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qu'avec ce seul instrument, une quantité de bêtes qui n’est pas négligeable, aurait été certainement dirigée sur la boucherie, à moins qu'elle ne succombe à une perforation de l'œsophage. Supposons que sur dix bêtes confiées au vétérinaire, le refoulement puisse être fait facilement sur neuf d’entre elles, il n’en reste pas moins que la dernière sera perdue pour le troupeau. Et cette proportion est certainement trop faible. Même si elle correspondait à la réalité, nous estimons qu’elle serait encore
assez forte pour imposer l’usage du traitement mixte.
Nous ne rapporterons aucun des cas récents pour lesquels nous avons employé cette méthode. En effet, commé nous faisons l'injection de pilocarpine dès le début, avant la moindre tentative de sondage, on pourrait nous dire, avec juste raison, que rien ne démontre l’heureuse action de l’alcaloïde. Par contre, le cas suivant, qui remonte au début de nos essais, est
beaucoup plus éloquent.
OBSERVATION III. — Le sujet est une génisse qui avait avalé une pomme au pâturage. Le propriétaire ayant posé le diagnos-
tic lui-même nous fit appeler sans tarder.
A l'examen, il était facile de localiser le corps étranger dans la zone moyenne de l’encolure, sans qu’il soit besoin de faire le
cathétérisme de l’æœsophage.
Comme la météorisation était déjà très prononcée, la ponction du rumen fut faite aussitôt. Puis, la bête étant fortement maintenue par des aides vigoureux, nous avons entrepris le refoulement. Malgré plusieurs tentatives cependant prolongées, il nous fut absolument impossible de mobiliserle corps obstruant.
C'est alors que nous avons proposé au propriétaire d'essayer
PAYS yet
la pilocarpine. La réponse étant affirmative, l'injection fut faite aussitôt.
Après une attente de 20 minutes, nous constations avec satisfaction que la pomme avait déjà descendu d’une dizaine ie centimètres, sans autre intervention. Nous avons alors essayé à nouveau le refoulement et le corps étranger fut repoussé sans
difficulté jusqu’au rumen.