‹ Du travail intellectuel en FranceChapitre 8 sur 22 · THÉORIES DU GOUVERNEMENT ACTUEL. I · texte numérisé non relu

THÉORIES DU GOUVERNEMENT ACTUEL. I

pénétré de l'idée chrétienne, et a l'intelligence de la société actuelle ; M. de Carné, appuyé aussi sur | une foi entière au christianisme, jette sur notre. \ époque un œil exercé. Sans partager sa confiance j dans la bourgeoisie , ou , pour parler plus clairement, dans le corps électoral d'aujourd'hui (car où commence et finit la bourgeoisie dont nos publicistes parlent tant?) , nous trouvons dans ses travaux une appréciation souvent profonde de la politique contemporaine, une tolérance qui est appuyée sur une compréhension rare des choses et des honimefe. Nous regrettons vivement que M. de Carné ne soit pas entré à la chambre des / députés. La France a besoin d'hommes d'une conscience éclairée et solide. Les électeurs ne doivent plus demander à un homme d'où il vient et ce qu'il a été , mais ce qu'il sait et ce qu'il veut.

Nous ne pouvons pas prendre les écrits de M. de Carné pour les représentants des hommes qui dirigent les afï'aires de France aujourd'hui , parce que M. de Carné n'est pas assez adopté par eux, parce qu'enfin il ne figure pas encore parmi les homm.cs politiques pratiques de cette époque.

La Bévue Française , dans l'article sur la démocratie de M. Guizot, nous adonné un traité de théories sociales facile à étudier. Nous le regardons comme la charte du parti gouvernemenlal. Au point de vue philosophique où nous sommes placé, toutes les nuances qui divisent entre eux les

lo8 PUEMIÈIIE PAUTlt. l'OLiliolL.

hommes parlementaires s'effacent entièrement. Il faut vivre au sein des mesquines coteries qui entravent tout pour comprendre les petites aversions des unes et l'enthousiasme ridicule des autres.

M. Guizot commence par combattre deux s}stcmes qui ont été soutenus à plusieurs époques : 1" que chaque homme ne relevait que de sa xolonté , et 2" que la source légitime du pouvoir était dans la manifestation de toutes les volontés.

M. Guizot démontre que l'homme relève de la raison , de la justice, de sa conscience, et non de sa volonté. Et c'est de toute évidence. Si l'homme ne devait obéir qu'à sa volonté, il serait une brute qui n'aurait que des instincts aveugles. Il faut avoir perdu tout sentiment de la dignité humaine pour proclamer une absurdité semblable. M. Guizot est ici parfaitement dans le vrai ; seulement il appelle raison et justice ce que d'autres penseurs ont nommé Dieu. Mais je ne discuterai pas; car, sans aucun doute, la raison et la justice invoquée par M. Guizot découlent de Dieu.

Quan t à la participation au pouvoir, à l'exercice du droit de suffrage, loin de l'accorder à tous, M. Guizot soutient qu'il ne peut être basé que sur la capacité. «Et la capacité dont il s'agit ici, dit-il, n'est pas simplement le développement intellectuel ou la possession de telle ou telle faculté particulière ; c'est un fait complexe et profond qui comprend l'autorité spontanée, la situation habituelle, l'intelligence

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