OBSERVATION XIV
B..., Marguerite, 17 ans. tailleuse. Mère morte de tuberculose pulmonaire. Elle-même n'a eu que la scarlatine ans.
Le 15 mai, 1893, survient une laryngite qui se complique bientôt de lassitude, malaise général, douleurs lombaires el , re modérée.
in juin. La fièvre augmente brusquement el s'accompagne de toux sèche. Pendant deux semaines la lièvre reste élevée, puis survient de la toux avec expectoration muqueu
24 juin. Le médecin appelé constate un épanchement à droite et pratique à la base une ponction exploratrice négatandis qu'une antre au niveau de la pointe de l'omoplate, ramène une pleine seringue de pus. 26 juin. Entrée à l'hôpital.
S Uus. — Teint pâle, anémique, longs cils. Amaigrissement. Température 38°,3 à l'entrée.
respiratoire. — Voix éteinte depuis 2 mois . Respiration courte, superficielle. Expectoration peu abondante, :o-purulente.
Matité complète de la moitié inférieure et postérieure du poumon droit.
avant elle remonte jusqu'à la 3°" côte. Tandis que le
frémitus vocal i >li sur tonte l'étendue de la matité, il
ste un point entre l'omoplate et le rachis où il est conser-
compagne d'un souffle avec rôles muqueux à
scultation.
Cœur normal, pouls régulier, fréquent.
Diarrhée au début de la maladie, arrêtée maintenant.
L'urine n'est pas al bu mineuse. En outre, plusieurs examens successifs des crachats n'ont pas dénoté la présence de bacilles de Koch.
28 juin. Thoracentèse. 400 gr. de pus jaune- verdâtre, floconneux. La toux continue et provoque de fortes douleurdans tout le enté droit.
8 juillet. Les râles à droite augmentent, ils deviennent caverneux et simulent une cavité dans l'espace intervétébroscapulaire.
12 juillet. Empvème. Il s'écoule 800 à 900 gr. de pus. Siphon.
1 S juillet. En deux jours le siphon a rendu 510 gr. de pu? mélangé de pseudo-membranes. Etat général excellent. L'appétit revient, néanmoins la fièvre persiste d'une façon irrégulière.
30 juillet. Tout marche normalement, la quantité de pus diminue graduellement, elle est de 20 gr. par jour.
Appareil B.
11 août. L'enfant est apyrétique depuis le 1 août.
10 gr. de pus en 24 heures.
26 août. 3 gr. de pus.
28 août. 1 gv. de pus. Appareil C. Pansement ouaté.
4 septembre. Le pansement est sec.
8 septembre. L'orifice est absolument fermé. L'état général excellent.
17 septembre. Exeat à la campagne. Elle pèse 54 kilogs au lieu de 40 kil. 400 à son entrée à l'hôpital.
26 juin. 1804. Nous avons revu la jeune malade. Elle ne s'est jamais ressentie de sa pleurésie, elle pèse -V» kil. 500.
Nous avons ici un exemple de fonctionnement parfait, nous dirons même idéal du siphon.
Voilà une jeune malade de 17 ans. nous arrivant dans un état d'amaigrissement et de faiblesse extrêmes. Dès que le siphon esl installé, le tableau change, les forces et l'appétit reviennent. De son côté
l'appareil n'a pas fait défaut \u\ seul jour, l'aspiration n'a été interrompue par aucun contre-temps, la sécrétion purulente est allée progressivement en décroissant jusqu'au jour de la cicatrisation complète, survenue sans rechute le 57me jour.
Observation XV.
F..., Frédéric, 50 ans, ouvrier dans une fabrique de papiers. Fièvre typhoïde à l'âge de 20 ans.
Le 15 octobre, 1897, I»' malade est pris de points de côté adroite, qui augmentent d'intensité les jours suivants, et i igent à quitter son travail.
octobre. Entrée à l'hôpital.
s • ■,,.< — Très pâle, anémié, lèvres violacées, dyspnée
nsidérable. 10°,3 à l'entrée.
Le sommeil est entrecoupé par la toux et les accès d'op- - m.
