblement de la poche pleurale s'est arrêtée en route par suite de la suppression prématurée du siphon, ce qui nous décide à le replacer sous forme de l'appareil B.
2 mars. L'aspiration a amené 50 gr. de pus.
4 mars. 6 gr. de liquide rougeàtre. séreux, le tube est douloureux. Nous supprimons de nouveau tout appareil.
5 mars. Petite tache sur le pansement.
8 mars. Pansement absolument sec.
22 mars. L'orifice est complètement cicatrisé. Le malade part pour une courte convalescence de deux semainecampagne, après quoi il reprend son travail de manœuvre.
Cette observation offre, outre son mérite d'une guérison rapide, un intérêt particulier nu point de vue de ta quantité considérable de pseudo-membranes qui ont été éliminées pendant presque toute la durée du traitement; si elles ont à plusieurs reprises obstrué l'appareil, elle- ont en même temps témoigné de Ui force aspiratrice du siphon, et de son efficacité au point de vue de la décortication pulmonaire.
Un autre point sur lequel nous tenons n attirer
l'attention, c'est le petit accident survenu le il janvier,
où, par suite d'une manœuvre un peu précipitée, le
tube a été introduit dans l'épaisseur même «lus plans
musculaires. < '<■ genre de fausse route, beaucoup plus
facile à produire qu'on ne pourrait le croire, surtout
- premiers jours, doit toujours être présent à l'idée
raticien et l'engager à procéder à un examen con-
ncieux de la région avant de terminer le pansement.