G2 PORTEURS DE TITRES ET DE DIGNITÉS IMAGINAIRES
essayait de tromper sa famille et son médecin, en se disant inspiré de Dieu.
L’influence des passions et des idées sur la folie de M. Dupré, et sur celle des autres malades dont j’ai rapporté l’histoire, est tellement évidente et s’est montrée si efficace, qu’il me semble impossible, désormais, de regarder le traitement moral comme l’auxiliaire du traitement physique. Quand la folie est consécutive à un dérangement visible de nos organes , elle s’accompagne de symptômes accessibles aux sens. Pour combattre ces symptômes, les moyens hygiéniques et les remèdes tirés de la pharmacie , sont parfaitement indiqués; mais les symptômes accessibles aux sens ne constituent pas la folie : on n’est pas privé de raison parce qu’on éprouve des dérangemens, quelques graves qu’ils soient, dans les fonctions organiques, mais parce que l’intelligence et les passions sont dérangées; or, comme je l’ai dit en commençant ce chapitre et comme je crois l’avoir démontré par mes observations : chez les aliénés, l’intelligence et les passions, ne peuvent être ramenées à leur type régulier, sans le secours du traitement moral , et ce mode de traitement est le seul qui ait une influence directe sur les symptômes de la folie.