< Iratoire. — Matité de la moitié inférieure du thorax droit, abolition des vibration- et diminution du murmure vésiculaire dans les mêmes limites. Souffle doux à la hauteur de la pointe de l'omoplate, <'i se propageant en diminuant jusqu'à la base. On ne perçoit pas d'égophonie ni de frottements pleuraux. Toux peu fréquente, expectoration .'. muqueuse. La dyspnée varie d'intensité suivant les - et la position.
i ,iur normal, pouls régulier, fébrile.
Etat saburral, langue chargée, constipation. L'urine ne contient pas d'albumine.
l"i octobre. Réveil brusque cette nuit dernière par un acte suffocation, le malade est dan- le- sueurs froide-. cvanosé, très angoissé. Une ponction exploratrice dan- la ;ie axillaire reste négative.
Que deuxième a la partie postérieure ramène du sérum
i . La matité - accuse surtout dan- la région de l'omo-
te, tandis quo le son à la bas laircit, l'épanchement
semble circonscrit dans le tiers moyen de la plèvre droite.
thoracentèse pratiquée dan- cette région, donne «lu gr.
de liquide de même nature que celui de la ponction exploratrice.
13 novembre. Mauvais état général, la lièvre atteint 39° les soirs.
Le malade se cachectise, il est couvert continuellement de sueurs visqueus -
Etat saburral très prononcé, l'œtor ex ore. diarrhée fétide. Teint bistre, pyémique. La matité s'étend dans le creux axillaire. une ponction exploratrice décèle la présence dans «•et endroit d'un pus sale, trouble, brun, très fétide, qui examiné bactériologiquement donne du bacille pyocyanique iD'Espine).
15 novembre. Anesthésie locale au chlorure d'éthyle, l'état général rendant une narcose au chloroforme ou à Péther, dangereux. Empvème supporté péniblement par le malade qui est pris de défaillance pendant l'opération. Issue de 500 grammes environ de pus identique à celui de la ponction du 13 novembre. Siphon, qui marche bien d'emblée.
17 novembre. Le malade se sent énormément soulagé. La dyspnée est moins forte. La température est tombée à 38°, 2 hier au soir. 36° ce matin. Pâleur moins accentuée. Lavage de la plèvre avec une solution diluée d'eau de Javelle.
•21 novembre. Transformation complète. Le malade lève, se promène avec son siphon. L'appétit et les forces sont revenues. La fièvre est tombée. La quantité de pus qui a toujours été très peu considérable est réduite à 15 gr. dans les :? i heures.
La fétidité est très atténuée et n'apparaît plus qu'à certain- moments. On pratique des lavage- de la cavité avec la solution de quinine.
13 décembre. 15 gr. de pus inodore, le malade a augmenté de poids, soit 200 gr. depuis le jour de son entrée.
19 décembre. Quelques gouttes de séro-pus. Appareil C.
22 décembre. On enlevé tout appareil 38m" jour . Apyrexie.
Le pansement reste un peu taché pendant quelques jours ; injection de liqueur de Villate dans le trajet cutané.
'.•".•décembre. Pansement sec. Cicatrice, idem. Excellent
,.lat rai, le ma emploie comme aide pour le sér-
ies malles de L'hôpital.
Grâce à l'intensité des symptômes et à la rapide léance de l'étal général, ce cas nous inspirail au début de sérieuses inquiétudes sur son dénouement prochain.
L'exploration, en décelant la présence d'un pus fétide, qui expliquait dans une certaine mesure la gradu tableau, ne contribuait pas à éclaircirle pro- Nous avions affaire selon toute probabilité à une pleur - enkystée à la partie moyenne de la plèvre droite. Le malade était tombé en quelques jours dans un tel état de cachexie, qu'il ne semblait pas même devoir supporter la pleurotomie.
Bien au contraire, c'est ici même que nous avons obtenu un de nos pins beaux suce»
Après quelques jours de siphonnement et d'élimination d'un pus infect, le malade est comme ressusforces, l'appétit lui reviennent en même
nps que la fièvre tombait dès le 3mejourde fonctionnement du siphon. Le 38me jour, suppression de tout appareil, et le 45me jour, la cicatrisation était et définitive.
