‹ Du trésor caché dans les maladies et les afflictionsChapitre 6 sur 45 · VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU PONT XIII · texte numérisé non relu

VIE ABREGEE DU V. P. LOUIS DU PONT XIII

même. Il était d'ailleurs si détaché de la terre et des affections terrestres, qu'allant un jour, en compagnie d'un Père, pour rendre visite à sa mère, il ne lui parla pas et ne leva pas les yeux sur elle, jusqu'à ce que son compagnon lui eût dit avec douceur : « Frère Louis, cette dame est votre mère ; et l'obéissance vous envoie pour la voir et lui parler. » Sa mère ne fut nullement blessée de la dureté apparente de son fils ; au contraire, voyant dans sa conduite un grand fond de vertu, elle commença à le vénérer comme un saint.

Ses deux années de noviciat achevées, il prononça ses vœux de religion ; puis il se mit à l'élude avec autant de zèle qu'il déployait de ferveur pour avancer dans la sainteté.

Telle était la solidité et la perspicacité de son esprit que le P. François Suarez le consultait dans ses doutes, et qu'il disait être grandement aidé par ce jeune religieux ; paroles qui montrent la profonde humilité du savant professeur, mais qui dénotent aussi le jugement remarquable du disciple. A l'école de cet illustre maître, Louis acquit l'élévation de la pensée et la force de persuasion ; force par laquelle il convainquit ses deux frères, les PP. Antoine et Jean du Pont, de la vérité de l'Immaculée Conception.

Pendant que Louis progressait dans ses études, arrivèrent du Japon les Pères procureurs de cette Mission, qui venaient demander des ouvriers apostoliques. A peine Louis les eut il entendus, qu'il nourrit en son âme le désir d'aller donner sa vie pour ses frères idolâtres de l'Extrême-Orient ; et il en fit la demande aux supérieurs. Supplications, larmes, instantes prières-, il n'omit aucun moyen pour être exaucé. Ce fut en vain. Dieu le destinait à un autre apostolat, non moins fécond ; il voulait que les enseignements de ce saint religieux se répandissent dans le monde, non comme une lumière éclatante et passagère, mais comme un feu ardent et brillant quine s'éteindrait plus.

Sa théologie terminée, il fut envogé à Ogna avec ses condisciples. On respirait encore dans cette sainte maison l'odeur des vertus de l'ancien duc de Gandie, saint François de Borgia ; et Louis se mit avec tant d'empressement à suivre les traces de ce saint homme, qu'on pouvait assurer

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