‹ Du Traitement du Chancre Simple et de Ses Principales ComplicationsChapitre 18 sur 21 · BUBON · texte numérisé non relu

BUBON

À. — Traitement prophylactique. — Et, d'abord, existe-t-il un traitement prophylactique du bubon ? Certains auteurs l’ont cru et ont pensé pouvoir réaliser ce traitement prophylactiqne par l'emploi de

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diverses substances, d’ailleurs variables avec chacun d'eux. M. Christian n’a-t-il pas cru pouvoir, dans 50 pour: cent des cas, empêcher le développement des bubons par des onctions pratiquées tous les deux jours avec une pommade à base d’ichthyol et de mercure ? Devant de tels résultats, il conviendrait de s’incliner. Malheureusement d’autres auteurs ont rapporté des succès tout aussi brillants obtenus par des modes de traitement totalement différents. Aussi la multiplicité des méthodes préconisées nous rend-elle quelque peu sceptique sur leur efficacité réelle.

En réalité, s’il existe des modes de traitement qui, plus que d’autres, sont susceptibles de donner naissance au bubon, par contre, il n'en est pas, croyonsnous, qui mette sûrement à l'abri de cette complication. Le développement du bubon est singulièrement favorisé par les infections secondaires qui, chez les malades peu soucieux de la propreté, s'emparent de la surface chancrellisée. Les lavages fréquents, une asepsie minutieuse, en empêchant ces infections secondaires, réaliseront, dans une large mesure, le traitement prophylactique du bubon. D'autre part, l'incision hâtive du chancre, quand elle sera possible, en supprimant la lésion, en assurant l’asepsie des régions atteintes, mettra, plus que tout autre mode de traitement, à l’abri de la complication ganglionnaire.

B. — Traitement abortif. — Le bubon est en voie de formation, est-il possible de le juguler et quels

FOUR sont les procédés qui ont été préconisés dans ce but ? Nous venons de voir comment M. Christian pensait pouvoir arriver à ce résultat et, dans notre premiére partie, nous avons longuement insisté sur la méthode de E. Welander qui, pour atteindre ce but, pratiquait des injections avec une Solution de benzoate de mercure et aurait obtenu 78 résultats favorables sur 100 cas ainsi traités. MM. Brousse et Bothezat ont fait, nous l'avons vu également, la cri- tique du traitement abortif des bubons par la méthode de E, Welander (Cf. page 15) et, à propos du traitemont prophylactique, nous avons dit ce qu'il nous serablait qu’on dût penser de la méthode de Christian, nous n’y reviendrons pas. Mais, de tout ce qui précède il nous semble qu’on puisse tirer la conclusion suivante : l'abortion des bubons a pu être obtenue dans un certain nombre de cas favorables, mais telle méthode qui avait paru donner, entre les mains de certains auteurs, des résultats heureux, est restée complétement inefficace en d’autres mains que les leurs et, en dernière analyse, devant ces contradictions, il ne nous semble pas qu'on puisse dire avec raison qu'il existe un traitement abortif du bubon chancrelleux.

C. — Traitement du bubon constitué. — Le bubon est constitué, que convient-il de faire? Nous avons vu dans notre première partie, combien sont nombreux les modes de traitement préconisés dans ce cas. Nous y avons insisté suffisamment pour nous dispenser d'y revenir ici, si ce n’est pour les rappeler

rapidement, On a d’abord traité les bubons par

l'injection de diverses substances : l'acide phénique à 1/60 (Philip Harvey), l’éther iodoformé(Eichstorff), la vaseline iodoformée (Fontan et Henric), etc. On a ensuite préconisé l’aspiration (Le Pileur), les ponctions multiples (Wieger), la ponction ou l’incision suivies d'injections modificatrices au chlorure de zinc, au nitrate d'argent, etc. Nous trouvons enfin le traitement chirurgical proprement dit, qui consiste dans le curettage des produits pathologiques, et dans l’excision des-bords et des lambeaux cutanés, de façon à transformer la plaie virulente en une plaie simple et de bonne nature.

A laquelle de ces méthodes, aurons-nous recours ? Pour répondre à cette question nous aurons à envisager les différentes hypothèses suivantes:

a). Le bubon n'est pas ouvert. — T faudra, dans ce cas, attendre la fluctuation,en le mettant à l’abrides frottements et de toutes les causes d'irritation (marche et fatigues de toutes sortes); la résolution pourra ainsi se faire quelquefois, mais elle se fera spontanément. Ce n'est guère que pour satisfaire le malade que l’on pourra prescrire quelques onctions belladonées, mais Jamais de frictions à l’onguent napolitain. L'action de ce médicament est telle, en effet, que nous avons entendu M. le professeur (GAILLETON signaler que des frictions de ce genre avaient pu transformer en bubon des adénopathies inguinales syphilitiques.

Dès que la fluctuation sera nette, on ouvrira l’abcès

LR GRRLE au moyen d’une simple ponction ou d’une incision de très petite étendue ; éviter les grandes incisions qui favorisent la chancrellisation des bords. Après avoir évacué complètement le pus, on se contentera d'introduire une mèche de gaze, de façon à drainer la cavité et on recouvrira d’un pansement aseptique; quant aux injections modificatrices, elles sont, le plus souvent, inutiles, quelquefois même irritantes.

b). Le bubon s’est ouvert spontanément. — Les lavages et les pansements aseptiques feront ici tous les frais du traitement; mais on n'’oubliera pas en même temps, de surveiller attentivement la chancrellisation des bords.

c). Le bubon est déjà chancrellise. — C'est évidemment le cas le plus défavorable au point de vue de la guérison. Aux lavages fréquents il faudra associer une intervention plus active; c’est ici qu’on pourra employer avec fruit les radiations caloriques. On aura soin, enfin, dans ce cas, de surveiller l'état général du malade, de façon à pouvoir, en cas de besoin, soutenir ses forces au moyen de toniques appropriés, en un mot de veiller au phagédénisme possible.

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