‹ Du traitement intelligent de la folie et application de quelques uns de ses principes à la réforme des criminels. 1re face de l'entendement humain les penchants inférieurs. 2e face de l'entendement humain par le docteur Félix VoisinChapitre 8 sur 8 · HO · texte numérisé non relu

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et la raison î Que de ténèbres , que de faux systèmes, que de galimatias, et combien il importe encore ici pour le sujet qui nous occupe de porter le flambeau de l’analyse dans ce dédale d’opinions contradictoires !

Toujours désireux de marquer la différence qu’il y a entre les travaux de mes confrères, les médecins aliénistes , et les miens, je viendrai par conséquent vous dire ce qu’ils n’ont' point dit dans les excellents ouvrages qu’ils ont d’ailleurs publiés sur les maladies mentales. Je viendrai dire et prouver que l’intelligence se compose de plusieurs espèces d’intelligences, si je puis m’exprimer ainsi, et démontrer, comme je l’ai fait pour les penchants et les sentiments , la nécessité d’en connaître le nom, le nombre, les associations et les influences respectives. Nous no pouvons pas ne pas accepter les choses établies parla nature elle-même. Eh bien ! de même que la vie sensoriale complète ressort de l'exercice et de l’emploi de tous nos sens réunis, de même que la vie animale, brute, instinctive de l'être est représentée par l’activité combinée de nos virtualités inférieures ; de même encore que la moralité de la tête humaine se forme et

s’appuie sur un ensemble (Je facultés supérieures, de meme aussi l’intelligence n’est point une ; ici encore c’est un faisceau de pouvoirs congénères et harmoniques, et pour briller de tout son éclat elle a besoin du concours et de l’agglomération d’eux tous.

Vous le concevez, Messieurs , j’attache du prix à ces idées , car elles débrouillent le chaos de l’ancienne métaphysique et elles lui substituent une science toute simple, toute positive et tout entière fondée sur l’observation des choses invariables créées par la nature elle-même. Pour le traitement des aliénés et la réforme des criminels , on en sent la haute importance ; car, indépendamment de ce, que nos différentes facultés , en raison de leur nature spéciale, de leurs fonctions particulières et de leur mode exclusif de sensibilité, ne peuvent être indifféremment mises en jeu par les mêmes objets extérieurs, et qu’il est indispensable d’on bien étudier et d’en bien connaître les excitants naturels , les modificateurs propres , il importe surtout de rechercher avec le plus- grand soin quelles sont celles qui ont commencé par se troubler dans l’encéphale Point de vue culminant qui

manquait à nos prédécesseurs, ou du moins qui était incomplet et obscur pour la plupart d’entre eux, puisque, dans l’état où était la science à leur époque, ils n’avaient pu faire le dénombrement des facultés instinctives , morales, intellectuelles et perceptives qui forment , par leur ensemble , le groupe harmonieux des forces de l’entendement humain.

Comme vous le voyez, Messieurs, l’analyse de 'mon ouvrage est facile, et je viens de la mettre sous vos yeux. La marche que j’ai suivie est simple et naturelle, c’est celle de l’observation. Ma doctrine a pour objet et pour résultat de réhabiliter le savoir et l’étude, de rendre.accessible à tous les esprits capables et laborieui, sans distinction , la science et la pratique des maladies mentales. Pour être médecin d’aliénés, ilnesuflh donc pas, comme l’a dit un de mes confrères, au milieu de vous, d’avoir de soudaines illuminations, de s’inspirer au lit du malade, de se conduire en artiste ou en homme supérieur, etc’. Les grands hommes en tout genre sont rares, chez les médecins comme dans toutes les autres classes de la société ; et d’ailleurs, qu’on en soit bien convaincu, les

grands hommes ne sontgrands que parce qu’ils s’appliquent a*ec leurs grands moyens à observer profondément la nature, et qu’ils la prennent en tout point pour guide dans leurs plus sublimes inspirations.

• L’homme forf, l’homme vraiment intelligent, véritablement supérieur est celui qui se pose le mieux devant elle, qui la copie, qui l’analyse, qui l’interroge , qui s’ingénie dans tous les sens pour la connaître , et qui , toujours appuyé sur elle-même, l’étudiant chez tous ses semblables et dans sa propre personne , parvient à suivre tous ses mouvements, à lui dérober tous ses secrets et à s’emparer de sa puissance.

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