CONCLUSION
L'analyse sans parti-pris de ce mode de traitement et des résultats qu'il a donnés aux mains de Messieurs Plazy el! Germain, au cours de l’année qui vient de s'écouler, nous paraît devoir susciter quelque intérêt. Nous avons exposé les faits dans toute leur simplicité. Aussi, adjurant ceux qui en prendront connaissance, de ne pas faire preuve de misonéisme, nous avons l'espoir qu'ils voudront bien en reprendre l'étude pour leur propre compte.
Je dois cependant rendre justice à M. le Professeur Charrier, quand 1} redoutait la mise en pratique de ce traitement par des médecins inexpérimentés ou démunis des renseignements indispensables du laboratoire et de la radiologie. Messieurs Plazy et Germain n'ont rien négligé, les malades ont été suivis jour pour jour, et pour chacun d'eux il a été fait plusieurs examens de crachats, enalyses du pus, radiographies. D'autre part, il est un moment délicat : quand faut-il passer la main au chirurgien ; 1 serait déplorable, en effet, de persister dans le traitement médical quand il s'avère insuffisant.
Les principales indications de linterrompre, dans les rares cas où l'amélioration escomptée au bout de quelques jours est insuffisante, sont : la persistance de la fièvre en clochers, l’altération continue des polynucléaires de lépanchement, la persistance des germes dans cet épanchement. Là encore, le médecin traitant à besoin du laboratoire. D'autre part,‘ il doit savoir juger de l’état pulmonaire et
du moment qui sera le plus favorable pour passer la main au chirurgien, en fonction de l’état pulmonaire et de l'état général. Dans le cas où l'état général est menaçant et les lésions pulmonaires en évolution, notre opinion est faite
on doit toujours persister dans le traitement médical. Jusqu'à disparition ou atténuation des lésions du poumon.
En terminant, nous ferons remarquer que ce traitement est appelé à rendre des services aux médecins qui exercent à la campagne. Jusqu'à présent le praticien était le plus souvent désarmé devant une pleurésie purulente sil ne prenait pas la résolution et s’il n’avait pas la possibilté de faire transporter son malade dans un tentre chirurgical. Ce transfert, d’ailleurs, est particulièrement dangereux pour le malade. S'il applique notre traitement — et il pourra toujours le faire, à moins d'être isolé de tout laboratoire, ce qui doit être rare aujourd'hui — il a le droit d'escompter la guérison, ou du moins une amélioration rapide de son malade, qui lui permettra de le faire transporter dans un centre médico-chirurgical mieux outillé, sans que ce transfert n'entraîne des conséquences fâcheuses ou irréparables.