Ce fait est à noter <it à rapprocher de ce que n< us
servions déjà dans l'observation IX, c'est-à-dire que le caractère de fétidité ^\u pus. n'implique pas un traitement long ou semé de difficultés périlleuses. An
ntraire il semblerait qu'une fois le siphon installé, la marche vers la guérison devient d'une régularité parfaite, évitant les rechutes el les complications qu'on oba dans d'autres cas.
Observation XVI.
Pneumopleurésie purulente 1889. Trois résections costales successives, 1893, 1894, 1893, sans résultat. Fistule persistante. Guérison en 5 mois au moyen du siphon.
S..., Vitalis. 27 ans, professeur de grec à Kieff.
Pas d'antécédents de famille, a eu la rougeole dans son enfance.
En février. 1889. à Ja suite d'un refroidissement, il prend une pneumonie gauche qui se résorbe mal et s'accompagne bientôt de pleurésie. La toux devient très violente, expectoration verdâtre, puis survient une première vomique.
La température oscille pendant ce temps entre 38°. 6' et 40°, 1. Créosote, gaïacol intus et révulsifs vésicants san> résultat.
En été, 1889. le malade part pour la station climatérique de Slawonta, ou il fait une cure de koumys. la toux et la fièvre persistent, 38°. 6 à 40°.
En 1890, envoyé par les médecins de son pays dans le^ Carpathes, où on lui fait sur place quelques ponctions exploratrices.
Un examen des crachats ne décèle pas de bacilles de Koch. Après 3 mois de séjour dans les montagnes, survient une certaine amélioration, quoique la température montai encore parfois à 39°.
1892. Le malade ne quitte pas son appartement pendant tout l'hiver, une nouvelle cure d'air pendant l'été suivant n'amène aucun résultat.
C'est alors qu'eut lieu en 1893 une première résection de côtes, faite par le Prof. Bornhaupt de Kieff.
On évacua une quantité considérable de pus. que le malade estime à 10 litres. Une amélioration notable s'en suit, la toux cesse, la température redescend à 37°. On laisse un drain dans la plaie durant 3 mois, après quoi on l'enlève pensant que la guérison était complète.
Mais dès que la plaie se referme, la température s'élève peu à peu et atteint 39". Le malade recommence à beaucoup tousser, cracher, puis fréquentes vomiques, surtout le matin où le malade rend environ un verre de pus à la loi-.
section de côtes, parle Prof. Bornhaupt. E\ a-
cuai le pus : ii» température redevient nor-
. la toux i implètement. Pansement tous les trois
jours, mais la plaie ne se ferme plus, elle reste fistuleuse.
Drain à demeure. Dès que celui-ci venait à se boucher,
mpérature remontait
.1 •■■«• résection S nt-Pétersbourg, qui reste sans
()ti conseille au malade une nouvelle opération, mais il consulte préalablement le Prof. Bergmann à Berlin, qui |'en le drain contre une canule
. ut. tout en émettant l'opinion que la fistule se fermerait d'elle-même. Reste apyrétique, mais la fistule persiste toujours. C'est alors que le malade entend parler de notre siphon par une de ses parentes habitant Genève.
10 juin. 1896. Il arrive directement de Berlin à Genève ferme intention de se faire siphonner, ce qui fut fait
- premiers jours après son arrivée.
- rs, la face des choses change à vue d'oeil : après un court séjour à G suffisant pour l'instruire dans la technique de son appareil, le malade déjà passablement sou-
pepart pour la Russie, porteur de son siphon dont nous fonctionnement à lui-même et à son entourage.
Octobre. 1896. Voici les renseigne nts que nous rece-
s d'un de ses parents, étudiant en médecine : Température normale. Trajet fistuleux de 8 cm. Exsudât séropurulent, gris, rouge, ne dépassant pas 10 à 15 gr. en
satisfaisant, bre. 1896. Guérison. Cicatrisation compli Mai. 1898. Nouveaux renseignements: La guérison se maintient parfaite. Le malade est rendu complètement à la vie commune, il a dan-- tout l'hiver : à titre de confirmation a deux photographies, une pose montrant la autre, l'ex-malade en uniforme militaire!
i ette obs >n constitue une démonstration par-
lant e - 'lu siphon envisagé à un point de
\ m- comparatif.