AGENTS CHIMIQUES
A.— Médication caustique. —«Tout malade atteint « de chancres simples se trouve, pendant l'entière « durée de ces accidents, exposé à un certain nom- « bre de complications (lymphite, bubons, inocu- « lations successives, phagédénisme, gangrène) « desquelles la seule prophylaxie efficace consiste « dans la suppression de la lésion chancreuse. Or, « iln’est pas de moyen plus rapide d'arriver à ce « résultat que la cautérisation, grâce à laquelle « l’'ulcère spécifique est transformé illico en plaie « simple. Telle est l’origine, telle est la raison d’être « de la méthode abortive ou ectroctique » (Jullien).
C'est le nom qui fut d’abord donné à la médication caustique. Cette méthode prit naissance à Lyon, sous l'impulsion de Diday qui, en 1841, préconisait l'emploi de la pâte de Canquoin (pâte au cAlorure de zinc) dont on découpe un morceau, de facon à l'introduire à frottement dans l’ulcération ; au bout de quelques heures, l’ulcère est transformé en une escharre qui tombe et laisse à découvert une plaie de bonne nature, ayant tendance à se cicatriser rapidement.
Plus tard, le chlorure de zinc fut employé en solution ou sous forme d’éther zincé au 1/10e, mais, la cautérisation avec ces substances étant trop rapide
ARCS Va ee et devant être renouvelée à des intervalles trop rapprochés, Balzer et Souplet ont recommandé, dans ces dernières années, l'emploi de la pâte de Socin, qui est formulée de la façon suivante :
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Nitrate d'argent. — En 1882, C. Thiersch essaya le traitement du chancre phagédénique par les injections parenchymateuses de nitrate d'argent, en procédant comme il suit : après chloroformisation, on fait, à un centimètre tout autour du bord de l’ulcération, et à un centimètre l’une de l’autre, une série d'injections de un centimètre cube de la solution à 1/1500 de nitrate d'argent. On peut calmer la douleur consécutive, qui est considérable, par l'application de vessies de giace ; au cas où le phagédénisme continuerait à progresser, on recommencerait tous les huit ou quinze jours.
Depuis, le nitrate d'argent a été souvent employé, comme caustique, dans le traitement du chancre sous phimosis ou du bubon, mais comme, la plupart du temps, son emploi précède ou suit le traitement chirurgical, nous l’étudierons plus en détail avec ce dernier.
Nitrate de plomb. — Tout récemment, Melazzo à préconisé le nitrate de plomb qui aurait l'avantage den’avoir aucune action sur les tissus sains. Après lavage au sublime à 4 pour 4000, on fait une applica-
PRAGUE tion de poudre de nitrate de plomb; on peut calmer la douleur en faisant auparavant un badigeonnage à la cocaïne. Il se forme une croûte, puis une escharre qui tombe en 36 ou 48 heures, en laissant une lésion qui a perdu sa spécificité.
Acide phénique. — L'acide phénique avait été employé, dès 1886, dans le traitement des bubons, par Philip Harvey, dont le procédé nous est ainsi décrit par le Dr Morse K. Taylor : congeler la peau à l'éther, injecter vingt à trente gouttes d’une solution d'acide phénique à 1/60, puis placer sur le bubon un sac de plomb ou de sable d’un poids de trois livres, que l’on maintient solidement avec des bandes.
Ia,depuis, été recommandé contre le chancre simple dansla thèse de Montilier. L'auteur employait,à l'hôpital du Midi, dans le service de Du Castel, des badigeonnages d'acide phénique à 1/10,précédés d’un nettoyageantiseptique soigneux et suivis d’un pansement à l’iodoforme ; en ayant bien soin de passer le pinceau dans toutes les anfractuosités et sous les bords décollés, la guérison pouvait être obtenue en 4 où 5 jours.
Enfin Neisser a usé dela cautérisation avec l'acide phénique pur : en agissant ainsi, on n'aurait pas l’induration inflammatoire que donne lenitrate d'argent: on applique ensuite une pommade à l’iodoforme à 1/100, où de la poudre d’iodoforme en pulvérisation avec de l'éther,et on recouvre le tout d’une pommade au nitrate d'argent (2 0} et baume du Pérou PARUS FÉERIES rh, RES Re ae
nos.
Formaline. — La formaline, employée en badigeonnages par V. Franck, aurait une action analogue à celle de l'acide phénique.
Acide pyrogallique. — L'acide pyrogallique, déjà employé en 1880 par E. Vidal, mêlé à l’'axonge à la dose de 20 04, en applications 3 fois par jour, fait, en 1883, de la part du même auteur, l’objet d'une communication à l’Académie de Médecine. Dans le cas d’ulcère sans anfractuosité, l’auteur emploie une pommade avec :
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Dans le cas de bubons à bords décollés, à trajets multiples, insufflations avec:
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L'ulcération se dessèche, devient grisâtre ; ilse forme une escharre qui tombe, et laisse, après elle, une plaie de bonne nature.
Tayuya. — Signalons l'emploi du tayuya dans le traitement du chancre phagédénique (Pirocchi). La teinture de tayuya diluée aurait une action topique, excitante, antiseptique et cicatrisante et, d'après l’auteur, semblerait, dans le phagédénisme, pouvoir disputer le pas au fer rouge lui-même.
Chlorure de méthyle. — Signalons enfin les essais
Li 90 de traitement du chancre simple parles vaporisations de chlorure de méthyle(Brandweiller, Clinique du Professeur Neumann, de Vienne). La façon d'opérer est la suivante: après un lavage soigneux au sublimé, on dirige, d’une distance de 20 centimètres, un jet de chlorure de méthyle sur l’ulcère, pendant une durée de 3 à 5 minutes; on saupoudre ensuite avec de l’idoforme et on recouvre d’un pansement ordinaire ; il faut 2 à 8 séances par jour. Le chancre se déterge en 4 ou 5 jours, et se transforme en une ulcération de bonne nature, qui se cicatrise normalement ; la statistique de l’auteur donne 34 résultats favorables sur 40 cas ainsi traités.
B. — Médication astringente. — « Placer l’ulcère « dans les meilleures conditions locales, ne le « soumettre qu'à des modifications d'une intensité « modérée, surveiller, diriger sa marche de facon « à parer aux complications intercurrentes, telestle « principe de la médication palliative astringente, « qui n’est, à tout prendre, que le traitement symp- « tômatique de la lésion » (Jullien).
Comme on le voit, d'après cette définition, les substances que nous allons maintenant passer en revue, sont des substances plus anodines que les précédentes, aux effets moins violents, et dont l’action principale sera d'opérer et d'entretenir, au sein de la lésion, une antisepsie relative. |
Camphre. — Le camphre est une des substances le plus anciennement employées pour le traitement