‹ Du traitement mixte de l'obstruction œsophagienne chez les bovinsChapitre 7 sur 12 · PE AA · texte numérisé non relu

PE AA

3° Diagnostic

Il est généralement facile de reconnaître l’obstruction de l’æœsophage et, bien souvent, le diagnostic est posé par le propriétaire lui-même. Dans une foule de cas, également les commémoratifs sont assez éloquents pour orienter les recherches du praticien.

Un examen du malade doit cependant être fait de façon assez minutieuse. La météorisation et le ptyalisme, la distension de la gouttière jugulaire, sont des signes de grande valeur, mais ils appartiennent pourtant à d’autres affections. L’obstruction du conduit œsophagien peut être réalisée, au moins en partie, par certains troubles morbides. Il en est ainsi dans l’œsophagite, dans le jabot œsophagien, lors de compression du conduit par une tumeur du voisinage. Dans ces affections, outre les symptômes propres à chacune d'elles, la météorisation n’est pas aussi marquée, et surtout le développement des différents troubles est beaucoup plus lent.

Enfin, dans le cas de doute, il suffit de pratiquer le cathétérisme de l’œsophage pour être fixé non seulement sur l’exis-

tence d’un corps étranger, mais encore sur sa situation exacte.

4° Pronostic

Celui-ci varie d’abord avec l'intensité de l’obstruction. Lorsqu'elle est incomplète le pronostic est généralement bénin, tandis qu’il est d’une réelle gravité dans le cas contraire. N'oublions pas, en effet, qu'il est des exemples assez fréquents où

une intervention, même bien conduite, aboutit à un échec. De

AR

même, dans le cas d’obstruction partielle, si le séjour du corps étranger a été assez long, il peut en résulter une mortification de la muqueuse, et consécutivement une plaie ou même une perforation du conduit, accidents sur la gravité desquels il est inutile d’insister. Disons encore que les modes de traitement généralement employés ne sont pas sans danger ; les perforations de l’œsophage par la sonde qui glisse ne sont pas extrêmement rares, de même que la péritonite qui résulte dans certains cas de la ponction du rumen. Signalons enfin que Ja sonde maniée par des ig-orants est responsable d’un nombre élevé de

perforation de l'arbre aérien.

5° Les traitements classiques

Toute une série d'interventions ont été préconisées pour libérer l’œsophage de son contenu. Les principales méthodes qui ont été utilisées sont :

1° L’écrasement du corps étranger ;

2° L’æœsophagotomie ;

3° L’extraction du corps étranger ;

4° Le refoulement.

Des deux premiers procédés nous dirons peu de chose car ils ne sont guère employés à l'heure actuelle.

L'écrasement consiste à fragmenter le corps obstruant, lorsqu'il est arrêté dans la portion cervicale,au moyen d'un maillet et d’une planchette qui fait contre-appui. Celte intervention, très dangereuse, est totalement abandonnée.

L'œæsophagotomie est un procédé beaucoup plus scientifique. On ne l’emploie que très rarement, mais elle a des indications

PRES Le REA

précises. Aujourd’hui, on est généralement d'accord pour la réserver à l'extraction de corps étrangers anguleux et non-alimentaires.

D’autres procédés pour faire remonter le corps obstruant vers la bouche ont été utilisés. Dans le passé, on a fait appel à des appareils munis de dispositifs destinés à saisir le corps étranger. C’est ainsi qu’il existe des sondes tir-bouchon, ou avec agrafes, avec palette, etc. Ces instruments faisaient honneur à l'esprit d'invention de leurs auteurs, mais par la suite, ils se sont révélés parfaitement inutilisables. Souvent ils n'arrivent pas à fixer suffisamment le corps étranger et plus souvent encore ils sont responsables de lésions graves de l’œsophage.

On peut encore ramener le corps obstruant vers la bouche au moyen du taxis extérieur. Ce procédé est utilisable dans le cas d'arrêt à courte distance (10 à 25 cms) du pharynx. L'animal est d’abord immobilisé et l'opérateur se plaçant du côté gauche du malade, près de l’encolure, embrasse la région inférieure de celle-ci entre les deux mains. Les doigts sont appliqués fortement de chaque côté de l’œsophage, au-dessous du corps étranger. Une pression lente mais assez forte et continue oblige celui-ci à remonter jusqu’au pharynx. A ce moment, il arrive parfois que la bête termine l'expulsion, elle-même. Plus souvent il faut aller chercher le corps étranger, avec la main, jusque dans le pharynx, pendant qu’une autre personne comprime avec les mains l'entrée de l’œsophage et empêche une nouvelle déglutition.

Parfois, nous utilisons ce procédé, qui donne quelque succès. Mais il faut bien savoir que dans de nombreux cas, soit à cause

du volume étranger, soit du fait des défenses de l’animal, ou

Page 1