‹ Du Traitement du Chancre Simple et de Ses Principales ComplicationsChapitre 15 sur 21 · SG LS · texte numérisé non relu

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absolue de brûler très complètement,non seulement la petite ulcération centrale, mais encore toute la bordure érythémateuse, rouge, qui l'entoure, en un mot de dépasser, avec l’électro-cautère, les limites visibles du mal. Sans cette précaution on s'expose. rait à voir le processus continuer à s'étendre malgré la cautérisation centrale. On lavera très soigneusement à l’eau blanche et on pansera toutes les ulcérations cicatrisées avec de l’iodoforme.Si le malade, pour une raison ou pour une autre, redoute l’odeur persistante de cette substance, on pourra la remplacer par l'acide salicylique, la résorcine ou mieux encore l’aristol. Si la cautérisation a été suffisante, sielle n’a pas été faite trop tard, il s'ensuit une ulcération rouge, puis bourgeonnante, qui se cicatrise en quelques jours,après la chute de la petite escharre noirâtre consécutive à la brûlure.

Pour la cautérisation au thermo ou à l’électrocautère, on peut obtenir une anesthésie relative au moyen de badigeonnages avec une solution de cocaïne à 1/30. Mais cette pratique servira surtout à rassurer les sujets qui redoutent l'intervention, car nous devons avouer que la sensation douloureuse des piqûres n’en est que fort peu atténuée.

Si, dans les quatre où cinq jours qui suivent, l’ulcération se recouvre d’une pellicule grisâtre, si le bord s'étend excentriquement, si le fond se déchiquette, le traitement abortif n’a pas réussi et on doit recourir au traitement classique que nous allons maintenant exposer.

II. — Les chancres ayant évolué le malade se présente à la période d'état

À. — CHANCRES MULTIPLES, PLUS OU MOINS NOMBREUX, RÉPANDUS SUR LA MUQUEUSE OÙ LA PEAU

Il ne peut, naturellement plus être question de traitement abortifetla maladie doit suivre son cours; mais il s’agit de déterger, le plus vite possible, le fond de l’ulcération chancreuse, de la débarrasser de son exsudat virulent et de remplacer cette plaie spécifique par une ulcération banale, ayant tendance au bourgeonnement-et à la réparation.

Nous distinguerons donc deux temps dans le traiment : le premier : a), consistera à déterger l’ulcère chancreux, tout en empêchant l'inoculation des parties voisines; ceci fait, il restera : D) à faire cicatriser le plus vite possible la plaie chancreuse cautérisée.

a) On empêchera l’inoculation des parties voisines par des lavages répétés de.la région, des bains locaux et la cautérisation des chancres eux-mêmes. - 10 Lavages. — Les plus simples sont les meilleurs et, comme nous l'avons dit plus haut, le choix dela substance employée importe peu, pourvu que les lavages soient bien faits, c'est-à-dire assez fréquents et suffisamment prolongés. On lavera, par

exemple, la plaie trois ou quatre fois par jour avec de l’eau blanche, ou avec la solution suivante :

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2° Aux lavages seront associés avec fruit les bains locaux chauds, dont l’action anti-congestive et antiinflammatoire aura une heureuse influence sur la marche de l'ulcère. Nous ne ferons que rappeler les heureux résultats obtenusau moyen des bainschauds par Simmons, Hutchinson, Aubert, Lormand, Arnozan et Vigneron et nombre d’autres auteurs ; rappelons également que, pour être efficaces, les bains doivent être donnés à une température de 39 ou 40 degrés et prolongés pendant une demi-heure au moins.

30 Cautérisation du ou des chancres eux-mêmes. — Ce sera icile cas de recourir aux divers agents chimiques et physiques que nous avons étudiés plus haut. Les badigeonnages avec la solution d’acide phénique à 1/10 (Montilier) ou avec l'acide phénique pur (Neisser), les applications de chlorure de zinc sous forme de pâte de Canquoin ou mieux en solutions étendues, beaucoup moins dangereuses que cette dernière, tels sont quelques-uns des moyens que nous aurons à notre disposition pour obtenir cette cautérisation. | . Parmi les agents physiques, nous pourrons avoir

recours à l’air chaud (Haralamb), mais surtout aux radiations caloriques. Cette dernière méthode consiste à faire tous les jours ou tous les deux jours, jusqu'à détergement de la plaie (il.est obtenu en cinq à six jours en moyenne), une séance de 10 minutes à un quart d'heure avec le thermocautère chauffé au rouge blanc ; on éloigne et on rapproche alternativement de la plaie la pointe chauffée, suivant la résistance du malade à la chaleur dégagée. Il est rare qu'une seule séance suffise: le plus souvent 3 ou 4 séances sont nécessaires pour déterger le fond des ulcérations. Dans l'intervalle des séances, on aura soin de poudrer avec de la résorcine, de l'acide salicylique ou du calomel et surtout de maintenir entre le gland et le prépuce une mèche de gaze qui fera l'office d'un drain. Nous avons cité plus haut l'excellente statistique que cette méthode a donnée à Krôsing en 1899 : sur 40 cas de chancres simples traités par la chaleur rayonnante, 81 ont guéri après uné durée moyenne de 21 jours{(l'auteur n'a vu les 9 autres qu'une seule fois). Couramment employées à la clinique de l’Antiquaille, les radiations caloriques ont toujours donné ce que l'on peut appeler d’excellents résultats, c’est-à-dire des guérisons complètes en 20 ou 25 jours.

Il semble donc que, pour déterger et cautériser les chancres simples, à la période d'état, ce sont les radiations caloriques qui paraissent donner de beaucoup les meilleurs résultats.

b). Une fois disparue l’escharre jaunâtre qui fait le fond dè l’ulcère chancreux, il faudra passer à la

TES VrRs deuxième période du traitement, c'est-à-dire faire cicatriser le plus vite possible la plaie restante. Pour cela, il suffira de la traiter comme une plaie banale : on la lavera souvent et soigneusement, on la poudrera avec de l’aristol, du dermatol ou de l’iodoforme et, surtout, on empêchera autant qu'on le pourra, la reprise prématurée des coïts.

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