‹ Du Traitement Opératoire de l'HydarthroseChapitre 5 sur 23 · ET RE · texte numérisé non relu

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la fusion des extrémités osseuses.» Panas dit que l’immobilité absolue et prolongée doit être proscrite dans l'immense majorité des cas, comme pouvant amener la raideur articulaire. Il nous semble que ces objections ne supportent pas un examen sérieux. Nous avons présents à l'esprit plusieurs cas d'immobilisation pour fractures compliquées chez lesquelles il existait à la levée des appareils une certaine raideur articulaire. Cette raideur disparaissait rapidement à l’aide de manœuvres que le malade faisait exécuter lui-même au membre malade. Au reste, Cruveilhier rapporte une autopsie dans laquelle l’articulation temporo-maxilliaire droite était complètement soudée. L’articulation gauche, qui avait été condamnée pendant plusieurs années à une immobilité absolue, n’était pas ankylosée. Indépendamment de cela, nous ferons remarquer que jamais dans le traitement de l’'hydarthrose, l’immobilisation n’est prolongée au point de faire craindre de pareils accidents. On a ainsi tous les avantages de la méthode sans en avoir les inconvénients.

Révulsion. — Elle a été employée sous les formes les plus diverses. Bien des chirurgiens se sont ingéniés à trouver des formes nouvelles qui n’apportèrent aucun perfectionnement à la méthode. Elle a constitué et constitue encore aujourd’hui un des meilleurs modes de traitement. Néanmoins, employée seule, elle est infidèle dans son mode d’action. On conçoit aisément qu'une articulation non immobilisée, bien que traitée par la révulsion, ne puisse guérir; Car l'irritation produite par la marche suffit pour maintenir l’inflammation de la séreuse articulaire, et alors l’agent thérapeutique reste sans effet. On s’explique aisément l’action des révulsifs ; l’irritation anormale de la synoviale malade se fait aux dépens du tégument externe; les révulsifs rétablissent l’ordre naturel des choses en faisant à la péripherie un appel plus grand de sang.

Dans cerlains cas, la révulsion a excité la défiance chez les chirurgiens : Panas fait observer que chez certains individus et dans certains cas d’hydarthrose, qu’il n'est pas facile de préciser d'avance, la cautérisation peut occasionver une arthrite violente, « accident sérieux dont l’appréhension, dit-il, doit rendre prudent dans l’emploi de ce moyen. »

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Emissions sanguines. — De tout temps, les émissions sanguines ont été utilisées dans la pratique médicale ; et, suivant la théorie régnante, leur emploi a pu être poussé à l’abus, pour tomber ensuite dans un certain oubli d’où elles sortaient rapidement, pour être appliquées dans de justes mesures. Les émissions sanguines étaient utilisées à cause de leur puissante action dérivative et c'est à ce titre que nous les voyons employées dans le traitement de l’hydarthrose. Quoiqu'il en soit, il nous a souvent été donné de constater leurs bons effets. On peut s’en servir sous des formes diverses : anciennement on pratiquait des saignées pour des affections toutes locales ; leur usage est tombé en désuétude. Aujourd’hui on agit plutôt localement par l’application de sangsues ou de ventouses scarifiées. Cependant on se trouve quelquefois dans la nécessité de rejeter les unes au profit des autres ; et quoique les ventouses aient peut être une action plus puissante que les sangsues, on est quelquefois obligé de leur préférer celles-ci, parce que dans certains cas l'application des ventouses est excessivement difficile.

Massage. — C’est un traitement dont on peut tirer un grand profit quand il est bien fait. Employé depuis longtemps, le massage a toujours donné d'excellents résultats entre des mains exercées. On y a eu souvent recours avec succès, dans des cas ou l’on avait épuisé les ressources de la thérapeutique ordinaire. Nous connaissons plusieurs cas d’hydarthroses guéries par ce moyen, alors qu’on avait en vain employé tous les autres modes de traitement. C’est au reste au massage que beaucoup de rebouteurs doivent toute leur renommée: c’est souvent toute leur science, mais connaissant la puissance de l’action de ce moyen thérapeutique lorsqu'il vient à propos, ils y mettent toute leur dextérité et toute leur patience et, grace à ces deux vertus, ils ont souvent des succès là où le praticien consommé n'avait eu que des mécomptes. C’est donc un moyen de guérison qu’il ne faut pas négliger. |

Outre ces moyens, nous avons à notre disposition un grand nombre d’autres, mais dont l'emploi n’a pas été élevé à la hauteur d'une méthode thérapeutique, parce qu’ils ne sont que les succèdanés des précédents en leur étant inférieurs.

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