‹ Du traitement mixte de l'obstruction œsophagienne chez les bovinsChapitre 6 sur 12 · ART USER · texte numérisé non relu

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dans la poitrine, l’œsophage se place à nouveau sur la face supérieure de la trachée. Il passe ensuite au-dessus de la bifurcation de celle-ci et de la base du cœur, puis traverse le diaphragme et débouche enfin dans le rumen. Chez les bovins, le cardia est infundibuliforme.

Du point de vue qui nous occupe, il y a lieu de souligner la forme en entonnoir de l’orifice d'entrée de l’œsophage, la courbure que l'organe fait dès le début de son trajet intrathoracique et enfin la compression légèrement plus grande que le bol alimentaire rencontre normalement dans la région diaphragmatique.

En dehors de ces causes anatomiques, extrêmement importantes, il en est d’autres qui tiennent au mode de vie et aux habitudes des bovins.

Dans la grande majorité des cas, les obstructions œsophagiennes sont réalisées par des aliments durs déglutis sans avoir été broyés auparavant. Normalement, la première mastication est très imparfaite chez les ruminants. Chez nombre de sujets particulièrement voraces, elle est inexistante. De cette façon, des morceaux de betteraves, des pommes de terre, des pommes sont ingérés intacts. Lorsque leur diamètre est trop considérable, ils restent dans le pharynx, à l'entrée de l’œsophage. Des dimensions un peu plus faibles leur permet de s'introduire dans ce conduit, mais, malgré tout, la progression sera très laborieuse et bientôt l’obstruction sera réalisée, soit dans la portion cervicale, soit dans la partie thoracique de l'organe. Les particularités anatomiques que nous avons précisées ci-dessus, nous permettent de deviner à l’avance les points les plus favorables à l'arrêt

du corps étranger.

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Ce que nous venons de dire s'applique aux bêtes normales. A côté de cela, ilest évident que des lésions œsophagiennes sténoses, etc.) ou périæsophagiennes (abcès, tumeurs, adénites) sont des causes favorisantes. Cependant, en pratique on les

rencontre rarement.

2° Symptômes et évolution

Les signes cliniques de cet accident sont variables suivant que l’obstruction est complète ou non.

Quand le corps étranger est de forme irrégulière, les parois de l’œsophage ne sont fortementen contact avec lui que sur une partie de sa surface. Il en résulte que les gaz du rumen, d’une part, et les liquides déglutis (salive), d’autre part, peuvent cheminer avec une certaine facilité. Dans ce cas, l’obstruction est partielle, et deux symptômes que nous signalerons plus loin font défaut : la météorisation et la salivation. Lorsque l'arrêt du corps étranger se produit, l'animal cesse subitement de manger ; il paraît également un peu anxieux, mais pas de façon inquiétante. Les symptômes locaux sont les seuls qui puissent être saisis. Lors d'obstruction de la portion cervicale de l’œsophage l'inspection de la gouttière jugulaire, et surtout la palpation, permettent de découvrir le corps obstruant. De plus, on note un certain degré de contraction des muscles. Ce phénomène est le seul qui puisse être saisi directement dans le cas d’obstruction de la partie thoracique, laquelle n’est vraiment révélée que par le cathétérisme de l'œsophage.

Si le corps étranger est de forme arrondie, le contact avec la muqueuse est beaucoup plus intime. L’obstruction est alors

complète et le tableau clinique est franchement impressionnant.

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Très rapidement les gaz qui résultent de la fermentation dans les réservoirs gastriques s'accumulent dans le rumen et le distendent progressivement, parfois de façon très brutale. L'animal devient vite anxieux. La météorisation efface le creux du flanc gauche, se manifeste même à droite et refoule le diaphragme en avant au point d'entraîner des troubles asphyxiques qui deviendraient mortels.

De même, les liquides déglutis ne peuvent plus gagner l’estomac. Ils s'accumulent en amont du corps étranger, distendent un peu l’œsophage, ce qui n’est pas toujours très appréciable, et surtout s'écoulent hors de la bouche en longs filets qui descendent de la commissure des lèvres ou même sortant par les naseaux.

Météorisation et ptyalisme sont les signes les plus caractéristiques de l’obstruction complète de l’æœsophage. Les autres symptômes sont sensiblement les mêmes que dars l’obstruction partielle : arrêt de la préhension des aliments, tension de l'encolure avec raideur des muscles du bord inférieur du cou, efforts plus ou moins violents de déglutition, perception du corps étranger au niveau de la gouttière œsophagienne lorsque l'arrêt s’est produit dans la portion cervicale du tube digestif.

L'évolution est très différente suivant que l’obstruction est complète ou non. Dans le premier cas, la météorisation se développe progressivement, parfois avec une extrême rapidité, et la bête succombe à l’asphyxie consécutive. Au contraire, si l’obstruction est partielle, l’évolution est beaucoup plus lente. Le corps étranger peut se ramollir, se putréfier et finalement continuer son chemin jusqu’au rumen, amenant ainsi une gué-

rison définitive.

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