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B. — LES CHANCRES OCCUPENT QUELQUES LOCALISATIONS PARTICULIÈRES

Certaines localisations impliquent un traitement un peu spéciakou, tout au moins, une certaine surveillance, tels l’urêthre et le méat, le frein, le limbe préputial.

a). Urèthre et méat. — On fera, plusieurs fois par jour, des injections appropriantes avec la solution d’eau blanche; dans l'intervalle des lavages, on y laissera, en guise de drain, une mèche de gaze iodoformée, enfin on veillera avec soin au rétrécissement possible.

b). Frein. — Quand le chancre naît sur les côtés du frein et passe par-dessous, il sera préférable de couper au ciseau le pont situé au-dessus, car il est sacrifié d'avance et ne peut que retarder la guérison; on n'aura guère à se préoccuper de l’hémorrhagie consécutive qui est presque toujours insignifiante.

. c). Limbe préputial, — Les chancres mous multi-

RMS ples sont disposés en couronne sur le limbe preputral. Dans ces conditions, si les chancres n’encombrent pas la face interne de la muqueuse ou Île sillon balano-préputial, en un mot, si on pense que l'incision puisse passer en tissu sain, il nous semble qu'on ne doit pas hésiter à enlever le prépuce par une circoncision classique, avec quelques précautions nécessitées par la présence des chancres.

En effet, quel est le gros danger dans cette opération ? C'est l’inoculation de la cicatrice invoquée par nombre d'auteurs. Or, il est certain que, moyennant certaines précautions, on peut arriver à éviter cette inoculation, et les résultats que nous avons vu obtenir par M. le docteur Carle, à la Clinique de l’Antiquaille, sont plutôt encourageants.

Voici la technique suivie : 10 Une antisepsie soignée est la condition essentielle; sans aller jusqu'à la pluie d'acide phénique recommandée par M. Aubert, on aura recours à un bon nettoyage au savon, puis à l’eau oxygénée à 6 et même à 12 volumes ou au sublimé faible. Il est indispensable de faire pénétrer ces lavages Jusque sous le prépuce, même si la présence des chancres sur le limbe empêche de décalotter; 2 Une deuxième précaution consiste dans la cautérisation préalable au thermocautère (le malade étant endormi) de tous les chancres mous visibles. Ces deux conditions essentielles étant remplies, on fera encore une dernière cautérisation avec une solution de chlorure de zinc à la dose de 60 grammes pour 40 grammes d’eau : pour cela, le prépuce étant relevé-en entonnoir, la solution

sera portée, avec une seringue, sur toute la surface de la muqueuse. Enfin, après un dernier nettoyage, on opèrera suivant les règles ordinaires. Il est inutile de ménager le frein ; après l'opération on recouvrira la plaie d'un pansement très propre que l'on surveillera attentivement.

Sur 14 cas de chancres mous multiples du limbe préputial ainsi opérés, M. Carle n’a eu qu’une seule fois une inoculation des bords de la plaie.

Nous ne nous attarderons pas à faire ressortir les avantages inappréciables de cette façon de procéder qui guérit cinq à six chancres en une quinzaine de Jours, temps strictement nécessaire à la cicatrisation, et prévient les balanites etautres complications consécutives à ce genre de localisations. L’ablation du prépuce est un argument de plus en faveur de cette méthode.

Si l’antisepsie a été insuffisante, que la cicatrice se chancrellise, on s’en apercevra à la douleur très marquée que ressent le malade à l'enlèvement du pansement. Dans ce cas, inspecter soigneusement la cicatrice et, si un point tout spécialeinent douloureux, jaunâtre, se creuse sur cette cicatrice, le soumettre de suite aux radiations caloriques. La guérison se fait de même, mais elle est renvoyée à un mois environ. à

Complications

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