‹ Du trésor caché dans les maladies et les afflictionsChapitre 7 sur 45 · XIV VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU PONT · texte numérisé non relu

XIV VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU PONT

que l'esprit de François de Borgia était revenu à Ogna.

D'Ogna Louis fut envoyé à Villagarcia, pour y faire sa troisième année de probation, sous la direction du P. Balthazar Alvarez. Aussitôt arrivé, il ouvrit toute son âme au P. Balthazar ; et ce maître expérimenté, après l'avoir écouté en silence, en tenant les yeux fixés sur un crucifix, se borna à lui dire : « Mon Frère, c'est là la vertu d'un enfant ; il est nécessaire de l'augmenter et de la fortifier. » Ces paroles, atteste le Père Louis du Pont, le remplirent d'humilité et du mépris de lui-même, et en même temps, d'un très ardent désir de s'élever à la perfection.

Le P. Balthazar, voyant ses excellentes dispositions, l'exerça par toute sorte d'humiliations, afin de dompter en lui tout amour-propre. Ainsi il l'envoyait, tantôt en ville, accompagner le Frère acheteur ; tantôt dans les bourgades avec un novice, pour y enseigner la doctrine chrétienne aux laboureurs. En outre, il le pressait d'acquérir une mortification continuelle, intérieure et extérieure, jusqu'à ce qu'il eût réglé tous ses mouvements selon Dieu.

Alors sonna pour Louis l'heure solennelle du sacerdoce. Tl s'y prépara avec la plus grande dévotion, en faisant les saints Exercices, en même temps que le P. Balthazar, qui se disposait à prendre le gouvernement de la province de Tolède. Il reçut les Ordres sacrés à Valladolid et il y célébra sa première messe avec une telle piété qu'il gagna aussitôt l'amour et l'admiration de ses concitoyens.

A partir de ce jour, conservant en son cœur les enseignements salutaires du P. Balthazar, il ne cessa plus de croître en mérite, en vertu et en science, aux yeux de Dieu et des hommes.

Les supérieurs, voyant le grand fruit que Ion pouvait tirer de ses talents et de ses connaissances, l'envoyèrent à l'Université de Salamanque, et lui confièrent en même temps une chaire de philosophie au collège de Léon. Inutile dédire le zèle qu'il déploya dans cette charge. En outre, grâce à Tordre admirable selon lequel son temps était distribué, il trouvait le moyen de visiter les hôpitaux, d annoncer la parole de Dieu, d'enseigner le catéchisme, etc..

Par elles-mêmes, ses instructions étaient propres à re-

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muer les âmes ; mais l'exemple vivant du prédicateur tlâit encore plus puissant que ses discours ; et les personnages les plus nobles ou les plus vertueux, de la ville étaient heureux de se mettre sous sa direction spirituelle.

Plus tard, ses supérieurs mirent sur ses épaules une charge que Louis porta avec toute la vigueur d'âme dont il était capable. Ce fut celle de Maître des novices.

Le noviciat de Villagarcia eut en lui un modèle de perfection bien propre à stimuler, par sa seule vue, les jeunes gens confiés à ses soins et à les diriger dans la voie du ciel. Les novices remerciaient Dieu de leur avoir donné un tel maître et ils ne mettaient pas en doute que Dieu ne lui communiquât des lumières surnaturelles pour leur conduite et leur avancement spirituel. Il avait en particulier le don de guérir les scrupuleux d'une faiblesse dame qui leur aurait été funeste.

A cette époque, le P. Jérôme de Ripalda, Recteur de Villagarcia, quitta le collège, et c'est au P. Louis qu'on en confia la charge. Il ne s'en acquitta pas avec moins de zèle et de succès. Il en fut de même ensuite au collège de SaiDt-Ambroise, à Yalladolid. Partout, il fut à la fois un parfait modèle des supérieurs religieux et un exact observateur de toutes les règles.

Sa vigilance et sa prévoyance étaient singulières. Il ne prenait d'ailleurs aucune résolution sans avoir consulté son divin conseiller, Jésus crucifié. On rapporte, entre autres, ce trait. Un Père, qui devait prêcher dans le voisinage de Yalladolid, tomba malade, la veille du jour convenu. Un autre Père, auquel le P. Louis demanda de prêcher ce sermon, s'excusait en disant qu'il n'avait jamais parlé sur ce sujet et qu'il n'avait que trois heures pour se préparer : « Allez, lui dit le P. Louis ; vous pouvez beaucoup plus que vous ne pensez ; » et en même temps, il lui donna un léger coup de la main sur le cœur, au côté gauche. Le Père sentit son cœur tressaillir et il se trouva tout fortifié. Il prêcha avec plus de force, de talent, de confiance et de succès que jamais, sans éprouver trace de la fatigue qu'il ressentait ordinairement.

Dans une autre circonstance où la perte des récoltes avait

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